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«Kekhlioudov avait toujours hésité entre deux sentiments contraires à l'égard de Missy. Tantôt il la voyait à travers des yeux mi-clos ou comme dans un clair de lune, et alors tout en elle paraissait merveilleux: il la trouvait fraîche, belle, intelligente, naturelle.  Tantôt éclairée par les rayons d'un soleil éclatant, il voyait ses imperfections. Et c'est sous ce jour qu'elle lui apparaissait en cet instant. Il voyait toutes les rides de son visage, il découvrait l'ondulation artificielle de ses cheveux, ses coudes pointus, et surtout, il était frappé par la largeur de l'ongle de son pouce qui rappelait étrangement l'ongle de son père.» (Tolstoï, Résurrection, Folio, p. 150)

«Et surtout il était frappé par la largeur de l'ongle de son pouce...»: c'est à ce genre de détail absolument anodin et génial qu'on reconnaît aussi les grands écrivains. Ce sont ces petites observations qui soutiennent de manière vivante un roman de plusieurs centaines de pages, qui nous font entrer dans la peau des personnages, leurs humeurs. Nous avons tous un jour où l'autre remarqué une certaine conformation d'une oreille, d'un nez, d'une main qui soudain, sans que l'on ne s'explique pourquoi, entre dans une déplaisante résonance avec une autre oreille, un autre nez, une autre main.


Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?