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On est des naufragés, les uns et les autres. On vous apprend à être un sujet social dès que vous avez trois ans et demi ; plus ça va, pire c'est. On ne pense pas à votre bonheur, à votre personnalité ; à votre aisance dans le monde vis-à-vis des autres. Ça se traduit en termes de rivalité, de manque, de peur, c'est horrible. Mais c'est pas ça, putain, la vie, c'est pas ça ! La vie, c'est des fleurs, c'est des femmes, c'est le bien-être en soi, c'est l'amour, la passion. Tout le reste, on s'en fout ! Combien tu gagnes ? Combien tu vaux ? Mais on s'en fout ! Tiens, ce sont les mots du curé d'Ars : "On est ce qu'on est devant Dieu et pas plus." Le vrai, c'est ça, le reste, pffuit. 
-- Louis Calaferte
Et peut-être avons-nous tous également quelque chose de Monsieur Hulot. En tout cas, nous sommes nombreux à pouvoir revendiquer cette filiation.


Consommer plus et vivre mal, gagner plus et vivre moins bien, voilà quoi se réduit pour finir la productivité poussée jusqu'à l'absurde que prône le modèle capitaliste.
-- André Gorz
Il y a ceux qui se couchent dans les brancards, ceux qui ruent et pire, ceux qui mettent tant d'énergie pour les éviter qu'ils finissent par en mourir. Et puis il y a celui qui tire sa humblement sa carriole, non qu'il se soit vraiment résigné, mais il sait se contenter des quelques heures de liberté qu'on lui laisse pour s'ébrouer dans les verts pâturages.
Je trouve effroyable la stigmatisation des couples homosexuels. Mais bon sang, n'a-t-on donc rien appris?
Qui parvient à préserver trois ou quatre heures par jour est un homme libre.
Un des grands travaux humains, c'est de se désencombrer, se désobstruer, se dégêner, se désembouteiller, bref, laisser circuler librement ce qui suffoquait sous notre fatras de peurs et autres abattis d'idées.
Mon ami Normann fut longtemps victime d’une obsession tenace: être normal. Écolier, il m’épuisait à longueur de journée afin de savoir s’il était un enfant comme les autres. Adolescent, il s’inquiéta tout naturellement de savoir si les attributs de sa masculinité étaient d’une taille normale. Il fallut plus d’une fille pour le rassurer - et il vécut longtemps avec la hantise qu’on lui ait menti. Comme il se doit, il fit des études normales, donc de droit. Il épousa une femme normale, du moins de son point de vue. Il devint avocat dans un cabinet défendant je ne sais plus quelles normes. Normann faisait des grillades et du ski nautique en été, jouait au golf en toute saison, passait ses hivers dans une station de ski dans laquelle il est ordinaire de se rendre, mais, curieusement, passait Nouvel An dans un monastère, nous n’avons jamais trop bien su pourquoi. Il acheta une villa, dont il tondait minutieusement le gazon tout en veillant à ce que sa haie soit taillée au cordeau en accord avec le règlement communal.

Une Sainte en Suisse... C'est si rare. Et, ce n'est pas anodin, elle s'est étonné de voir que les conseillers lisait le journal ou tapotait leur ordinateur pendant les séances. Évidemment, le politique suisse est confortablement assis sur son siège, la démocratie n'ayant pas le même sens ici qu'en Birmanie. (Mais cette paresse que je caricature ne fait que me rappeler mes propres manquements à notre devoir de sentinelles de la liberté.)


Ma femme... Mon enfant... J'ai un enfant...  Mais tu n'as rien du tout mon vieux! Tout au mieux, tu es amoureux, responsable, toujours en situation de tricoter une relation qui n'en finit pas de t'échapper. Du moins quand la liberté d'autrui est respectée. Sans quoi c'est une prise d'otage, et là c'est une autre histoire.
Comme nos soucis peuvent prendre la place de la vie entière si on n'y prend pas garde.
L'art nous offre un espace à l'abri de notre course vers la mort pour nous ressourcer, nous recomposer, et faire des découvertes qui auraient été impossibles sans lui.
On cherche à se libérer. Même ne sommes-nous pas déjà libre. Ne s'agit-il pas plutôt de nous désencombrer?
XXIe siècle: La communauté internationale, la communauté humaine ne peut pas mettre fin au massacre syrien et le peuple va payer effroyablement cher les printemps précédents, ses bourreaux sachant qu'il faut frapper très fort pour ne pas perdre le pouvoir, quitte à ce qu'il ne reste plus qu'eux. C'est une lutte à mort pour la liberté soutenue par des pays qui fournissent les armes. C'est délirant.
Pharmacopée n°30 d'Alexandre Jollien
Le bon Pape Jean XXIII notait, dans son journal, qu’il se promettait d’accomplir chacune de ses actions comme si Dieu l’avait créé uniquement pour faire cette action. Belle invitation pour moi à me jeter dans le présent et à vivre action après action.

J’écris cette pharmacopée et j’imagine, ou plutôt je ressens, je découvre que toute mon existence m’y a conduit. Je joue avec mes enfants comme si ma vie entière se donnait à travers ces rigolades, ces sourires, ces culbutes, cette joie. Vivre chaque moment comme si on n’était fait que pour cela, c’est peut-être découvrir que la quintessence de la vie est au présent.

Depuis longtemps, je barratine pour inviter chacun à vivre dans le présent mais je suis moi-même incapable de m’y réjouir. Toujours, la pensée du futur ou celle du passé reviennent en moi. Mais la pensée du Pape Jean XXIII, aujourd’hui, m’oblige à rester près du présent, à y poser les mains, les pieds, à y habiter totalement. Lorsque j’écris cette pharmacopée, je ne suis plus le vieux moi de la veille. Quand j’aurai écrit le point final, je serai un autre moi et c’est la vie qui passe à travers moi. Trop souvent, je l’oublie.

Joyeux Noël à vous, d’instants en instants.

«Nos vraies libertés sont intérieures.» (Bernard Besret)

C'est à partir de cette liberté du dedans qu'un être rayonne au dehors.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?