-- Jean Sulivan, D'amour et de mort à Mogador.
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Il est par ailleurs rassurant de savoir que nous sommes si nombreux à chercher à reprendre contact avec une part plus essentielle de nous-mêmes, une part nourricière et dont nos manuels scolaires ne pipaient pas mot et que notre enseignants de littérature ou de philosophie ignoraient au profit de tropes ou de concepts dont nous n'avions cure. On nous a donc laissé le soin de compléter le cœur de notre éducation.
Cette vieille dame, qui vient de reprendre un jeune labrador fougueux qu'elle n'éduque pas, et qui va inévitablement lui poser des problèmes et lui rompre les os. Le précédent, un labrador également, jeune, mort je ne sais plus trop pourquoi, avait exactement le même comportement incontrôlable, et elle n'en finissait pas de batailler, arcboutée sur la laisse pour ne pas se laisser entraîner et lui répétant à tout bout de champ:
- Mais tu ne comprends donc rien! Mais tu ne comprends donc rien!
Et il est évident que c'est elle qui n'y comprend rien, vu qu'elle agit de la même manière avec chaque chien, sans s'apercevoir que c'est bien à elle qu'il incombe de changer d'attitude. Et elle n'a pas manqué de me dire l'autre jour, qu'elle avait toujours eu des chiens. Je trouve ce genre de remarques très éclairantes. Avoir toujours eu des chiens, comme avoir eu plusieurs enfants, ne signifie en rien qu'on sache s'en occuper. Le nombre n'est pas un critère de sagesse, une possibilité d'expériences bien entendu, mais en rien une garantie d'une quelconque capacité à s'occuper d'un enfant ou d'un chien. Il ne suffit pas de se trouver en situation pour acquérir les compétences nécessaires. Le fait d'être dans l'eau peut être propice à apprendre à nager...ou à se noyer.
- Mais tu ne comprends donc rien! Mais tu ne comprends donc rien!
Et il est évident que c'est elle qui n'y comprend rien, vu qu'elle agit de la même manière avec chaque chien, sans s'apercevoir que c'est bien à elle qu'il incombe de changer d'attitude. Et elle n'a pas manqué de me dire l'autre jour, qu'elle avait toujours eu des chiens. Je trouve ce genre de remarques très éclairantes. Avoir toujours eu des chiens, comme avoir eu plusieurs enfants, ne signifie en rien qu'on sache s'en occuper. Le nombre n'est pas un critère de sagesse, une possibilité d'expériences bien entendu, mais en rien une garantie d'une quelconque capacité à s'occuper d'un enfant ou d'un chien. Il ne suffit pas de se trouver en situation pour acquérir les compétences nécessaires. Le fait d'être dans l'eau peut être propice à apprendre à nager...ou à se noyer.
Lu un bout d'analyse sur la position d'une femme en tant que mère dans notre société, analyse qui ressemble fort à de la bouillie pour mort par ailleurs, dans lequel il est dit qu'un enfant a souvent raison de la vie amoureuse d'un couple. Statistique à l'appui, bien entendu, comme ça personne n'est concerné. Mais je retiens cependant une chose: qu'à mon sens la vie amoureuse d'un homme et d'une femme est la condition indispensable à la bonne croissance de l'enfant et des parents, sans quoi ils ne deviennent plus que des domestiques du vivant, nettoyant l'étable, menant la progéniture à l'école et autres tâches incontournables et nécessaires. C'est utile, certes, mais ce n'est pas nourrissant. L'enfant absorbe, comme une plante le soleil, l'amour qui se dégage du foyer parental.
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