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Émission de Temps Présent bouleversante sur la dépendance des toxicomanes qui n'en finissent pas de faire naufrage, qui n'arrivent plus à se relier à la part féconde d'eux-mêmes, dont le discours patine à la surface de l'être, ils radotent, ils radotent d'épuisement d'être encore et encore et encore meurtris par des blessures qui n'en finissent pas de ne pas cicatriser, par de mystérieux tréfonds qui les happent comme un supplice. Alors leur rêve d'être remis sur des rails, d'avoir du temps, qu'on leur fiche la paix, un peu de paix, un peu de repos, ne plus être dévastés. Dur, dur dans une société propre en ordre qui porte sur ces hommes et ces femmes un regard souvent meurtrier.
Voir l'émission de Temps Présent, SOS toxicomanes.
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Une personne qui m'était chère est partie, ou plutôt elle s'est éteinte comme si elle n'en pouvait plus des déchirements intimes qui l'assaillaient, ne lui laissant que de trop rares moments de sérénité. Alors sa vie s'est endormie, pour la laisser enfin en paix. Et je l'imagine maintenant heureuse, rayonnante de liberté et d'allégresse, déchargée du fardeau qui la meurtrissait. Elle, qui avait un don d'Enfance que j'ai rarement rencontré.
Cruel de voir qu'une personne de grand âge qui perd son conjoint ne bénéficie quasiment d'aucun encadrement psychologique, parce que ça va de soi vous comprenez, c'est la fin, alors on meurt. Oui, mais celle qui reste se trouve souvent pendant encore de longues années, tous les jours, avec certains souvenirs de ce passé commun qui sont parfois très douloureux. Et il serait bon, apaisant, de pouvoir mettre un peu de clarté. Cela aiderait à mieux appréhender cette nouvelle ère qui s'ouvre, de veuvage, qui est une forme de célibat et donc aussi de relations à refaire. Mais comment faire si on n'a personne à qui en parler, sans être un tant soit soutenu pour comprendre ce qui est arrivé. L'effondrement d'un pan de vie qui a hauteur d'arbre équivaudrait à la chute d'un séquoia géant, ça laisse une sacré béance. Et celle qui reste n'a qu'à être ce qui reste, le solde d'une vie commune. Elle est assise à la table de la cuisine, ne comprenant pas bien ce qui lui arrive, aplatissant des deux mains pour la nième fois le bord de la nappe comme si elle voulait tirer un trait net sur tout ce qui lui fait mal. Il est mort, il avait 90 ans, c'est naturel... C'est tout de même énorme ce qu'on tente de lui faire avaler en le mettant sur le compte du «naturel»:
- Votre compagnon de vie s'est dissout dans le grand tout, il était biodégradable, vous devriez être contente. Ah! Oui, mais ça ne vous exempte pas des taxes d'incinération ni de toute la paperasserie. Et en ce qui vous concerne, vous comprendrez que si nous devions mettre en place une cellule psychologique chaque fois qu'un conjoint décède, nous ferions exploser les coûts de la santé. Alors vous allez gentiment prendre votre antidépresseur, ce qui vous permettra en plus de soutenir la chimie bâloise.
Alors ainsi va la vie qui veut qu'on laisse le survivant s'empoisonner du bilan d'une vie qu'il ne sait pas faire, qui est par ailleurs certainement irréalisable, mais tout de même, quelques heures d'écoutes attentives et quelques conseils bien avisés lui aurait permis de s'armer pour penser ce drame intime.
- Votre compagnon de vie s'est dissout dans le grand tout, il était biodégradable, vous devriez être contente. Ah! Oui, mais ça ne vous exempte pas des taxes d'incinération ni de toute la paperasserie. Et en ce qui vous concerne, vous comprendrez que si nous devions mettre en place une cellule psychologique chaque fois qu'un conjoint décède, nous ferions exploser les coûts de la santé. Alors vous allez gentiment prendre votre antidépresseur, ce qui vous permettra en plus de soutenir la chimie bâloise.
Alors ainsi va la vie qui veut qu'on laisse le survivant s'empoisonner du bilan d'une vie qu'il ne sait pas faire, qui est par ailleurs certainement irréalisable, mais tout de même, quelques heures d'écoutes attentives et quelques conseils bien avisés lui aurait permis de s'armer pour penser ce drame intime.
Parmi des souffrances à qui je rends grâce... Point d’achoppement. Nos souffrances, comme nos épreuves nous font grandir, je le sais bien. Je vois aussi qu’elles peuvent nous écraser, nous détruire, parfois lentement, durement, impitoyablement. Et là, il faut de rares prédispositions pour leur rendre grâce. Évidemment, il existe de grands humains dont les ressources sont prestigieuses. Mais moi... Bénir ce qui me fait mal... Bien... D’accord... Comment? Si la douleur n’est pas intolérable ou que l’adversité n’est pas trop violente, je peux envisager de faire une richesse de ce que j’aurai surmonté. Mais il ne faudrait pas que l’épreuve dure et soit trop dure...
[Lire toute la chronique...]
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Petit fait de vie tout à fait banal.
J'ai eu une crise de foie, pour le moins violente. Trente-six heures sans manger, et puis la tourmente a fini par passer, au petit matin.
Etat de faiblesse extrême, favorisant les pensées les plus noires, la fébrilité, une remise en question de tout ce qui fonde ma vie, ma capacité à arriver à accomplir les tâches les plus quotidiennes, alors que ce qu'il faudrait avant tout, dans cet état, c'est ne pas penser.
Et puis j'ai dormi, beaucoup dormi, une journée entière.
Et j'ai mangé.
Et je me suis remis d'aplomb et le soleil est revenu.
Et aujourd'hui, ce qui me paraissait impossible ou perdu, est redevenu tout ce qu'il y a de plus facile, voire évident.
Ne pas l'oublier.
En période de crise, ne rien faire, surtout ne rien faire, ne pas penser, ne pas se questionner, ce n'est pas le moment. Mobiliser toutes ses forces pour prendre patience. Attendre que des dispositions naturelles et favorables reviennent pour repartir.
Comme les hommes du désert qui, durant la tempête, se recouvrent de leur voile et patientent jusqu'à que le soleil revienne.
Il n'y a rien d'autre à faire.
J'ai eu une crise de foie, pour le moins violente. Trente-six heures sans manger, et puis la tourmente a fini par passer, au petit matin.
Etat de faiblesse extrême, favorisant les pensées les plus noires, la fébrilité, une remise en question de tout ce qui fonde ma vie, ma capacité à arriver à accomplir les tâches les plus quotidiennes, alors que ce qu'il faudrait avant tout, dans cet état, c'est ne pas penser.
Et puis j'ai dormi, beaucoup dormi, une journée entière.
Et j'ai mangé.
Et je me suis remis d'aplomb et le soleil est revenu.
Et aujourd'hui, ce qui me paraissait impossible ou perdu, est redevenu tout ce qu'il y a de plus facile, voire évident.
Ne pas l'oublier.
En période de crise, ne rien faire, surtout ne rien faire, ne pas penser, ne pas se questionner, ce n'est pas le moment. Mobiliser toutes ses forces pour prendre patience. Attendre que des dispositions naturelles et favorables reviennent pour repartir.
Comme les hommes du désert qui, durant la tempête, se recouvrent de leur voile et patientent jusqu'à que le soleil revienne.
Il n'y a rien d'autre à faire.
Comment expliquer à cette personne qui souffre que son immobilisme la condamne lentement mais sûrement. Que la vie la sollicite afin qu'elle bouge, qu'elle fasse les mouvements qui lui permettrait d'assurer sa portance, que ses voiles se gonfleraient d'une sérénité retrouvée. Mais elle met toute son énergie dans son mutisme, dans la négation d'elle-même, s'accrochant à l'idée qu'elle se fait d'elle-même, ce qui l'amène à perdre pied avec la réalité.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...