Affichage des articles dont le libellé est Nature. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nature. Afficher tous les articles
Je suis étonné que les oiseaux appartiennent au règne animal.
Je suis chaque fois surpris de voir comme la nature est paisible en l'absence de nous.


Lorsque je regarde le lac Léman qui se pastellise en fin de journée, je ne sais plus si je regarde un tableau de Ferdinand Hodler ou un paysage.
Cet arbre aux feuilles d'un rouge irréel et vibrant sur fond de ciel tragiquement titane.
Promenade en forêt sous une voûte dont les feuilles d'or se détachent de ci de là.
«Nous avons perdu le grand enseignement. Nous ne savons plus écouter et traduire dans notre cœur le ronronnement des grandes forces. Nous sommes définitivement dans notre enfer, oubliés de la terre même.» (Jean Giono, Rondeur des jours)

L'enfer, c'est d'être coupé de notre nature profonde, de ne plus être capable de se mettre à l'écoute de notre intimité, de ne plus parvenir à en relation avec autrui et le monde, de tourner dans notre tête comme un hamster sur sa roue.
Certains oiseaux ont un plumage tellement stupéfiant qu'on se demande s'ils n'ont pas revêtu un costume follement coloré juste pour faire une blague au photographe et le payer de ses efforts et de sa patience.

(Jardinier du Prince d'Orange par Tadashi Kawamata)
Dans le verger ce matin, je regardais un poirier faire des poires, lui qui avait fait des fleurs et puis des feuilles et j'étais émerveillé de voir comme la nature fait son travail de nature, sans rechigner, sans blablater. Si seulement l'humain pouvait faire de la même manière son travail d'humain. Encore faudrait-il qu'il sache en quoi ce travail d'humain consiste. Chacun y va de sa petite réponse.
Ce couple de personnes âgées qui me disent que les dictons ne valent plus rien pour prédire le temps. Ces adages ne sont plus que de vieilles coquilles vides dans lesquelles ne viennent plus se refléter une sagesse transmise de génération en génération. Cette belle sagesse paysanne noueuse qui témoignait d'une familiarité avec la nature, qui renforçait l'intimité que nous pouvions avoir avec elle, est en train de disparaître - et nous avec elle? On levait les yeux au ciel, on regardait les oiseaux et les fleurs, et on pouvait dire à Dame Nature avec affection:

- Je te vois venir, je te connais, je sais ce que tu nous prépares.

Tandis que maintenant... Et ce qui est inquiétant, c'est qu'ils ont vécu cet exil des mots chers dans le temps d'une vie. Tout se trouve chamboulé à une vitesse spectaculaire. On perd nos repères, on ne sait plus interpréter ces changements et personne ne sait nous les expliquer. Il faudra bientôt réinventer les dictons chaque année... On en viendra à dire: «Une centrale nucléaire qui explose en mars, il va faire beau en avril».
Si on regarde bien le ciel, on voit par endroit qu'il est un peu patiné par le passage perpétuel des oiseaux migrateurs.
La neige me rappelle que le silence est la nature première de la nature, celle que je connais, celle de par ici. Cette nature qui est la mienne également, j'ai tendance à l'oublier. J'éprouve un profond apaisement en pensant que tout notre baratin intime ne compte pour pas grand-chose au regard de ce terreau de silence - sur lequel viendront croître et se nourrir nos récoltes à venir.
Ces grosses racines qui innervent le béton en sous oeuvre, comme des veines qui battent sous la tempe d'un homme en colère sur le point de s'hulkiser. La croûte de la route se déforme lentement, se plie et se tord sous la poussée du végétal, secoue le plâtre sur sa jambe de bois.
Dans la nature, le meurtre a gardé sa juste mesure, comme si elle respectait une loi qui dirait: "Ne tue pas plus que ce dont tu as besoin et vis en paix."
Je suis toujours étonné de voir un chat tout à son travail de souris, une biche traverser la clairière, un merle chanter ou un bouledogue ronfler, totalement non-cha-lant de nos si sérieux problèmes et de notre folle excitation. Ils ne sont absolument pas concernés et nous ne cessons de nous agiter à côté d'eux, hors de la nature si proche et pourtant perdue.
En pleine méditerranée, j'ai vu des dauphins jaillirent de l'eau pour faire leur salut aquatique, et j'ai éprouvé la même émotion qu'au passage d'une étoile filante ou d'un cerf à l'orée d'un bois. J'ai été saisi par ce frisson de joie qui nous signifie instinctivement qu'on est en train d'assister à un spectacle rare et merveilleux, toujours un peu magique parce survenant au cœur du naturel. Ce spectacle nous permet d'éprouver, durant quelques instants bénis, tout ce qu'il y a d'extraordinaire de pouvoir, nous aussi, participer à tout cela. On a l'impression qu'un coin du monde a été levé pour nous rappeler que nous ne sommes peut-être pas terriens que pour des raisons administratives.
Mon collègue découvre des moineaux dans son bureau en arrivant ce matin. Comme la nature reprend vite ses droits.
Il faut parfois cinq, six ou sept ans même à un oiseau du paradis mâle pour connaître l'amour et convaincre une oiselle paradisiaque que sa parade multicolore le rend digne d'une descendance. On est loin d'une levée éthylique de femelles lors d'une soirée en discothèque.
Il est bon que nous regardions la nature à la télévision, devant des films de Yann Arthus-Bertrand, et que nous n'allions surtout pas voir sur place comme c'est beau. Parce que l'humain, dès que ça se déplace, ça pollue.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?