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L’espèce humaine est la seule de tout le règne du vivant à ne pas savoir quel est sa destination définitive. La moindre puce, la moindre fourmi, la moindre poule de basse-cour le sait. Mais pas nous. Et savez-vous pourquoi? Tout simplement parce que l’humain est le seul qui a connu une excroissance monstrueuse de ce pudding gris hyperconnecté que vous appelé cerveau ou cervelle, et qui dessert votre cœur. Nous ne sommes pas capable de rester en place, nous courons après on ne sait trop quoi, le pouvoir, la reconnaissance, et si nous ne courons pas, nous fuyons nos peurs, nos souvenirs, notre mauvaise conscience. En fait, notre grand problème à nous, les humains, c’est de ne pas savoir pourquoi nous avons été créé. Et malheureusement pour nous, on nous a donné les moyens de se poser cette question absurde - absurde parce que nous ne pouvons y répondre que par nos actes. Le cerisier cerise, l’escargot escargote, le lion lionne. Mais l’humain, que fait-il? Il humanise? Tant que ça? Je trouve plutôt que c’est une qualité qui a tendance à lui faire défaut.
L'ange - Le cerisier cerise, l’escargot escargote, le lion lionne. Mais l’humain, que fait-il?

Moi - Il humanise?

L'ange - Tant que ça? Je trouve plutôt que c’est une qualité qui a tendance à lui faire défaut.
«Un homme peut réussir dans la vie sans avoir jamais feuilleté un livre, écrit encore John Cowper Powys, il peut s’enrichir, il peut tyranniser ses semblables, mais il ne pourra jamais "voir Dieu", il ne pourra jamais vivre dans un présent qui est le fils du passé et le père de l’avenir sans une certaine connaissance du journal de bord que tient la race humaine depuis l’origine des temps et qui s’appelle la Littérature.»
Le grand problème des humains, c'est non seulement de ne pas savoir pourquoi ils ont été créés, et d'avoir malheureusement la capacité de se poser la question. Le cerisier cerise, l'escargot escargote, le lion lionne, mais l'humain? Peut-être qu'il humanise au fond. Qui sait?
Dans le verger ce matin, je regardais un poirier faire des poires, lui qui avait fait des fleurs et puis des feuilles et j'étais émerveillé de voir comme la nature fait son travail de nature, sans rechigner, sans blablater. Si seulement l'humain pouvait faire de la même manière son travail d'humain. Encore faudrait-il qu'il sache en quoi ce travail d'humain consiste. Chacun y va de sa petite réponse.
«La pensée est plus riche quand elle est humaine, c'est-à-dire ambiguë.» (Jeanne Hersch)
"Un homme, c'est un coeur." (Soeur Emmanuelle)

Tout le reste, c'est du baratin.
Je regarde un tout petit hameau suspendu au flanc d'une montagne, juste quelques maisons en pierre. Il suffit de la poussée d'un seul ou de quelques-uns pour que quelque chose d'humain surgisse et prenne corps, comme un village ou une famille, même quand cela paraissait improbable.
La plupart du temps, dans les relations humaines, si on ne fait rien, il ne se passe rien.
Heureusement, nous savons que l'humain, ce n'est pas aussi petit que ça.
Dans le mot "divinisation", j'entends: actualisation de notre potentiel humain.
"Si l'homme ne veut pas se sauvez, en effet, rien ni personne ne pourra le sauver."

C'est un abbé qui écrit cela, et pas des moindres, l'abbé Zundel.
Après le ruban d'ADN, j'aimerais que la recherche scientifique se penche sur le ruban d'humanité.
L'homme est un être social, bien, mais ça n'en fait pas un animal de compagnie.
Dans "humain", on lit "main". Etre humain, c'est, avant toute chose, empoigner son destin.
Vouloir empêcher un être humain de se plaindre serait comme l'empêcher de rêver: c'est l'amputer d'une fonction vitale.

Les lapins crétins

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