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Si un jour tu aimes, tu aimes follement, nourris chaque jour cette folie, dresse un autel en son honneur dans ton foyer pour honorer qui t'a mis le palpitant en berzingue, souviens-toi de ce qui vous a réunis envers et contres toutes les petites mesquineries et autres banalités qui n'attendent que leur heure pour venir ronger, séparer, détruire.
Christian Bobin écrit que «la contemplation vous donne ce que l'information ne vous donnera jamais. [...] La racine de la vue est la contemplation. Et la racine de la contemplation, c'est l'attention.» Et nous pourrions continuer en disant que la racine de l'attention est la disponibilité, et la racine de la disponibilité est la capacité de se désencombrer, et la racine du désencombrement est le choix, et la racine du choix est la détermination, et la racine de la détermination est l'amour qui nous porte à nous donner pour ceux qu'on aime, ce qu'on aime et la racine de cet amour est d'être présent qui nous permet de sentir que c'est par là qu'il nous faut aller et d'avoir le courage de faire ce choix, de se rendre disponible pour y mettre son attention et considérer le quotidien avec un regard chargé de bienveillance.
«Quand je pense à toi, ma première sensation est celle d'un amour infini. Ni crainte. Ni peur. Enfait, je crains de te décevoir. Ça, oui, ça me fait peur. Je T'ai déjà déçu et je le referai probablement. Mais j'essaierai de le faire moins, j'essaierai de m'améliorer, Allah. Avec Toi à mes côtés, j'ai l'impression d'être moins seule. Et pour une fille comme moi, ça compte vachement. Je sais que j'ai choisi le mauvais chemin parfois. Mais encore une fois, c'est à moi que j'ai fait du mal. Jamais je ne T'ai offensé ni blasphémé. Alors je suis sereine. Aimer par crainte, ça ne vaut rien. Les hommes T'aiment parce qu'ils te craignent, ils se tiennent à carreau par peur de l'enfer. Moi, je T'aime parce que je suis heureuse de T'aimer. Et que ça m'apaise quand il fait noir. Et il fait souvent noir chez moi. Dedans je veux dire.» (Saphia Azzeddine, Confidences à Allah, pp. 105-106)
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