-- Père Joseph Wresinski
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Cruel de voir qu'une personne de grand âge qui perd son conjoint ne bénéficie quasiment d'aucun encadrement psychologique, parce que ça va de soi vous comprenez, c'est la fin, alors on meurt. Oui, mais celle qui reste se trouve souvent pendant encore de longues années, tous les jours, avec certains souvenirs de ce passé commun qui sont parfois très douloureux. Et il serait bon, apaisant, de pouvoir mettre un peu de clarté. Cela aiderait à mieux appréhender cette nouvelle ère qui s'ouvre, de veuvage, qui est une forme de célibat et donc aussi de relations à refaire. Mais comment faire si on n'a personne à qui en parler, sans être un tant soit soutenu pour comprendre ce qui est arrivé. L'effondrement d'un pan de vie qui a hauteur d'arbre équivaudrait à la chute d'un séquoia géant, ça laisse une sacré béance. Et celle qui reste n'a qu'à être ce qui reste, le solde d'une vie commune. Elle est assise à la table de la cuisine, ne comprenant pas bien ce qui lui arrive, aplatissant des deux mains pour la nième fois le bord de la nappe comme si elle voulait tirer un trait net sur tout ce qui lui fait mal. Il est mort, il avait 90 ans, c'est naturel... C'est tout de même énorme ce qu'on tente de lui faire avaler en le mettant sur le compte du «naturel»:
- Votre compagnon de vie s'est dissout dans le grand tout, il était biodégradable, vous devriez être contente. Ah! Oui, mais ça ne vous exempte pas des taxes d'incinération ni de toute la paperasserie. Et en ce qui vous concerne, vous comprendrez que si nous devions mettre en place une cellule psychologique chaque fois qu'un conjoint décède, nous ferions exploser les coûts de la santé. Alors vous allez gentiment prendre votre antidépresseur, ce qui vous permettra en plus de soutenir la chimie bâloise.
Alors ainsi va la vie qui veut qu'on laisse le survivant s'empoisonner du bilan d'une vie qu'il ne sait pas faire, qui est par ailleurs certainement irréalisable, mais tout de même, quelques heures d'écoutes attentives et quelques conseils bien avisés lui aurait permis de s'armer pour penser ce drame intime.
- Votre compagnon de vie s'est dissout dans le grand tout, il était biodégradable, vous devriez être contente. Ah! Oui, mais ça ne vous exempte pas des taxes d'incinération ni de toute la paperasserie. Et en ce qui vous concerne, vous comprendrez que si nous devions mettre en place une cellule psychologique chaque fois qu'un conjoint décède, nous ferions exploser les coûts de la santé. Alors vous allez gentiment prendre votre antidépresseur, ce qui vous permettra en plus de soutenir la chimie bâloise.
Alors ainsi va la vie qui veut qu'on laisse le survivant s'empoisonner du bilan d'une vie qu'il ne sait pas faire, qui est par ailleurs certainement irréalisable, mais tout de même, quelques heures d'écoutes attentives et quelques conseils bien avisés lui aurait permis de s'armer pour penser ce drame intime.
Bien dire la vie, c'est bien l'habiter, c'est y vivre pleinement, c'est prendre possession de ce qu'elle nous offre, c'est peupler son monde intérieur avant toute chose et le monde de ceux qui nous entourent et avec lesquels on peut le partager - car on a quelque chose à amener à la table de la rencontre. Bien lire notre texte quotidien, c'est veiller à retenir les quelques phrases que le jour nous donne par le cœur.
Les Béatitudes
Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes,
car le Royaume des cieux est à eux!
Heureux ceux qui sont dans la tristesse,
car Dieu les consolera!
Heureux ceux qui sont doux,
car ils recevront la terre, selon ce que Dieu leur
a promis!
Heureux ceux qui ont un vif désir de vivre selon ce que Dieu leur demande,
car Dieu leur accordera pleinement!
Heureux ceux qui ont pitié des autres,
car Dieu aura pitié d'eux!
Heureux ceux qui sont purs en leur cœur,
car ils verront Dieu!
Heureux ceux qui créent la paix autour d'eux,
car Dieu les appellera ses fils!
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice;
car le Royaume des cieux est à eux!
(adapté selon Matthieu par Théodore Monod)
Il y a là de quoi occuper une bonne partie d'une vie, que l'on soit croyant ou non. Pour ceux que le mot «Dieu» dérangent, qu'ils le remplacent par ce qu'ils ont de plus cher, cela fera très bien l'affaire, et on s'économisera ainsi de nombreuses ergoteries inutiles. Car il ne s'agit pas dans ses béatitudes d'autres choses que de huit préceptes qui nous ouvrent à plus d'humanité, à ce ciel qui est sur terre, tout autour de nous et en nous.
Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes,
car le Royaume des cieux est à eux!
Heureux ceux qui sont dans la tristesse,
car Dieu les consolera!
Heureux ceux qui sont doux,
car ils recevront la terre, selon ce que Dieu leur
a promis!
Heureux ceux qui ont un vif désir de vivre selon ce que Dieu leur demande,
car Dieu leur accordera pleinement!
Heureux ceux qui ont pitié des autres,
car Dieu aura pitié d'eux!
Heureux ceux qui sont purs en leur cœur,
car ils verront Dieu!
Heureux ceux qui créent la paix autour d'eux,
car Dieu les appellera ses fils!
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice;
car le Royaume des cieux est à eux!
(adapté selon Matthieu par Théodore Monod)
Il y a là de quoi occuper une bonne partie d'une vie, que l'on soit croyant ou non. Pour ceux que le mot «Dieu» dérangent, qu'ils le remplacent par ce qu'ils ont de plus cher, cela fera très bien l'affaire, et on s'économisera ainsi de nombreuses ergoteries inutiles. Car il ne s'agit pas dans ses béatitudes d'autres choses que de huit préceptes qui nous ouvrent à plus d'humanité, à ce ciel qui est sur terre, tout autour de nous et en nous.
«Connais-toi toi-même», de Socrate, est une invitation à retrouver la source de notre liberté, d'où jaillit notre joie et notre confiance, et à partir de laquelle nous pourrons créer et agir en étant pleinement conscients que c'est bien là et nulle part ailleurs qu'il nous faut œuvrer et donner du sens à notre vie.
Suivre les gens qui ont du flair n'est pas chose facile pour ceux qui sont habitués à marcher sur des routes balisées. Ils n'avancent plus selon une direction prédéterminée, tout occupés qu'ils sont à pister l'odeur ou l'intuition ou la pensée qui les captive et mobilise toutes leurs énergies. Ils ne suivent plus un chemin mais un appel qui les mènera hors de ce qu'on appelle les sentiers battus. Les parqués du trottoir ne manqueront de dire qu'ils se perdent, qu'ils se fourvoient. Mais eux n'ont pas un instant à perdre avec ce qu'on pense d'eux. Ils ont un but.
Je crains que la zénitude et l'orientalisme importé soit un contresens et une violence faite à notre singularité occidentale, un arrachement de notre terreau fécond sur lequel nous pourrions vraiment nous individualiser. On se lisse, on croit qu'on fait preuve d'abnégation en s'oubliant alors qu'on ne fait peut-être que d'oublier que cette culture, aussi passionnante soit-elle, n'est pas la nôtre. Je ne vois pas comment on peut y comprendre quoi que ce soit à moins d'y être né ou de vivre là-bas. Mais nous savons bien que la plupart du temps, par zen et bouddhisme, on ne cherche en fait qu'un moyen de se détendre, de souffler un peu, de respirer. Et y a-t-il besoin d'aller si loin psychiquement pour cela?
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...
