Affichage des articles dont le libellé est relation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est relation. Afficher tous les articles
Tu es en train de tricoter. Tu me prépares une écharpe qui ne me quittera pas de l’hiver. Je t’observe, et c’est avec émerveillement que je me découvre séduit par tes gestes simples, à mille lieues de tout érotisme. Tu me convies à un moment de paix et de tendresse. Tu dessines des boucles de laine avec habileté et rapidité. Cette image familière, tellement banale, me fait penser à nous et me donne profondément confiance. Un couple ne se bâtit pas sur de l’extraordinaire, mais bien au contraire sur des petits liens tissés au quotidien.
«Vous pouvez vivre en simples particules qui s'écrasent et entrent en collision dans un chaos de matières, avec Dieu, ou encore vivre en simples particules qui s'écrasent et entrent en collision dans un chaos de matière, sans Dieu. Mais vous ne pouvez pas vivre hors du chaos des matières en collision.» (Annie Dillard, Au présent, pp.131-132)
On dit que les gens qui n'ont rien à se dire parle de la pluie et du beau temps. Mais parfois, on ne se connaît pas assez pour se dire autre chose et à travers la manière de parler de ce temps qu'il fait, de la moiteur d'un soleil de juillet après une averse, d'un ciel tragique d'octobre, d'une lumière d'or d'automne, comme chacun se révèle et exprime sa manière d'être au monde. Le choix des mots, l'intonation aussi, un geste qui montre le ciel, autant de choses qui manifestent la qualité d'un baromètre intime. Les gens qui parlent bien du temps qu'il fait témoignent de leur faculté à être présent à la vie qui est là, à portée de main.
Tout dans mon expérience vient me confirmer que nous avons les relations que nous méritons. Et aussi dur soit le constat, si un membre de la famille ou un ami vient à être mis sur le côté, qu'il ne vienne pas se plaindre, qu'il ne s'en étonne pas, mais plutôt qu'il se demande ce qu'il a mis de lui dans la relation? Du venin ou de l'amour? Et, s'il en est capable, il se rendra compte ce qu'il a pu en coûter à ses proches de devoir en arriver à s'en distancier pour s'en protéger, souvent après moult essais, déceptions, chagrins. D'ailleurs, cette prise de conscience de sa part pourrait être le signe d'un printemps de la relation, signe que tout n'est pas définitivement perdu.
Elle est en train de tricoter. Elle me prépare une écharpe qui ne me quittera pas de l’hiver. Le moindre courant d’air sera une occasion de la porter, fier d’arborer son étendard et d’être son champion. Je l’observe, et c’est avec émerveillement que je me découvre séduit par ses gestes simples, à mille lieues de tout érotisme.
____________
Lire toute la chronique
Télécharger la chronique [mp3]
Télécharger la chronique [pdf]
____________
Lire toute la chronique
Télécharger la chronique [mp3]
Télécharger la chronique [pdf]
Je ne crois pas à l'ouverture à l'autre tous azimuts, c'est un concept de pervers qui veut forcer notre porte pour venir dérober des biens intimes sous couvert de fraternité. Et les sangsues qui ont besoin de s'alimenter d'autrui - nonchalant de la manière, peu leur importe qui nous sommes, l'essentiel étant qu'on leur ouvre notre frigo - se réclament souvent de cette charité factice pour brancher leur machinerie tétineuse et nous vider de nos ressources. On les reconnaît aisément: lorsqu'ils nous quittent, on est vidé.
Je ne crois que dans les rencontres du destin, des petites communautés de liens solides, dont le noyau est éprouvé par la bienveillance, l'amour, le temps, le vécu et les épreuves. Des affinités électives. On s'est apprivoisé, cet autre à un visage qui se découvre patiemment, à travers l'intérêt qu'on se porte mutuellement. Le reste est du domaine des relations sociales et courtoises qui ont une large place dans notre vie, qui sont importantes, mais qui ne nécessitent pas un dévoilement intérieur. Ce sont des relations où on se dit à travers des projets concrets, une manière de faire les choses - et on en dit ainsi déjà beaucoup.
Inscription à :
Articles (Atom)
-
J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...