Affichage des articles dont le libellé est croître. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est croître. Afficher tous les articles
L'enfant, pour grandir cherche à attraper tout ce qui est plus haut que lui, en se mettant sur la pointe des pieds, en s'étirant, pour aller vers le ciel. Une fois adulte, il comprend que pour continuer à croître, il faut apprendre à se baisser, à s'agenouiller, à se courber, non pour se soumettre, mais toujours pour rejoindre le ciel, celui du dehors, et celui du dedans, qui brille à travers de toutes petites choses qui se trouvent à portée de main dans notre quotidien, comme un petit enfant à qui on tend la main.
Ma prochaine chronique: 13'000 signes écrits en deux heures, trois bonnes heures de relecture, cinq ans de maturation depuis le jour où j'en ai eu l'idée.
Je peux être fatigué parce que je vieillis. Elle, elle est fatiguée parce qu'elle grandit.
Bernard Besret encore, toujours dans son magnifique petit livre Du bon usage de la vie, p. 46:

«Cherche la transparence de l'être et le reste te sera donné de surcroît.»
Lorsqu'on voit tous les soucis qu'on s'épargne en prenant quelques minutes par jour pour se laver les dents, on pourrait se dire qu'il doit bien y avoir d'autres pans de notre existence qui, moyennant quelques minutes par jour, s'en porteraient mieux.
Dire "Gloire à Dieu au plus haut des cieux", c'est placer bien plus haut que soi une aspiration vers laquelle tendre et s'élever. Et quand bien même ce point là-haut n'existerait pas, qu'il serait imaginé ou imaginaire - peut-être archétypique, car largement partagé, qu'importe, s'il me permet d'extraire de la gangue de mon psychisme le meilleur de moi, de m'agrandir pour lui faire de la place?
Pas une de nos difficultés, pas un obstacle sur notre chemin qui ne soit une marche pour s'élever vers soi-même, vers plus de sens et de lumière.
De plus en plus, dans ce qui me dérange, je ne vois non pas ce qui me gêne, mais ce qui se dit sur moi.
A partir de ce qu'on est, on peut travailler à s'augmenter. Ou à se diminuer.
Il y a une durée optimale, qui n'est pas réductible. D'une part, elle ne sert à rien, elle ne fait pas gagner de temps. D'autre part, chaque activité a une vitesse optimale qu'il s'agit de trouver, intuitivement, car elle dépend d'une foule de critères différents. Un bébé pourrait se mettre à marcher plus tôt. Bien. Mais pour aller où, si ne se sont pas opérés les autres transformations?
"Connais-toi toi-même": vous avez vu tous ces tirets qui font la liaison!
On met le vin en bouteille, on lui met en bouchon, on le laisse se reposer et il devient bon. Comme quoi on peut mûrir sans s'agiter, en laissant nos vertus profondes faire leur travail, en ne s'empêchant pas de s'abonnir.
On peut se compliquer la vie. On peut aussi l'approfondir. Mais l'approfondir ne va pas sans certaines complications.
Le bourgeon que je vois poindre sur la branche de poirier vient de si loin, obéissant à une obscure et profonde poussée vitale qui le fait remonter, minuscule témoin, des entrailles de la terre. Il ne lui reste plus que quelques millimètres à accomplir pour dire une fleur de printemps victorieuse, sur une branche de poirier.
Il est excellent de mettre "Alexandre Jollien" dans les textes de vos blogs ou de vos sites, ça améliore votre référencement à toute vitesse. De même, si vous allez écouter ses conférences ou que vous lisez ses livres, ça augmente votre qualité d'être. Tout se tient, parfois.
Vous guillotinez une plante verte de taille conséquente, avec de grosses branches. Vous la mettez dans l'eau. Les premiers jours, il ne se passe rien. L'eau devient trouble et vous êtes sûr que s'en est fini. Eh bien point du tout! Elle finit par faire de petites racines blanches, comme de petites dents pointues de bébés loup, prêtent à mordre la terre pour s'enraciner à nouveau. Ce n'est pas très beau à voir. Mais je ne me lasse pas de ce spectacle où quelque chose cherche à se raccrocher à la vie, à pousser à nouveau.
Mon rêve: devenir un érudit-ignorant, pour que mon savoir de vie soit vivant et toujours présent.
Dans un verger, une branche de poirier fraîchement sciée net par le paysan qui lui a fait sa toilette annuelle. Et déjà on voit, tout au bord de ce coup coupé un bourgeon qui pousse, qui s'étire quelques millimètre plus loin que là où la guillotine est tombée.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?