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Ils se sont à nouveau trouvé face à un homme assis derrière un bureau, en blouse blanche, encore plus qualifié: un Professeur cette fois-ci. Il leur a expliqué avant tout que, dans ce domaine, on ne savait pas grand-chose, et que tout ça restait quand même très mystérieux. Cet aveu d'humilité les a rassurés de la part d'un spécialiste, même s'ils commençaient malheureusement à bien s'en rendre compte, qu'on ne peut pas grand-chose.

[Lire toute la chronique]
La vie m’a dévalisé. Elle m’a braqué et m’a dit:
- Haut les mains! Rends-toi! Tu es cerné, rien ne sert de résister.

Tout chancelant, je lui ai tendu mon porte-monnaie, mais elle s’est aussitôt écriée:
- Ah! Scélérat! Tu croyais t’en tirer à si bon compte! Mais tu ne m’auras pas comme ça!
- Mais alors, que voulez-vous, lui dis-je?
- Je veux que tu me rendes les êtres et les choses que tu retiens en otage!

J'ai l'écriture vocative, interlocutive même, je m'adresse toujours à quelqu'un, nonchalant qu'il m'écoute.
La poésie est un apprentissage de la vie intérieure. Elle nous initie au langage des émotions. Si elle n'est pas toujours facile à lire, c'est parce qu'avec les noms communs, qui sont ceux de tous les jours, ceux que nous utilisons pour demander un café ou notre chemin, le poète crée une petite sculpture de mots et de rythmes. Il oeuvre à rendre une émotion audible, tout en veillant à dénaturer le moins possible sa forme originale. Le poète met au monde nos sensations.

Chronique en cours sur la poésie. Il ne m'a fallu pas moins de dix jours pour cerner ce que je voulais dire.
Je suis un petit-fils étonné. Mon grand-père est mort un jour pluvieux de juillet, dans le grand hôpital qui, vu de loin, semblait voguer dans la nuit. Une infirmière était venue m'annoncer la nouvelle. Il était parti quelques minutes avant mon arrivée.

La forme de la chronique me convient parfaitement. Au-delà de 6'000 caractères, je me dilue, 6'000 caractères espaces compris, sans lesquels mes mots ne tiendraient pas ensemble.
- Êtes-vous heureux?

Votre question m'embarrasse. Elle lève en moi un fond de bouderie triste. Je suis incapable de répondre "oui" sans avoir aussitôt l'impression de me dévoiler. Je crains qu'une réponse affirmative éveille un dieu malveillant qui chercherait à me mettre à mal.

Etonnamment la critique, loin de me décourager, libère des forces nouvelles et me stimule à m'engager encore plus avant dans mes petits travaux d'écriture. Comme cette remarque d'une Dame d'une maison d'édition française à propos de mes chroniques:

- "Pour le moment, les textes me paraissent inégaux et d’une écriture où l’effet littéraire est un peu trop intentionnel pour rendre fidèlement la simplicité du familier que vous célébrez."

Après quelques secondes d'abattements où j'ai l'impression que mes textes ne sont que de la gadoue, je rebondis sur cette remarque, "rendre fidèlement la simplicité du familier" que je garde comme un repère pour m'appliquer à dire avec encore plus de minutie ce qu'évoque le quotidien.
Dans le tilleul, près de ma maison, le merle s’en donne à cœur joie et fait vibrer le monde de ses trilles lumineux. Il revêt dès l’aurore son habit de concert et se met aussitôt au travail.


Ce passage magnifique de votre livre A la recherche du rameau d’or:

“Choses que j’ai aimées. Que j’aime encore. A n’en plus finir, je vous dirai. Jusqu’à ce que tombe la plume de mes mains. Et qu’un jour de pluie ou pas de pluie, un homme, jeune encore, la reprenne. Pour dire, contre le mensonge, et l’imposture; contre les faux ordres du monde; contre le cynisme et la dégradation; et comme du fond des catacombes où se cachent tout amour, toute graine, les choses que lui aussi a aimées: l’amour, si douloureux soit-il. Et l’amitié. La confiance. Le merle. Une averse.
Et ainsi de suite.”


Fargue, le poète protecteur de tous les chroniqueurs qui s’essaient à l’art du “moment intellectif".
Alexandre Jollien à propos de... moi! "Frédéric Rauss jette un regard sur le monde presque subversif. En célébrant le quotidien, en faisant l’éloge du familier, il nous invite sans cesse à nous rejoindre et à habiter le fond du fond."
J'écris une chronique qui va ailleurs. J'essaye de bidouiller quelques synonymes, mais elle, je le sens bien, elle veut être refait de neuf. L'orgueilleuse!
Quelqu'un à propos de mes chroniques:

Quelqu'un - C'est triste, il y a une grande mélancolie.
Moi - Evidemment, certaines d'entre elles, par leur dimension poétique, font appel à des émotions qu'on ne ressentirait pas à la lecture du catalogue des saucisses Bell, par exemple.
Quand je regarde tous les livres que j'ai envie de lire, j'ai l'impression d'être face à un arc-en-ciel de savoirs, d'émotions et de beautés qui va entrer en moi et je me demande si ma focale humaine sera assez résistante pour le recevoir et ne pas voler en éclats multicolores. Je compte sur ma gloutonnerie pour accueillir ces textes et fleurir en milles chroniques et merlinades fruitées.
Le royaume familier dont je tente de rendre compte dans les chroniques merlines n'évoque rien d'autre que la vie ordinaire, le quotidien, ces petits gestes ou ces instants qui passent presque inaperçus au yeux de chacun.
- Tu commences parfois à écrire comme un pasteur fait ses sermons le dimanche!

- Je sais...
Jean-Louis Kuffer me rappelle avec justesse que l'écriture web pourrait prêter à certains effets trompeurs. Se méfier de l'effet, se méfier de l'effet, se méfier de l'effet, il n'y a rien de pire que le brushing verbal! Je crois que je vais recommencer à écrire la première version de mes chroniques à la main, pour mieux creuser le sillon de mes phrases.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?