L'Histoire appartient à ceux et celle qui, s'étant levés tôt, n'attrapent pas la bougeotte après le petit déjeuner.
-- Régis Debray, Eloge des frontières.
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J'ai une foule de sensations, de souvenirs très précis qui sont en attente d'être métabolisés depuis plus d’un quart de siècle. Ce sont des graines d’éternité qui naissent sur le terreau des jours et des heures où elles germent, mais qui se développent selon un rythme organique et intime propre à chacun qui échappe à toute planification. Imaginerait-on agender une prise de conscience ou une émotion? A 10h45, j’éprouverai de la joie. Ou, le 2 janvier prochain, je prendrai conscience que je n’ai pas à me sentir coupable. Non, bien entendu. Tout ceci échappe à la tyrannie des horloges et notre intimité devient silencieuse lorsqu’on tente de le cerner par notre seule volonté. Il convient de créer des dispositions intérieures favorables pour pénétrer dans ce sanctuaire.
Petit fait de vie tout à fait banal.
J'ai eu une crise de foie, pour le moins violente. Trente-six heures sans manger, et puis la tourmente a fini par passer, au petit matin.
Etat de faiblesse extrême, favorisant les pensées les plus noires, la fébrilité, une remise en question de tout ce qui fonde ma vie, ma capacité à arriver à accomplir les tâches les plus quotidiennes, alors que ce qu'il faudrait avant tout, dans cet état, c'est ne pas penser.
Et puis j'ai dormi, beaucoup dormi, une journée entière.
Et j'ai mangé.
Et je me suis remis d'aplomb et le soleil est revenu.
Et aujourd'hui, ce qui me paraissait impossible ou perdu, est redevenu tout ce qu'il y a de plus facile, voire évident.
Ne pas l'oublier.
En période de crise, ne rien faire, surtout ne rien faire, ne pas penser, ne pas se questionner, ce n'est pas le moment. Mobiliser toutes ses forces pour prendre patience. Attendre que des dispositions naturelles et favorables reviennent pour repartir.
Comme les hommes du désert qui, durant la tempête, se recouvrent de leur voile et patientent jusqu'à que le soleil revienne.
Il n'y a rien d'autre à faire.
J'ai eu une crise de foie, pour le moins violente. Trente-six heures sans manger, et puis la tourmente a fini par passer, au petit matin.
Etat de faiblesse extrême, favorisant les pensées les plus noires, la fébrilité, une remise en question de tout ce qui fonde ma vie, ma capacité à arriver à accomplir les tâches les plus quotidiennes, alors que ce qu'il faudrait avant tout, dans cet état, c'est ne pas penser.
Et puis j'ai dormi, beaucoup dormi, une journée entière.
Et j'ai mangé.
Et je me suis remis d'aplomb et le soleil est revenu.
Et aujourd'hui, ce qui me paraissait impossible ou perdu, est redevenu tout ce qu'il y a de plus facile, voire évident.
Ne pas l'oublier.
En période de crise, ne rien faire, surtout ne rien faire, ne pas penser, ne pas se questionner, ce n'est pas le moment. Mobiliser toutes ses forces pour prendre patience. Attendre que des dispositions naturelles et favorables reviennent pour repartir.
Comme les hommes du désert qui, durant la tempête, se recouvrent de leur voile et patientent jusqu'à que le soleil revienne.
Il n'y a rien d'autre à faire.
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