Ceux qui ont annoncé les fins du monde depuis la nuit des temps sont des Sages qui n'avaient nullement l'intention de prédire un quelconque écroulement du monde, mais bien de vivifier le meilleur chez tout un chacun afin qu'il pulse sa vie au lieu de se couler dans une durée morne. Qu'est-ce qui est vraiment essentiel si tout vient à inexorablement prendre fin? Où est mon cœur, mon trésor? Qu'est-ce qui compte plus que tout? Qu'est-ce qui est vraiment important face à la vie? Autant de questions que je vous souhaite comme des vœux pour prendre votre envol à tire-d'aile vers 2012, l'année nouvelle, avec allégresse!
Un enfant est un sage antique réincarné en exercices quotidiens. Vous vouliez jouer les vertueux, faire montre de patience, de douceur, de calme, de compréhension? Vous vouliez travailler sur le fond du fond de ce que vous êtes? Voilà l'occasion de vous entraîner jour et nuit à devenir meilleur, sans répit ni trêve, à échouer, à remettre l'ouvrage sur le métier, à décrocher de petites victoires et à vous métamorphoser en faisant le chemin une deuxième fois avec le petit être.
C'est incroyable comme celui qui s'est peu questionné, peu lu, peu dialogué, peu médité, peu prié, manque d'épaisseur quand ils se met à réfléchir - donc à croître - dispose d'outils psychiques somme toute très ténus pour mener sa réflexion. Et ce qui est également surprenant, c'est l'autorité avec laquelle ils manient des clichés en ayant l'impression d'être original. Si au moins il avait eu la chance de croiser des éveilleuses et des éveilleurs sur son chemin qui, par ce que qu'ils sont, donnent à d'autres d'être au mieux d'eux-mêmes.
Pharmacopée n°30 d'Alexandre Jollien
Le bon Pape Jean XXIII notait, dans son journal, qu’il se promettait d’accomplir chacune de ses actions comme si Dieu l’avait créé uniquement pour faire cette action. Belle invitation pour moi à me jeter dans le présent et à vivre action après action.
J’écris cette pharmacopée et j’imagine, ou plutôt je ressens, je découvre que toute mon existence m’y a conduit. Je joue avec mes enfants comme si ma vie entière se donnait à travers ces rigolades, ces sourires, ces culbutes, cette joie. Vivre chaque moment comme si on n’était fait que pour cela, c’est peut-être découvrir que la quintessence de la vie est au présent.
Depuis longtemps, je barratine pour inviter chacun à vivre dans le présent mais je suis moi-même incapable de m’y réjouir. Toujours, la pensée du futur ou celle du passé reviennent en moi. Mais la pensée du Pape Jean XXIII, aujourd’hui, m’oblige à rester près du présent, à y poser les mains, les pieds, à y habiter totalement. Lorsque j’écris cette pharmacopée, je ne suis plus le vieux moi de la veille. Quand j’aurai écrit le point final, je serai un autre moi et c’est la vie qui passe à travers moi. Trop souvent, je l’oublie.
Joyeux Noël à vous, d’instants en instants.
Le bon Pape Jean XXIII notait, dans son journal, qu’il se promettait d’accomplir chacune de ses actions comme si Dieu l’avait créé uniquement pour faire cette action. Belle invitation pour moi à me jeter dans le présent et à vivre action après action.
J’écris cette pharmacopée et j’imagine, ou plutôt je ressens, je découvre que toute mon existence m’y a conduit. Je joue avec mes enfants comme si ma vie entière se donnait à travers ces rigolades, ces sourires, ces culbutes, cette joie. Vivre chaque moment comme si on n’était fait que pour cela, c’est peut-être découvrir que la quintessence de la vie est au présent.
Depuis longtemps, je barratine pour inviter chacun à vivre dans le présent mais je suis moi-même incapable de m’y réjouir. Toujours, la pensée du futur ou celle du passé reviennent en moi. Mais la pensée du Pape Jean XXIII, aujourd’hui, m’oblige à rester près du présent, à y poser les mains, les pieds, à y habiter totalement. Lorsque j’écris cette pharmacopée, je ne suis plus le vieux moi de la veille. Quand j’aurai écrit le point final, je serai un autre moi et c’est la vie qui passe à travers moi. Trop souvent, je l’oublie.
Joyeux Noël à vous, d’instants en instants.
Le pédiatre m'expliqua qu'un père lui avait montré fièrement comment son fils de deux ans parvenait déjà à utiliser un ifaune. Le pédiatre mit des cubes parterre et demanda à l'enfant de les assembler les uns sur les autres. L'enfant en fut incapable. Cette anecdote est révélatrice des incompétences que certaines nouvelles technologies nous permettent d'acquérir. Et je n'ose pas imaginer tout ce qu'elles atrophient dans le psychisme d'un adulte.
Cet homme, devant l'église, qui vend de jolies petites croix en bois. Il les tient dans sa main comme un bouquet.
- Je vous les achète toutes, lui dis-je.
- Je suis désolé, me répond-il, mais ce n'est pas possible.
Et en voyant mon air interloqué, il poursuit:
- Vous comprenez, si je vous les vends toutes, je n'aurai plus de raison d'être assis là avec les autres marchands. Et alors, je ferais quoi de ma journée?
- Je vous les achète toutes, lui dis-je.
- Je suis désolé, me répond-il, mais ce n'est pas possible.
Et en voyant mon air interloqué, il poursuit:
- Vous comprenez, si je vous les vends toutes, je n'aurai plus de raison d'être assis là avec les autres marchands. Et alors, je ferais quoi de ma journée?
Pourquoi les enfants ont-ils des petites oreilles si tendres, si douces? Parce qu'ils se sont de grands écouteurs, et leurs écoutilles se nourrissent de tous ces sons nouveaux qui n'en finissent pas de les surprendre. Plus tard, elles se figent, le cartilage devient rigide. Elles deviennent fonctionnelles, utiles pour écouter la télévision ou entendre qu'on nous a demandé le sel.
Mon grand-père disait lorsqu'il aimait quelque chose: «C'est formidable!».
Quel beau mot, puissant, fort, qui remonte au verbe latin FORMIDARE: craindre, redouter. Une chose formidable est une chose qui a de l'envergure, qui en impose. Mais il l'utilisait pour de petites choses quotidiennes, comme, par exemple, sa petite-fille qui rampait à toute vitesse en marche arrière ou un beau coucher de soleil.
C'est certainement pour cela que ce mot a conservé une résonance empreinte de tendresse pour moi qui quête l'extraordinaire dans nos gestes les plus infimes.
Quel beau mot, puissant, fort, qui remonte au verbe latin FORMIDARE: craindre, redouter. Une chose formidable est une chose qui a de l'envergure, qui en impose. Mais il l'utilisait pour de petites choses quotidiennes, comme, par exemple, sa petite-fille qui rampait à toute vitesse en marche arrière ou un beau coucher de soleil.
C'est certainement pour cela que ce mot a conservé une résonance empreinte de tendresse pour moi qui quête l'extraordinaire dans nos gestes les plus infimes.
«Je suis interconnecté à la totalité de la réalité à laquelle je m'éveille.» (Bernard Besret)
Encore faut-il s'y éveiller, parfois commencer tout simplement par ce réveiller. Nous faisons tant de mauvais songes éveillés.
Mais il est fondamental de prendre conscience que ce réel auquel je m'éveille, que je découvre, que j'apprivoise, que je métabolise, que je fais mien, me permet à mes racines de plonger plus profondément dans la vie.
Encore faut-il s'y éveiller, parfois commencer tout simplement par ce réveiller. Nous faisons tant de mauvais songes éveillés.
Mais il est fondamental de prendre conscience que ce réel auquel je m'éveille, que je découvre, que j'apprivoise, que je métabolise, que je fais mien, me permet à mes racines de plonger plus profondément dans la vie.
Signe d'affaiblissement du mâle dominant qui répète pour se convaincre que sa fille l'aime, chaque fois que cette dernière se rue vers sa mère comme "the sunshine of my life" dès qu'elle apparaît:
- Comme elle aime sa maman cette petite.
A la manière d'un Ancêtre plein de bonté, de sagesse et de compréhension, spectateur bienveillant d'une scène si touchante.
A la manière d'un Ancêtre plein de bonté, de sagesse et de compréhension, spectateur bienveillant d'une scène si touchante.
Propos nécessitant de la part du mâle dominant un recadrage immédiat de la situation sous peine de finir par bénéficier de moins de considération qu'une vieille paire de pantoufle.
La mère tient sa fille dans les bras et dit:
- Il est rigolo papa, hein?
Une femme qui dit "papa" au lieu de "ton papa" et qui dit devant sa fille qu'elle le trouve rigolo signale que sa libido s'est attendrie comme du caramel mou.
(Bon, d'accord, peut-être que j'exagère un peu.)
La mère tient sa fille dans les bras et dit:
- Il est rigolo papa, hein?
Une femme qui dit "papa" au lieu de "ton papa" et qui dit devant sa fille qu'elle le trouve rigolo signale que sa libido s'est attendrie comme du caramel mou.
(Bon, d'accord, peut-être que j'exagère un peu.)
Une amitié comporte à la fois une dimension horizontale à travers laquelle chacun partage les évènements de sa vie quotidienne, les péripéties diverses et variées sur fond de monotonie essentielle. Mais elle est également verticale, transcendante, avec des instants d'élévation et de révélation. L'ami est celui qui nous invite à nous dépasser, celui qui nous alerte parce qu'il se préoccupe de nous. L'ami est celui qui me rappelle où se trouve le meilleur de soi.
Ces deux dimensions sont essentielles. La seule horizontalité ne ferait pas d'une relation quelque chose d'essentiel et de privilégié. Ce ne serait que cordial bavardage. Et la seule verticalité rendrait très vite l'amitié impossible, on ne peut pas vivre en permanence dans les sommets. Deux amis doivent pouvoir mettre dans la terre du temps les graines fécondées grâce à leur amitié.
Ces deux dimensions sont essentielles. La seule horizontalité ne ferait pas d'une relation quelque chose d'essentiel et de privilégié. Ce ne serait que cordial bavardage. Et la seule verticalité rendrait très vite l'amitié impossible, on ne peut pas vivre en permanence dans les sommets. Deux amis doivent pouvoir mettre dans la terre du temps les graines fécondées grâce à leur amitié.
Comme l'écrit Bernard Besret, les exercices d'ascèse de la vie monastique ne sont pas des exercices de mortification, mais de vivification. Des exercices pour accéder à une plus grande liberté, bien plus grande que n'importe quelle acquisition que chacun de nous peut faire dans notre société de la dispersion.
Mon cerveau a eu la courtoisie d'atténuer ce que mes yeux voyaient à Addis Abeba. Comment imaginer sur la même Terre des disparités aussi flagrantes, injustes, inadmissibles, cruelles. On comprend mieux que nous n'avons aucun autre mérite sur le plan matériel que d'avoir eu la chance d'être né au bon endroit. Ici, tout nous est donné pour nous construire et avoir une vie confortable. Là, ils n'ont rien, ils ne peuvent rien et n'ont aucun soutien. Evidemment, tout ceci, chacun de nous le sait. Mais le voir de ses propres yeux, c'est encore autre chose.
Déjà cité souvent sur ce blog, cette phrase de Taisen Deshimaru:
«La posture empêche l'imposture.»
C'est d'une justesse lumineuse. La manière dont nous nous tenons influe profondément sur ce que nous sommes. Une bonne posture physique est un soutien pour une bonne posture psychique. Je ne vois d'ailleurs pas comment il pourrait en être autrement.
Bel éloge de l'aube de Bernard Besret:
«Chaque fois que cela t'est possible, lève-toi pour devancer et saluer le lever du soleil et préserve pour ta vie intérieur ce temps privilégié qui précède le démarrage de la journée. C'est le temps du silence. Ce n'est ni celui du bavardage avec ton compagnon ou ta compagne, ni celui de la radio, ni celui de l'agitation mentale. C'est le temps de l'apaisement. Une sorte de prolongation du sommeil, la conscience en plus.» (Du bon usage de la vie, p.80).
«Chaque fois que cela t'est possible, lève-toi pour devancer et saluer le lever du soleil et préserve pour ta vie intérieur ce temps privilégié qui précède le démarrage de la journée. C'est le temps du silence. Ce n'est ni celui du bavardage avec ton compagnon ou ta compagne, ni celui de la radio, ni celui de l'agitation mentale. C'est le temps de l'apaisement. Une sorte de prolongation du sommeil, la conscience en plus.» (Du bon usage de la vie, p.80).
Noël ne m'est plus rien. Je regarde ce jour comme un étranger qui découvrirait une fête qu'il ne connaît pas et qui ne le concerne pas, qui n'est pas de sa culture. J'ai mis longtemps à me dégager du sentiment de tristesse qui me pesait de voir que dans les familles morcelées, l'envie d'être tous ensemble était devenue tout à fait secondaire, que nous ne comptions pas assez les uns pour les autres pour mettre de côté nos petites querelles intestines au profit d'un moment de lumière et de joie. Je suis heureux pour ceux qui ont fait de ce jour un moment fort et incontournable au fil des ans. Mais j'ai également compris que c'est une perte de temps, et d'énergie, de vouloir réunir ceux qui ne se réunissent pas. Alors c'est à l'abri d'autres dates que j'ai donné rendez-vous à l'amitié. L'année offre d'autres étables, d'autres havres de paix pour se retrouver.
Formidable conseiller national (j'insiste, "conseiller!), Yvan Perrin, qui s'oppose à la suppression des mines antipersonnel car il ne sait pas par quoi elles seront remplacées si l'armée ne dispose plus de ces saletés. Mais par des tulipes, des coquelicots, voire même des brassées d'espoir mon cher Monsieur. Les idées ne me manquent pas et elles sont beaucoup plus intelligentes que les des munitions à guidage terminal que vous proposez. Tenez d'ailleurs à propos de vous guider vers un terminal à destination d'un pays où des enfants sautent chaque jour sur ce qu'on appelle des sous-munitions (parce qu'elles sont au-dessous de tout?), je peux également vous aider. Cela donnera du piment à vos footings matinaux, je vous assure, c'est très excitant de s'envoyer en l'air avec des Nike air.
http://www.tdg.ch/actu/suisse/yvan-perrin-udc-defend-armes-sous-munitions-passe-mechants-2011-12-21
http://www.tdg.ch/actu/suisse/yvan-perrin-udc-defend-armes-sous-munitions-passe-mechants-2011-12-21
Ah, oui, maintenant je vois mieux. Envie de voir une pièce de théâtre, donc, comme d'habitude, je passe commande et au moment de payer me vient soudainement une idée qui ne m'avait jamais traversé l'esprit ces trente-sept dernières années:
- Oui, mais la petite, on en fait quoi?
Car il est impossible de la laisser toute seule. C'est un sentiment très nouveau de savoir que quelqu'un ne peut à ce point pas se passer de moi. Même le chien est plus autonome.
- Oui, mais la petite, on en fait quoi?
Car il est impossible de la laisser toute seule. C'est un sentiment très nouveau de savoir que quelqu'un ne peut à ce point pas se passer de moi. Même le chien est plus autonome.
Un couple se définit aussi par la négative, par ces petites péripéties qui ne peuvent se produire qu'entre deux êtres qui s’aiment suffisamment pour en venir à furieusement s’agacer.
Ainsi lors d’un voyage, l’arrivée avec votre bien-aimée dans une grande ville qui vous est inconnue. Vous vous retrouvez sur une place très centrale. Tous les horizons s'offrent à vous, avec ses dédales de rues, de possibles, de feintes et d'impasses. Vous vous arrêtez quelques instants pour réfléchir à l'aide du plan à la direction à prendre pour rejoindre votre hôtel, lorsque vous vous entendez demander dans un soupir d’exaspération qui rappelle le freinage d’un trente tonnes:
- Donc tu ne sais pas où on doit aller?
Ainsi lors d’un voyage, l’arrivée avec votre bien-aimée dans une grande ville qui vous est inconnue. Vous vous retrouvez sur une place très centrale. Tous les horizons s'offrent à vous, avec ses dédales de rues, de possibles, de feintes et d'impasses. Vous vous arrêtez quelques instants pour réfléchir à l'aide du plan à la direction à prendre pour rejoindre votre hôtel, lorsque vous vous entendez demander dans un soupir d’exaspération qui rappelle le freinage d’un trente tonnes:
- Donc tu ne sais pas où on doit aller?
Le couple en voyage
Ainsi lors d’un voyage, l’arrivée avec votre bien-aimée dans une grande ville qui vous est inconnue. Vous vous retrouvez sur une place très centrale. Tous les horizons s'offrent à vous, avec ses dédales de rues, de possibles, de feintes et d'impasses. Vous vous arrêtez quelques instants pour réfléchir à l'aide du plan à la direction à prendre pour rejoindre votre hôtel, lorsque vous vous entendez demander dans un soupir d’exaspération qui rappelle le freinage d’un trente tonnes:
- Donc tu ne sais pas où on doit aller?
Cette question, vous n’êtes pas dupe, cache une tension sourde. Avec habileté, pour tenter d’éviter la confrontation, vous faites mine de vous concentrer assidûment sur les petits caractères de la carte, mais la voix, implacable, continue:
Cette question, vous n’êtes pas dupe, cache une tension sourde. Avec habileté, pour tenter d’éviter la confrontation, vous faites mine de vous concentrer assidûment sur les petits caractères de la carte, mais la voix, implacable, continue:
- Ecoute, je suis fatiguée, j'aimerais aller à l'hôtel me changer, déplier mes robes et me remaquiller.
Vous êtes partis à deux. Vous êtes arrivés à l’aéroport ensemble. Mais soudain, vous vous sentez très seul, perdu au milieu de cette ville univers, dont vous ne connaissez rien ni personne. Pourtant, il y a encore quelques instants, dans l'avion, elle vous tenait par la main au moment de l'atterrissage, comme si vous étiez sur le point de vous écraser. C’était tendre, c’était complice, c’était … Mais alors par quelle magie un séjour en amoureux peut-il soudainement se transformer en Koh-Lanta?
Le front perlant de sueur, les synapses en bisbilles, Alexanderplatz, Piccadilly circus, Time Square, Plainpalais, les Champs-Elysées, Krasnaïa plochad, Tian'anmen se mettent à tourner autour de vous comme un carrousel. Mais ce que vous ne perdez pas de vue, ce qui devient central sur cette place, voire même monumental, c’est elle, face à vous, qui a le don à cet instant d’arquer votre système nerveux à tout rompre. Elle commence à vous horripiler! Vous aimeriez la poser là, mais vous savez bien qu’elle aura tôt fait de trouver l’hôtel, d’y être même avant vous. Moyennant un petit minois dépité sur lequel aura coulé un trait calligraphique de mascara, elle ne tardera pas à trouver un bonhomme qui se fera un plaisir de l’aider. Et ça, tout le monde en conviendra, il n’en est pas question! Vous êtes sur le point de lui dire:
- Mais enfin, tu veux quoi? Prends-la toi cette carte si tu es tellement pressée, au lieu d’attendre comme un boulet que je te dise par où aller.
Mais vous vous ravisez. Toute forme de rébellion de votre part ne ferait que compliquer la situation. Alors sans savoir pourquoi, vous vous mettez à marcher, à l’aveugle, en espérant que la fortune vous mette sur la bonne voie:
Vous êtes partis à deux. Vous êtes arrivés à l’aéroport ensemble. Mais soudain, vous vous sentez très seul, perdu au milieu de cette ville univers, dont vous ne connaissez rien ni personne. Pourtant, il y a encore quelques instants, dans l'avion, elle vous tenait par la main au moment de l'atterrissage, comme si vous étiez sur le point de vous écraser. C’était tendre, c’était complice, c’était … Mais alors par quelle magie un séjour en amoureux peut-il soudainement se transformer en Koh-Lanta?
Le front perlant de sueur, les synapses en bisbilles, Alexanderplatz, Piccadilly circus, Time Square, Plainpalais, les Champs-Elysées, Krasnaïa plochad, Tian'anmen se mettent à tourner autour de vous comme un carrousel. Mais ce que vous ne perdez pas de vue, ce qui devient central sur cette place, voire même monumental, c’est elle, face à vous, qui a le don à cet instant d’arquer votre système nerveux à tout rompre. Elle commence à vous horripiler! Vous aimeriez la poser là, mais vous savez bien qu’elle aura tôt fait de trouver l’hôtel, d’y être même avant vous. Moyennant un petit minois dépité sur lequel aura coulé un trait calligraphique de mascara, elle ne tardera pas à trouver un bonhomme qui se fera un plaisir de l’aider. Et ça, tout le monde en conviendra, il n’en est pas question! Vous êtes sur le point de lui dire:
- Mais enfin, tu veux quoi? Prends-la toi cette carte si tu es tellement pressée, au lieu d’attendre comme un boulet que je te dise par où aller.
Mais vous vous ravisez. Toute forme de rébellion de votre part ne ferait que compliquer la situation. Alors sans savoir pourquoi, vous vous mettez à marcher, à l’aveugle, en espérant que la fortune vous mette sur la bonne voie:
- Tu es sûr que c’est par là? demande-t-elle
Vous êtes un pauvre petit mâle perdu dans la jungle urbaine. Elle cherche à vous faire comprendre que selon le modèle éprouvé du chasseur-cueilleur, vous n’auriez pas été reconnu apte à pouvoir assurer la protection du clan. A la colère succède un sentiment d’affliction. Vous sentez pitoyable. Tout est de votre faute. Pourquoi n’avez-vous pas pris plus de temps à reconnaître le terrain sur une carte? La toile ne manque pas de sites qui auraient pu vous aider. Vous vous en voulez de ne pas vous être montré à la hauteur, d’avoir pris à la légère les données topographiques.
Mais vous êtes injuste avec vous-même, car vous avez fait exactement ce qu’il fallait. A l’aéroport, vous avez bien pris le train qui vous a conduit ici. Mais à la défaveur d’un instant de doute, elle vous a déstabilisé. Vous vous étiez préparé. Vous vous étiez maintes fois répété:
- Ne pas perdre de vue l’objectif, quoi qu’elle dise. Je suis l’homme, j’assure.
Et patatras! Au moindre soupçon de sa part, vous ne tenez plus le cap.
- Tu es sûr que c’est le bon arrêt? Tu m’avais dit qu’il y aurait une grande verrière.
En effet, vous vous êtes trompé, c’est l’arrêt suivant. Rien de grave. Si ce n’est que vous vous sentez mis à l’épreuve, examiné. Alors, vous rétorquez dans votre désarroi:
- Mais nous ne sommes pas venus ici pour faire une course d’orientation!
Vous êtes un pauvre petit mâle perdu dans la jungle urbaine. Elle cherche à vous faire comprendre que selon le modèle éprouvé du chasseur-cueilleur, vous n’auriez pas été reconnu apte à pouvoir assurer la protection du clan. A la colère succède un sentiment d’affliction. Vous sentez pitoyable. Tout est de votre faute. Pourquoi n’avez-vous pas pris plus de temps à reconnaître le terrain sur une carte? La toile ne manque pas de sites qui auraient pu vous aider. Vous vous en voulez de ne pas vous être montré à la hauteur, d’avoir pris à la légère les données topographiques.
Mais vous êtes injuste avec vous-même, car vous avez fait exactement ce qu’il fallait. A l’aéroport, vous avez bien pris le train qui vous a conduit ici. Mais à la défaveur d’un instant de doute, elle vous a déstabilisé. Vous vous étiez préparé. Vous vous étiez maintes fois répété:
- Ne pas perdre de vue l’objectif, quoi qu’elle dise. Je suis l’homme, j’assure.
Et patatras! Au moindre soupçon de sa part, vous ne tenez plus le cap.
- Tu es sûr que c’est le bon arrêt? Tu m’avais dit qu’il y aurait une grande verrière.
En effet, vous vous êtes trompé, c’est l’arrêt suivant. Rien de grave. Si ce n’est que vous vous sentez mis à l’épreuve, examiné. Alors, vous rétorquez dans votre désarroi:
- Mais nous ne sommes pas venus ici pour faire une course d’orientation!
Elle le sait autant que vous. D’ailleurs, tout s’arrangera comme par magie aussitôt les bagages posés à l’hôtel. Dès vos premières flâneries, elle se réjouira de se perdre avec vous, quitte à devoir passer la nuit à retrouver le chemin. Elle trouvera même cela poétique, romantique. Elle vous en voudrait de vouloir tout organiser, de ne pas être surpris avec elle de découvrir ce petit café dans une ruelle obscure. Elle aime que vous soyez désorganisés ensemble, sauf, allez savoir pourquoi, à cet instant, sur cette place, où elle veut coûte que coûte rejoindre l’hôtel. Alors, cahin-caha, vous vous acheminez vers un taxi avec votre valise à roulettes qui s’achoppe sur chaque pavé en manquant de se renverser, et qui ne vous rappelle en rien ce pavé proustien qui aurait dû faire jaillir un monde de souvenir. Le chauffeur éclate de rire en vous disant que vous êtes à l’exact opposé de votre destination. Mais là, surprise, elle ne vous le reproche pas. Elle se contente de vous murmurer à l’oreille en posant un baiser sur votre joue:
- J’adore voyager avec toi...
Vous n’y comprenez rien, mais vous êtes ravi, et soyez sûr d’une chose: vous formez bien un couple.
Image - ©miaweditions.canalblog.com
- J’adore voyager avec toi...
Vous n’y comprenez rien, mais vous êtes ravi, et soyez sûr d’une chose: vous formez bien un couple.
Image - ©miaweditions.canalblog.com
On m'a fait remarquer que je m'étais mis à parler fort, ce dont je ne m'étais pas rendu compte.
- Si, si, tu ne parlais jamais fort comme ça, avant.
J'ai fini par m'en rendre compte, et j'ai compris pourquoi. Je lui parlais comme à une personne sourde ou très âgée en espérant qu'elle me comprenne. Mais elle se contrefiche de mes mots. Tout ce qui compte, pour elle, se sont mes actes, l'intonation de ma voix qui est l'exact reflet de mes dispositions intérieures. Je pourrais hurler des «je t'aime» déchirants qu'elle se demanderait si j'ai mal quelque part...
Pour un homme de l'écrit une petite fille qui babille offre une occasion unique: celle de faire l'expérience de la racine première des mots. Manger prend l'expression cocasse de sa bouche qui s'ouvre si grande qu'elle a les yeux qui plisse et le nez qui fronce. La moindre babiole rend vivant le verbe jouer. Dire qu'on l'aime et qu'on tient à elle n'est pas plus compliqué que de la serrer fort contre soi. Pleurer dit une gêne qui peut-être toute simple et très concrète. Sourire est une percussion direct sur le cœur, et le baromètre de son bien-être. Parler ne veut rien dire de compréhensible, parce qu'elle doit savoir que de toute manière les adultes peinent énormément à comprendre les choses essentielles. Dormir est une clé des songes, un verbe dont elle se méfie encore parce qu'elle aime tellement ce Réel qu'elle dévore à pleine dent (même si elle n'en a que six), qu'elle doute qu'il réapparaisse à son réveil. Et c'est à nous de lui prouver que c'est vrai, oui, que nous serons là, dès qu'elle ouvres les yeux, que nous l'aurons précédée à l'aube pour la porter vers le jour nouveau.
Mesdames, pour faire participer le père à la tâche si gratifiante des langes à changer, rien de plus simple: félicitez-le. Valorisez-le, comme un tout petit qui fait ses premiers pas. Dites-lui combien c’est merveilleux qu’il ait le courage de temps à autre d’accomplir une besogne que vous avez déjà faite des centaines de fois en quelques mois. Car le père a tendance à oublier le bas matériel de sa progéniture. Il ne sait pas que le produit de ce petit paquet de vie lui appartient également, et que personne n’a songé, Ô grand jamais, de le priver de quoi que ce soit qui vienne du petit être.
[Lire toute la chronique...]
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Des pères et des (l)anges
D’ailleurs, il est temps de faire un sort à ce cliché qui voudrait que les pères rechignent à s’occuper de mettre au propre leur bambin. Beaucoup d’hommes le font spontanément, conscients que, sur le chemin de l’égalité, ils ont eux aussi le droit de mettre la main à la pâte. Rares sont ceux qui, au XXIe siècle, ne savent pas qu’un bébé ne naît pas langé. Bien entendu, il y a ceux qui pensent à tort que changer un lange exposerait de manière trop impudique leur part de féminité. Laissons-leur le temps d’apprivoiser l’idée que le gros œuvre infantile n’est pas une question de genre, mais de nécessité. Quant aux autres, c’est simple: ils n’osent pas. Lorsqu’ils ont vu la maman faire face avec agilité et assurance à un transit submergeant tous azimuts leur imagination, et ramener un marmot ripoliné, ils se sont persuadés qu’ils ne seraient jamais à la hauteur. Pire, ils se sont sentis exclus de cette intimité exclusive entre la mère et l’enfant. Souvenez-vous lorsque vous lui avez proposé d’effectuer la tâche acrobatique de séparer le module lange du corps de l’enfant. Il vous avait répondu:
- Tu en es vraiment sûre?
Son hésitation masquait une joie retenue depuis si longtemps: celle d’être admis dans le saint des saints de la maternité et de découvrir tout ce que les arcanes de la croissance rejettent de déchets organiques, comme des copeaux dans l’atelier d’un luthier.
Je vois encore une autre raison importante d’encourager les pères à s’occuper de cette matière première. En participant à la basse besogne, il se prépare à faire face à ces paroles douloureuses et explosives que tout adolescent qui tient à se réaliser pleinement - paraît-il - ne manque pas de dire un jour à des parents dépassés:
- Vous m’em...dez!
Il pourra se souvenir, en regardant le rebelle acnéique qui a tout vu et tout vécu, du bon soin qu’il aura pris de lui, à toute heure du jour et de la nuit, pour qu’il ne macère pas dans ses langes. Et il saura que ses propos n’ont pas une consistance bien différente de celle de ses premiers transits. Le jeune homme ou la jeune femme en devenir, pour ne pas être des constipés du vivant, doivent rejeter ce qui n’a pu être métabolisé. Il en va de leur santé. Malheureusement, aucun fabricant ne propose de protection pour canaliser ces éructations revendicatrices et provocatrices. Il ne reste donc aux parents qu’à éponger au mieux, et avec patience, sans en rajouter une couche, ces mots qui ne manquent pas de sel. Et de se consoler en songeant que c’est une des missions de toute bonne éducation de permettre aux enfant de s’extraire de leur bourbier premier pour prendre leur envol.
Amen.
J'ai observé ses efforts titanesques, ses tentatives entêtées pour y parvenir, encore et encore et encore. Puis hier, hop!, d'un coup de hanche énergique, ça y est, elle s'est mise debout sous mes yeux ébaudis. Miracle. En quelques mois, elle a accompli ce que l'espèce a mis des milliers d'années à accomplir.
Elle vient de franchir une étape clé. Perchée là-haut, elle va maintenant acquérir le sens de l'équilibre, trouver son centre de gravité.
Elle vient de franchir une étape clé. Perchée là-haut, elle va maintenant acquérir le sens de l'équilibre, trouver son centre de gravité.
Elle est toute tranquille. Elle est étendue, la tête contre moi, sur le canapé, en train de castoriser un de ces petits biscuits pour les sans-dent. Nous écoutons de la musique pour elle, mais nous rêvassons tous les deux. Le soir se couche. Dans la maisonnée, nous entendons les gens rentrer de leur travail. Chacun vaque à ses occupations. Bonheur.
Je découvre que bon nombre d'interlocuteurs n'ont plus la capacité de se concentrer sur ce que vous leur dites au-delà d'une toute petite minute. Selon le principe de la pub, si ce que vous avez à dire ne correspond pas à leur intérêt immédiat, ils décrochent, et vous voyez qu'ils sont absents et ne prennent même pas la peine de faire l'effort d'entrer dans votre propos. Ils ne sont pas concernés, donc ça ne les intéresse pas. Quelle mollesse psychique, quelle carence des dispositions intérieures! Et le pire, ce sont ceux qui acquiescent mécaniquement, comme des bovidés.
Etonnant d'avoir pu croire en surface durant toute une vie. Effectivement, dans ce cas je trouve que Pierre Bavaud fait preuve d'un athéisme, comment dirais-je... salutaire?
http://www.24heures.ch/actu/suisse/80-ans-ecrivain-chretien-michel-bavaud-ne-croit-dieu-2011-12-12
http://www.24heures.ch/actu/suisse/80-ans-ecrivain-chretien-michel-bavaud-ne-croit-dieu-2011-12-12
Héberger un site est une opération devenue pour le moins aisée. Héberger mon semblable, que je ne connais pas, qui ne m’est rien ni ne m’impose aucun devoir, parce qu’il est dans la nécessité, l’affaire est bien différente. Il a besoin d’un toit, pour une nuit, quelques jours, bien, bien, tant que ce n’est pas le mien, tant qu’il ne vient pas déranger ma petite paix de bibelots bien rangés. Et puis il pourrait me piquer mon ifaune en repartant ? Oui, cet escargot sans coquille me fait faire la grimace. Pourquoi sa présence me met-elle en déroute alors que c’est lui qui est au bord de la route. Peut-être parce que chaque jour de ma vie j’ai eu un toit, un foyer qui m’attendait. Mais lui, temporairement du moins, il n’a plus ce havre vital. Et en Suisse, ne pas être très précisément localisable, c’est louche. Le bohémien est malvenu, on se méfie des semelles de vent. S’arrêter là où tout le monde passe vous rend aussitôt suspect.
Je comprends à ma réaction que je considère celui que je ne connais pas comme un danger potentiel. Je préfère encore donner de quoi dormir en espèce à un inconnu de mon espèce plutôt que de lui offrir l’hospitalité. Pourtant c’est un si beau verbe, héberger, qui devient par un jeu de mot facile l’appel au berger : Hé, berger !. Un verbe voyageur, comme une auberge sur le chemin, qu’elle soit de jeunesse ou pour le pèlerin, un lieu où trouver le gîte et le couvert, un atterrage sur la route. C’est un des verbes premiers de la langue française, de ceux qui prennent bon soin d’autrui : on héberge toujours quelqu’un, un toi qui cherche un abri, de fortune ou hors de prix. Être hébergé dit la nécessité d’être protégé, comme on a besoin d’être nourri, soigné ou aimé. Mais sous nos latitudes le sens de l’hospitalité s’est perdu au profit de nos individualités cadenassées. Dire le contraire reviendrait à dire que le berger ment...
Je comprends à ma réaction que je considère celui que je ne connais pas comme un danger potentiel. Je préfère encore donner de quoi dormir en espèce à un inconnu de mon espèce plutôt que de lui offrir l’hospitalité. Pourtant c’est un si beau verbe, héberger, qui devient par un jeu de mot facile l’appel au berger : Hé, berger !. Un verbe voyageur, comme une auberge sur le chemin, qu’elle soit de jeunesse ou pour le pèlerin, un lieu où trouver le gîte et le couvert, un atterrage sur la route. C’est un des verbes premiers de la langue française, de ceux qui prennent bon soin d’autrui : on héberge toujours quelqu’un, un toi qui cherche un abri, de fortune ou hors de prix. Être hébergé dit la nécessité d’être protégé, comme on a besoin d’être nourri, soigné ou aimé. Mais sous nos latitudes le sens de l’hospitalité s’est perdu au profit de nos individualités cadenassées. Dire le contraire reviendrait à dire que le berger ment...
Le petit enfant dans son parc. On ôte deux barreaux, ce qui lui permettrait de passer, mais il se tient à genoux face au vide et ne voit pas qu'il peut venir vers vous. On sourit de son hésitation, en se demandant toutefois combien de barreaux furent ôtés dans notre vie sans que nous saisissions l'opportunité de nous dépasser.
L'exercice du 10h à la banane écrasée. Résultat: canapé couvert, fringues à changer, cheveux aromatisé, visage de la petite tartiné, le tout en trois cuillères. Se réjouit du réveil de la petite pour voir comment elle va m'éternuer ces pâtes sur le visage. Pendant ce temps, la mère se fait faire les ongles et va shoppinguer. Est-ce qu'au XIXe siècle pareille situation eût été possible à l'heure de l'apéro?
Je lis avec une infinie méticulosité le chapitre "sommeil du petit enfant" et je frémisau passage "il n'y a pas de recette mais..." en priant Morphée pour que malgré tout la recette marche, recette qui prend 21 jours, bon, même pour cuire un bon gigot il ne faut pas autant de temps, mais 21 jours, c'est peu de chose finalement (je me répète, "c'est peu de chose, c'est peu de chose"). Je n'attend que le réveil de la maman pour lui mettre sous le nez le passage: "ne mettez JAMAIS l'enfant dans votre lit, il y sera encore à l'adolescence"... 21 jours contre 18 ans, oui, ça doit être jouable. J'ai déjà fait l'erreur avec le chien (mais le chien, lui, au pire ronfle, mais en tout cas ne babille pas des histoires toute la nuit!)
C'est très bien que les personnes qui dessinent les vestes d'hiver pour enfants rêvent de look chic et choc pour les petiots, mais si en plus ils pouvaient prendre quelques minutes pour se demander si ces vestes peuvent se mettre et s'ôter facilement, ce serait une bonne chose. Ce qui est un détail pour le Créateur peut devenir une corvée répétitive pour l'humble parent.
Le père:
- Je ne me laisserai pas manipuler par ce truc qui veut me faire marcher toute la nuit pour s'endormir.
La mère:
- Ecoute, on vient de rentrer, je ne crois pas que ce soit un caprice, tu pourrais te montrer plus doux.
Le père:
- Elle veut nous prendre en otage. En OTAGE, je te dis! En otage! Bientôt il faudra payer un bakchich pour avoir le droit de vivre en paix chez soi!
La mère:
- Tu as vu sa taille? Tu trouves qu'elle a la dégaine d'un malfrat? Elle n'a ni cartouche en bandoulière, ni cravate...
Le père:
- C'est bien pire, elle a pris l'aspect d'une toute petite fille, c'est une manipulatrice.
Et ainsi de suite, lui convaincu que les enfants sont des pervers polymorphes (surtout quand ils ne veulent pas dormir) et elle qui fait front de toute sa tendresse maternelle contre cette incompréhension du mâle brutale, sommaire, impatient.
Résultat: on va finir par s'entendre autour d'un bock de lait supplémentaire pour noyer l'affaire.
- Je ne me laisserai pas manipuler par ce truc qui veut me faire marcher toute la nuit pour s'endormir.
La mère:
- Ecoute, on vient de rentrer, je ne crois pas que ce soit un caprice, tu pourrais te montrer plus doux.
Le père:
- Elle veut nous prendre en otage. En OTAGE, je te dis! En otage! Bientôt il faudra payer un bakchich pour avoir le droit de vivre en paix chez soi!
La mère:
- Tu as vu sa taille? Tu trouves qu'elle a la dégaine d'un malfrat? Elle n'a ni cartouche en bandoulière, ni cravate...
Le père:
- C'est bien pire, elle a pris l'aspect d'une toute petite fille, c'est une manipulatrice.
Et ainsi de suite, lui convaincu que les enfants sont des pervers polymorphes (surtout quand ils ne veulent pas dormir) et elle qui fait front de toute sa tendresse maternelle contre cette incompréhension du mâle brutale, sommaire, impatient.
Résultat: on va finir par s'entendre autour d'un bock de lait supplémentaire pour noyer l'affaire.
Tout nouveau parent se découvre une troisième oreille qui veille malgré lui, de manière presque instinctive et animale, celle qui se demande pourquoi elle dort tant ou pourquoi elle ne dort pas, et puis, respire-t-elle, et on sait qu'elle respire, mais si elle ne respirait pas, mais elle respire, alors on est content de voir qu'elle respire, mais on va quand même vérifier, comme ça, pour le plaisir de voir qu'on s'était trompé, et d'ailleurs, si elle avait dû ne pas respirer chaque fois qu'on se demandait si elle respire, on aurait déjà décimé la moitié de la population de la ville, mais vous voyez, soudainement, on se surprend à être très primaire: que la ville ne respire pas, bon, ce n'est pas notre faute... Mais elle!
Quelques jours à Addis Abeba suffisent à me convaincre, si besoin en était, que ce n'est qu'une loterie de naissance qui nous fait naître à tel ou tel endroit. Aucun mérite personnel là-dedans, et en aucun cas, c'est une évidence, un motif pour en conclure à une quelconque supériorité des uns sur les autres. Il faudrait d'ailleurs être complètement demeurés pour se prévaloir d'être un nanti.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...


