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"Le sens profond de la chronique, telle que je la conçois, c'est de fournir à chacun, par la représentation d'éléments quotidiens de la vie, les plus quotidiens, et considérés, en général, comme dénués d'intérêt et de signification, de quoi méditer sur le sens ultime de sa vie et sur celui que, consciemment ou inconsciemment, il donne à la vie. Alimenter cette prise de conscience qui aboutit à une véritable genèse de nous-mêmes. Non dans l'effort seulement, mais le plaisir. Une fécondité liée au plaisir, comme c'est le cas dans l'acte sexuel plénier. Pour cela, grande rigueur et grande sensibilité." (Georges Haldas, Carnet 1973, 19 novembre)
J'ai surpris il y a quelques minutes un regard qui vaut tous les trésors, un regard tout ce qu'il y a de plus banal et pourtant... Cette femme qui est en train de plier son linge sur la terrasse - c'est une belle journée de printemps où il fait chaud, tandis que son homme tond la pelouse de l'immeuble. Il a arrêté l'engin quelques minutes pour discuter avec un voisin. Au moment où il redémarre la tondeuse, elle lève les yeux pour voir où il en est, certainement qu'elle se demande avec qui il a discuté. Et puis voilà. C'est tout. Rien de plus. L'homme qui tond, lui, n'ai rien vu. C'est cela qui est inestimable: savoir qu'on compte pour quelqu'un, que sa présence, sa tendresse nous enveloppe tout au long du jour à notre insu.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?