Je me demande si ce n'est tout de même pas très récent dans l'histoire du livre cette mise en scène pathétique et narcissique de l'écrivain contraint de se donner à voir pour espérer être lu. Etre vu pour vendre, et non plus être découvert suite à la lecture, ah! c'était donc vous, je suis ravi de rencontrer l'auteur, comme on pousse la balade un plus loin vers une intimité, un univers, en se rapprochant du noyau ré(d)acteur. Mais avant que l'auteur ne prenne la parole, ce sont ses écrits qui l'ont précédé et non la brise médiatique qui fait souffler les mille et une feuilles de l'édition.
Ceci dit, j'espère qu'on me lira. Nous ne sommes pas à une contradiction près après tout.
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Jean Guitton était-il vraiment un sympathique et brillant vieillard vaniteux ou jouait-il un rôle? Pensait-il vraiment qu'on allait prendre au pied de la lettre son hagiographie de Marthe Robin où il ne fait que se sanctifier lui-même, affirmant avec le plus grand sérieux qu'elle n'avait rien mangé ni bu pendant quarante ans, qu'elle lévitait, qu'elle avait les stigmates et qu'il avait mis les doigts dans les trous - comme il le dit lui-même. Je me demande si Bergson, dont il mentionne au cas où nous l'aurions oublié, qu'il était l'héritier, aurait reconnu son disciple dans ce fabulateur talentueux.
«Le bouddhiste n'aime pas son frère par amour pour son frère mais par amour pour soi-même, pour éviter la douleur, pour surmonter l'égoïsme, pour faire un pas vers l'anéantissement. Son amour universel est glacé et intéressé, égoïste: une sorte d'indifférence stoïcienne aussi bien à la douleur qu'à la joie.» (Giovanni Papini, Histoire du Christ).
Cet égocentrisme anesthésiant est une dérive possible commune à toutes les religions. On se fait un petit autel, on met des fleurs, un peu de sainte musique, et on se reluque le nombril.
Cet égocentrisme anesthésiant est une dérive possible commune à toutes les religions. On se fait un petit autel, on met des fleurs, un peu de sainte musique, et on se reluque le nombril.
Formidable ce bonhomme très imbu de lui-même qui n'a écrit qu'un livre et qui dit, lors d'une interview, qu'en fait il en a déjà écrit plusieurs, mais qu'il a choisi de ne publier que celui-ci. Il faut oser dire un truc pareil, surtout que vu la vanité du gaillard, on ne doute pas que s'il avait pu en publier un autre, il n'aurait pas hésité.
L'épouvantable narcissisme de l'écrivain intransitif et intransigeant, qui ne parle de lui et se sert de son livre comme d'un escabeau pour hisser son nombril à hauteur des regards, alors que l'écriture devrait être servante et l'auteur un serviteur, conscient qu'il est toujours au-dessous de son sujet et de la réalité qui l'a inspiré.
"Me méfie de tout ce qui ressemble à des techniques de l'âme: méditations transcendentales; élévations; rapport de maître à disciple; gourous, etc. (à propos des sagesses orientales). L'amour qu'on porte à des êtres ou celui qu'on met à faire telle chose, plus important que toutes ces machinations psychiques; où c'est toujours le moi, en définitive et sous des formes subtilement trompeuses, camouflées, qui est au centre." (Georges Haldas, Les Carnets du désert).
Je suis bien d'accord.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...