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«Nous avons perdu le grand enseignement. Nous ne savons plus écouter et traduire dans notre cœur le ronronnement des grandes forces. Nous sommes définitivement dans notre enfer, oubliés de la terre même.» (Jean Giono, Rondeur des jours)
L'enfer, c'est d'être coupé de notre nature profonde, de ne plus être capable de se mettre à l'écoute de notre intimité, de ne plus parvenir à en relation avec autrui et le monde, de tourner dans notre tête comme un hamster sur sa roue.
L'enfer, c'est d'être coupé de notre nature profonde, de ne plus être capable de se mettre à l'écoute de notre intimité, de ne plus parvenir à en relation avec autrui et le monde, de tourner dans notre tête comme un hamster sur sa roue.
Dans le verger ce matin, je regardais un poirier faire des poires, lui qui avait fait des fleurs et puis des feuilles et j'étais émerveillé de voir comme la nature fait son travail de nature, sans rechigner, sans blablater. Si seulement l'humain pouvait faire de la même manière son travail d'humain. Encore faudrait-il qu'il sache en quoi ce travail d'humain consiste. Chacun y va de sa petite réponse.
Ce couple de personnes âgées qui me disent que les dictons ne valent plus rien pour prédire le temps. Ces adages ne sont plus que de vieilles coquilles vides dans lesquelles ne viennent plus se refléter une sagesse transmise de génération en génération. Cette belle sagesse paysanne noueuse qui témoignait d'une familiarité avec la nature, qui renforçait l'intimité que nous pouvions avoir avec elle, est en train de disparaître - et nous avec elle? On levait les yeux au ciel, on regardait les oiseaux et les fleurs, et on pouvait dire à Dame Nature avec affection:
- Je te vois venir, je te connais, je sais ce que tu nous prépares.
Tandis que maintenant... Et ce qui est inquiétant, c'est qu'ils ont vécu cet exil des mots chers dans le temps d'une vie. Tout se trouve chamboulé à une vitesse spectaculaire. On perd nos repères, on ne sait plus interpréter ces changements et personne ne sait nous les expliquer. Il faudra bientôt réinventer les dictons chaque année... On en viendra à dire: «Une centrale nucléaire qui explose en mars, il va faire beau en avril».
- Je te vois venir, je te connais, je sais ce que tu nous prépares.
Tandis que maintenant... Et ce qui est inquiétant, c'est qu'ils ont vécu cet exil des mots chers dans le temps d'une vie. Tout se trouve chamboulé à une vitesse spectaculaire. On perd nos repères, on ne sait plus interpréter ces changements et personne ne sait nous les expliquer. Il faudra bientôt réinventer les dictons chaque année... On en viendra à dire: «Une centrale nucléaire qui explose en mars, il va faire beau en avril».
La neige me rappelle que le silence est la nature première de la nature, celle que je connais, celle de par ici. Cette nature qui est la mienne également, j'ai tendance à l'oublier. J'éprouve un profond apaisement en pensant que tout notre baratin intime ne compte pour pas grand-chose au regard de ce terreau de silence - sur lequel viendront croître et se nourrir nos récoltes à venir.
Je suis toujours étonné de voir un chat tout à son travail de souris, une biche traverser la clairière, un merle chanter ou un bouledogue ronfler, totalement non-cha-lant de nos si sérieux problèmes et de notre folle excitation. Ils ne sont absolument pas concernés et nous ne cessons de nous agiter à côté d'eux, hors de la nature si proche et pourtant perdue.
En pleine méditerranée, j'ai vu des dauphins jaillirent de l'eau pour faire leur salut aquatique, et j'ai éprouvé la même émotion qu'au passage d'une étoile filante ou d'un cerf à l'orée d'un bois. J'ai été saisi par ce frisson de joie qui nous signifie instinctivement qu'on est en train d'assister à un spectacle rare et merveilleux, toujours un peu magique parce survenant au cœur du naturel. Ce spectacle nous permet d'éprouver, durant quelques instants bénis, tout ce qu'il y a d'extraordinaire de pouvoir, nous aussi, participer à tout cela. On a l'impression qu'un coin du monde a été levé pour nous rappeler que nous ne sommes peut-être pas terriens que pour des raisons administratives.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...
