Avec les ceuxquicellesqui de Jean-Louis Kuffer, on a toujours un peu la trouille d'être passé à la moulinette et de se mirer de travers. Ce qui, soit dit en passant, n'est pas un mal, se faire moudre l'ego est excellent pour pour se remettre à l'endroit. Mais le coup de scalpel est parfois d'une telle justesse qu'on a l'impression de se retrouver tout nu.
Cette vieille porte d'un des couloirs de l'hôpital à laquelle on a adjoint un bras motorisé afin de la forcer à continuer à servir, et qui grince sur ses gonds jour et nuit, comme une vieille dame très fatiguée et un peu sénile - elle s'ouvre régulièrement sans aucune raison. On lui a collé sur la vitre une pancarte notifiant son châtiment: PORTE AUTOMATIQUE.
Peur du vide, manque de confiance dans mes ressources scribouilleuses? Quoi qu'il en soit, chaque fois que je me précipite pour me lancer dans une chronique qui n'est pas encore mûre et que je l'ouvre, j'ai le goût de mots acides et verts dans la bouche et je vois bien que le fruit ouvert n'est pas arrivé à maturité.
Le corps aimé quand il se dévoile est aussi intense que la lumière qui inonde la fissure fendillant la coquille du poussin, la neige lézardée par le piolet du sauveteur qui vient chercher le malheureux randonneur tombé dans une crevasse, l'explosion de petites fleurs sur un mur qui fait la nique au béton. Le corps aimé qui se dévoile est invisible pour l'œil de l'amant éblouit, c'est trop, beaucoup trop. Il n'en devine les contours que grâce à une fine lamelle de pupille, son regard mettra du temps, beaucoup de temps à prendre la mesure du bonheur qui lui arrive.
Christian Bobin écrit que «la contemplation vous donne ce que l'information ne vous donnera jamais. [...] La racine de la vue est la contemplation. Et la racine de la contemplation, c'est l'attention.» Et nous pourrions continuer en disant que la racine de l'attention est la disponibilité, et la racine de la disponibilité est la capacité de se désencombrer, et la racine du désencombrement est le choix, et la racine du choix est la détermination, et la racine de la détermination est l'amour qui nous porte à nous donner pour ceux qu'on aime, ce qu'on aime et la racine de cet amour est d'être présent qui nous permet de sentir que c'est par là qu'il nous faut aller et d'avoir le courage de faire ce choix, de se rendre disponible pour y mettre son attention et considérer le quotidien avec un regard chargé de bienveillance.
Je trouve qu'un homme en short avec des mocassins ou des chaussures de voile qui pousse une poussette toute neuve avec le sac assorti dans les mêmes tons à toujours l'air un peu caricatural voire même ridicule dans sa manière d'assumer son rôle tellement gentil gentil. Cependant, je ne crois pas que si la poussette était délabrée et qu'il était en voie de clochardisation, la question soit résolue. Le problème est donc ailleurs. Peut-être dans l'émasculation version XXIe de la figure du père.
«Entretenir le vide dans l'esprit, c'est un exploit, et un exploit rudement salubre. Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas voir de journal, ne pas entendre de radio, ne pas écouter de commérages, s'abandonner absolument, complètement, à la paresse, être absolument, complètement indifférent au sort du monde, c'est la plus belle médecine qu'on puisse s'administrer» - Henry Miller, Le colosse de Maroussi.
Me dérange qu'il n'y ait qu'à intercaler un I dans le mot fable pour la rendre anémique, alors qu'on sait bien pourtant que le roseau, la grenouille ou le rat. Je préfère sacrifier le F pour en faire une table, quelque chose de stable autour duquel on peut se réunir, ou lui donner un air de vacances avec un S, ou encore un C pour le torsader en un câble, ça peut toujours servir.
C'est avec plaisir que je constate que je suis à trois chroniques des deux cents chroniques... Pas dix, pas cinquante, pas cent, mais deux cents. Un blog, c'est tout de même un joli lieu d'expression, de créativité, de productivité. (Malgré son nom barbare qui me fait penser à une boisson suédoise.)
Parmi des souffrances à qui je rends grâce... Point d’achoppement. Nos souffrances, comme nos épreuves nous font grandir, je le sais bien. Je vois aussi qu’elles peuvent nous écraser, nous détruire, parfois lentement, durement, impitoyablement. Et là, il faut de rares prédispositions pour leur rendre grâce. Évidemment, il existe de grands humains dont les ressources sont prestigieuses. Mais moi... Bénir ce qui me fait mal... Bien... D’accord... Comment? Si la douleur n’est pas intolérable ou que l’adversité n’est pas trop violente, je peux envisager de faire une richesse de ce que j’aurai surmonté. Mais il ne faudrait pas que l’épreuve dure et soit trop dure...
[Lire toute la chronique...]
[Lire toute la chronique...]
http://www.ina.fr
Ce site est un chef-d'oeuvre, un cadeau. Passé la fine pellicule lolobridgidesque s'ouvre des trésors de merveilles, c'est hallucinant, de Duby à Thibon, de Malraux à l'Abbé Pierre, tous les Pivot, le Temps des cathédrales de Duby (!!)... Je regrette de savoir que je ne serai que centenaire! Et en plus ce site est un vrai site qui regorge d'ingéniosité web pour nous présenter ses ressources. Bravo! Bravo! Bravo!
Ce site est un chef-d'oeuvre, un cadeau. Passé la fine pellicule lolobridgidesque s'ouvre des trésors de merveilles, c'est hallucinant, de Duby à Thibon, de Malraux à l'Abbé Pierre, tous les Pivot, le Temps des cathédrales de Duby (!!)... Je regrette de savoir que je ne serai que centenaire! Et en plus ce site est un vrai site qui regorge d'ingéniosité web pour nous présenter ses ressources. Bravo! Bravo! Bravo!
Qui, à part nos épreuves, vient nous provoquer, nous enseigner, nous rappeler à nous-mêmes. L'entourage ne se prononce pas, n'ose pas ou est indifférent. Mais l'épreuve, comme un père, peut-être même mieux, vient nous tirer par la manche pour nous dire:
- Tu vas continuer longtemps à vivre une vie qui n'est pas la tienne?
- Tu vas continuer longtemps à vivre une vie qui n'est pas la tienne?
Typiquement le genre d'intellectuel qui a dû passer sa vie à lutter contre un élan du coeur auquel il n'a pas su faire confiance, alors il s'est efforcé de démonter, d'analyser, de rationaliser, de briser, de détruire, avec talent je n'en doute pas, avec une énergie hors du commun même, espérant stériliser jusqu'au dernier germe de vie qui pourrait subsister de ce qu'il a désespérément tenté d'annihiler. Et s'il faut ce niveau de compétence pour être athée... Non, c'est trop fatigant. Et j'ai le foie fragile, je veille à ne pas me soûler d'idée.
Heureusement, le propos est tellement massif (lisez le résumé fait par son compère Onavarié), qu'il n'a aucune chance de me contaminer.
Et je reprends un auteur que j'aime (Fargue, au hasard)... Quelques phrases.... tout s'illumine.
Lire l'article: http://www.lepoint.fr/grands-entretiens/michel-onfray-jean-soler-l-homme-qui-a-declare-la-guerre-aux-monotheismes-07-06-2012-1471224_326.php
Heureusement, le propos est tellement massif (lisez le résumé fait par son compère Onavarié), qu'il n'a aucune chance de me contaminer.
Et je reprends un auteur que j'aime (Fargue, au hasard)... Quelques phrases.... tout s'illumine.
Lire l'article: http://www.lepoint.fr/grands-entretiens/michel-onfray-jean-soler-l-homme-qui-a-declare-la-guerre-aux-monotheismes-07-06-2012-1471224_326.php
Inscription à :
Articles (Atom)
-
J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...
