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L'enfant, pour grandir cherche à attraper tout ce qui est plus haut que lui, en se mettant sur la pointe des pieds, en s'étirant, pour aller vers le ciel. Une fois adulte, il comprend que pour continuer à croître, il faut apprendre à se baisser, à s'agenouiller, à se courber, non pour se soumettre, mais toujours pour rejoindre le ciel, celui du dehors, et celui du dedans, qui brille à travers de toutes petites choses qui se trouvent à portée de main dans notre quotidien, comme un petit enfant à qui on tend la main.
Dire "Gloire à Dieu au plus haut des cieux", c'est placer bien plus haut que soi une aspiration vers laquelle tendre et s'élever. Et quand bien même ce point là-haut n'existerait pas, qu'il serait imaginé ou imaginaire - peut-être archétypique, car largement partagé, qu'importe, s'il me permet d'extraire de la gangue de mon psychisme le meilleur de moi, de m'agrandir pour lui faire de la place?
Il y a une durée optimale, qui n'est pas réductible. D'une part, elle ne sert à rien, elle ne fait pas gagner de temps. D'autre part, chaque activité a une vitesse optimale qu'il s'agit de trouver, intuitivement, car elle dépend d'une foule de critères différents. Un bébé pourrait se mettre à marcher plus tôt. Bien. Mais pour aller où, si ne se sont pas opérés les autres transformations?
Le bourgeon que je vois poindre sur la branche de poirier vient de si loin, obéissant à une obscure et profonde poussée vitale qui le fait remonter, minuscule témoin, des entrailles de la terre. Il ne lui reste plus que quelques millimètres à accomplir pour dire une fleur de printemps victorieuse, sur une branche de poirier.
Vous guillotinez une plante verte de taille conséquente, avec de grosses branches. Vous la mettez dans l'eau. Les premiers jours, il ne se passe rien. L'eau devient trouble et vous êtes sûr que s'en est fini. Eh bien point du tout! Elle finit par faire de petites racines blanches, comme de petites dents pointues de bébés loup, prêtent à mordre la terre pour s'enraciner à nouveau. Ce n'est pas très beau à voir. Mais je ne me lasse pas de ce spectacle où quelque chose cherche à se raccrocher à la vie, à pousser à nouveau.
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