La chimie du oui

Aujourd’hui, nous avons dit «oui». C’est beau un «oui». La bouche devient toute ronde. Ronde comme tout ce qui dit la vie. En anglais, «yes», la bouche s’étire vers l’arrière. En allemand, «Ja», la mâchoire s’allonge gravement. En italien, «si», la langue siffle. Mais, en français, les lèvres s’avancent vers l’avant, comme pour un baiser.

Peut-être que l’amour, c’est cela. Des particules de «oui» qui se reconnaissent et se mettent joyeusement à trémousser en s’exclamant: «C’est elle ! C’est elle !». « C’est lui ! C’est lui». Quelque chose tressaille et se tortille, gigote et bondit hors de nous. Les lettres se rencontrent. Le «o» du «oui» saute comme un cerceau dans la barre du «i» ou celle du «u». On est oula oupé. Une myriade de «oui» s’allient et tournicotent dans l’air. C’est un précipité de joie. Les «oui» disent «youpi!».

Un «oui» ne va pas sans quelques «non». Les deux «n» du «non» sont les gardiens du «oui». Ils protègent le «o». D’ailleurs, un «nous», n’est-ce pas un juste équilibre du «oui» et du «non»?

Des «oui», il y en a de toutes sortes et de toutes les couleurs. Il y a des «oui» plus intimes, plus secrets, comme des étoiles dans le ciel d’une relation. Le « oui » d’aujourd’hui (tiens, « aujourd’hui », encore un mot qui dit oui») sera estampillé d’un sceau officiel. Mais c’est que c’est sérieux un «oui». Celui-ci a pris rendez-vous. Il a dit:

- «Promis, je serai là.»

Des oreilles amies sont venues témoigner de ce « oui » nouveau.

Oui, le «oui» des amoureux, en cette journée particulière, revêt une petite robe de fête.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?