En regardant le mot ÉMERVEILLÉ sur la tranche d'un livre retourné, j'ai cru lire ÉMERÉVEILLÉ, et pendant une partie de la matinée j'étais convaincu que j'avais fait une découverte, n'ayant jamais remarqué ce É dans le mot. C'était une évidence, qui s'émerveille, est réveillé, pleinement présent. Jusqu'à que je m'aperçoive que j'avais été victime d'une instructive illusion d'optique.
«Tu cherches le paradis, tu voudrais arriver
Là où tu échapperas aux douleurs et à l'inquiétude.
Apaise ton cœur, rends-le pur, rends-le blanc,
Et tu seras, dès ici-bas, dans un tel paradis.»
- Angelus Silesius
La paix du cœur avant toute chose.
Là où tu échapperas aux douleurs et à l'inquiétude.
Apaise ton cœur, rends-le pur, rends-le blanc,
Et tu seras, dès ici-bas, dans un tel paradis.»
- Angelus Silesius
La paix du cœur avant toute chose.
«Anco», encore... Ce petit mot, presque rien, qu'elle prononce en me tendant son biberon, marque un pas aussi important que le jour où elle s'est mise debout toute seule. C'est une entrée dans le monde du langage, qu'elle utilise comme levier pour obtenir ce qu'elle veut sans avoir à s'exprimer avec tout son corps pour se faire comprendre. Comme le «oui» qu'elle a acquis récemment - auparavant elle tirait la langue en haletant pour le dire, et qui vient contraster le «non» monolithique dont elle usait par plaisir de déguster ce nouveau pouvoir, mais aussi parce qu'elle n'arrivait pas encore à le contrebalancer par l'affirmative. A une vitesse prodigieuse, elle a acquis la capacité à distinguer et à faire savoir ce qu'elle veut de manière très précise. «Anco», «oui», «non»: trois couleurs fondamentales sur une palette expressive qu'elle va élargir, affiner pour apprivoiser le monde dans lequel elle vit et participer à le créer.
Je n'en finis pas d'admirer comme chaque jour, elle fait bien son jour, nonchalante de demain ou d'hier, vivant au présent, dans le mille, au cœur des choses. Peut-être que sa petite taille favorise son acuité à bien voir où se situe l'essentiel. C'est après, en grandissant, qu'on y voit moins clair, qu'on se laisse déporter de son centre et que les soucis commencent à nous rouiller. Oui, je crois que cette leçon de présence, seuls les enfants peuvent nous l'apprendre.
Le Clézio à propos de cet Millet (l'auteur et relecteur de chez Gallimard qui n'a pas perdu d'enfant dans la tuerie norvégienne et se plaît à louer la dimension esthétique du carnage):
«Au nom de quelle liberté d’expression, à quelles fins, ou en vue de quel profit un esprit en pleine possession de ses moyens (du moins on le suppose) peut-il choisir d’écrire un texte aussi répugnant?»
http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20120905.OBS1306/exclusif-le-clezio-repond-au-texte-repugnant-de-millet.html
«Preparing for death is one of the most empowering things you can do. Thinking about death clarifies your life.» (Candy Chang)
Conférence TED de Candy Chang.
http://www.ted.com/talks/candy_chang_before_i_die_i_want_to.html
Conférence TED de Candy Chang.
http://www.ted.com/talks/candy_chang_before_i_die_i_want_to.html
J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du magazine Gala ou Voici. J'y ai appris que Jackie Kennedy aimait ses enfants. Bien. Que pour calmer ses angoisses elle dépensait des centaines de milliers de dollars sur le dos de ses maris. Bien. Qu'elle a quand même connu des coups durs où elle n'avait que 150'000 dollars par an et toutes ses factures payées par Joe Kennedy. Bien. Qu'elle était cultivée. Bien. Que personne ne l'avait jamais soumise, mais qu'elle avait quand même fait amende honorable auprès d'Aristote Onassis quand il a menacé de baisser son pourcentage sur l'héritage. Bien. Que tout ça c'était la faute de son papa et sa maman. Bien. Mais qu'il ne lui était jamais venu à l'idée de faire autre chose de ses millions que de s'acheter des chaussures, sauf à la fin de sa vie, enfin ce n'est pas très clair. Bien. Que cette femme était plus que son image. Bien. On referme le livre et on se dit: bon, voilà.
Pour tous ceux qui ont un animal qu'ils ont aimé, et qui vient de disparaître, je relève ce message chaleureux de ma commune (non, non, mon chien va bien, je notais juste le ton qu'un être humain peut utiliser pour communiquer avec un autre être humain dans un cadre administratif):
«Les chiens décédés sont à annoncer au Bureau communal, dans les meilleurs délais, en fournissant une copie de la facture du vétérinaire en cas d'euthanasie, voire la quittance de la taxe d'équarrissage.»
La taxe d'équarrissage étant l'abattage et dépeçage d'animaux impropres à la consommation alimentaire - au cas où vous souhaiteriez cuisiner votre chat en souvenir par exemple. J'imagine qu'il est aussi possible d'amener la dépouille de l'animal directement à la commune.
Pouésie, pouésie, quand tu nous tiens...
«Les chiens décédés sont à annoncer au Bureau communal, dans les meilleurs délais, en fournissant une copie de la facture du vétérinaire en cas d'euthanasie, voire la quittance de la taxe d'équarrissage.»
La taxe d'équarrissage étant l'abattage et dépeçage d'animaux impropres à la consommation alimentaire - au cas où vous souhaiteriez cuisiner votre chat en souvenir par exemple. J'imagine qu'il est aussi possible d'amener la dépouille de l'animal directement à la commune.
Pouésie, pouésie, quand tu nous tiens...
Cet ami qui me raconte qu'une fille en pince pour lui, mais qu'elle lui a demandé s'ils pouvaient se voir en secret, car elle redoutait le regard de ses copines qui se moqueraient d'elle parce qu'elle n'a pas trouvé un mec mieux que lui.
Je trouve extraordinaire qu'une personne disposant d'outils aussi prodigieux qu'un cerveau et une sensibilité puisse formuler une phrase pareille sans que quelque chose de fantastique lui arrive - sa langue se détacherait de sa bouche par exemple, ou sa cervelle s'écoulerait en liquide grisâtre par son oreille gauche. Et si, en plus, j'ajoute que l'ami en question est africain...
Je trouve extraordinaire qu'une personne disposant d'outils aussi prodigieux qu'un cerveau et une sensibilité puisse formuler une phrase pareille sans que quelque chose de fantastique lui arrive - sa langue se détacherait de sa bouche par exemple, ou sa cervelle s'écoulerait en liquide grisâtre par son oreille gauche. Et si, en plus, j'ajoute que l'ami en question est africain...
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...