Ce conflit en Syrie m'horrifie depuis le début en 2011. Je vis dans un monde où il est normal que des dizaines et des dizaines d'hommes et de femmes meurent chaque jour sans que personne ne fasse rien parce que c'est du sang qui ne vaut pas du pétrole ou de l'uranium et qu'à la table des négociations certains estiment que les choses vont se résoudre d'elles-mêmes.
J'admire celles et ceux qui ont le courage de donner à leur vie la hauteur d'un destin en allant porter secours sur place, malgré le danger, malgré la peur (les médecins sont torturés...). Même si eux ne cherchent pas à être admirés, car ils sont mus par un impératif, un appel intérieur auquel ils ne peuvent pas se dérober.
Et moi, si on me demandait demain d'accueillir deux enfants syriens le temps qu'ils trouvent une famille d'accueil, qu'est-ce que je ferais? Est-ce que je me confondrais en arguties pour expliquer que cela m'est difficile, vous comprenez, etc.? Ou bien est-ce que j'aurais le courage d'agir?
Voir le reportage de Temps Présent du 24 janvier 2013:
J'admire celles et ceux qui ont le courage de donner à leur vie la hauteur d'un destin en allant porter secours sur place, malgré le danger, malgré la peur (les médecins sont torturés...). Même si eux ne cherchent pas à être admirés, car ils sont mus par un impératif, un appel intérieur auquel ils ne peuvent pas se dérober.
Et moi, si on me demandait demain d'accueillir deux enfants syriens le temps qu'ils trouvent une famille d'accueil, qu'est-ce que je ferais? Est-ce que je me confondrais en arguties pour expliquer que cela m'est difficile, vous comprenez, etc.? Ou bien est-ce que j'aurais le courage d'agir?
Voir le reportage de Temps Présent du 24 janvier 2013:
Tu es en train de tricoter. Tu me prépares une écharpe qui ne me quittera pas de l’hiver. Je t’observe, et c’est avec émerveillement que je me découvre séduit par tes gestes simples, à mille lieues de tout érotisme. Tu me convies à un moment de paix et de tendresse. Tu dessines des boucles de laine avec habileté et rapidité. Cette image familière, tellement banale, me fait penser à nous et me donne profondément confiance. Un couple ne se bâtit pas sur de l’extraordinaire, mais bien au contraire sur des petits liens tissés au quotidien.
«Est mystique celui ou celle qui ne peut s’arrêter de marcher et qui, avec la certitude de ce qui lui manque, sait de chaque lieu et de chaque objet que ce n’est pas ça, qu’on ne peut résider ici ni se contenter de cela. Le désir crée un excès. Il excède, passe et perd les lieux. Il fait aller plus loin, ailleurs.»
-- Michel de Certeau
Encore et toujours dans le même café, je découvre que celui que je pensais être le patron ne l'est pas, mais que ce rôle est tenu par ce jeune homme plein d'allant qui entre en scène et va saluer chacun de ses collègues avec la fluidité d'une truite poussée par le courant des nombreuses affaires à régler. Au passage, il s'empare d'un geste leste d'une agrafeuse et va s'isoler à une table pour potasser un gros classeur.
Etonnamment, le sous-chef ne fait plus aucune allusion à la demoiselle.
Toujours dans le même café, trois serveurs pour une petite quinzaine de tables et un nom qu'ils prononcent tous tous azimuts:
- Danilo! Danilo!
Danilo, dont j'ai deviné en le voyant sortir un instant de son antre, qu'il était le cuisinier, la pièce centrale de cette petite scène de théâtre quotidienne qu'est un café.
Et lui, Danilo, il a tout le monde derrière lui, même si on sent bien qu'il ne préférerait pas.
- Danilo! Danilo!
Danilo, dont j'ai deviné en le voyant sortir un instant de son antre, qu'il était le cuisinier, la pièce centrale de cette petite scène de théâtre quotidienne qu'est un café.
Et lui, Danilo, il a tout le monde derrière lui, même si on sent bien qu'il ne préférerait pas.
Le patron qui dit à son attrayante employée:
- Je ne peux pas être toujours derrière toi, même si ça ne me dérangerait pas.
Et ceci, sans se rendre compte - ou avec l'intention - d'être entendu de tous, et même des clients, dont moi. Qui en prend aussitôt bonne note.
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a un certain flou dans leurs relations professionnelles qui, quand elles viennent à coller à l'épiderme du collègue, promettent de devenir vite très compliquées.
- Je ne peux pas être toujours derrière toi, même si ça ne me dérangerait pas.
Et ceci, sans se rendre compte - ou avec l'intention - d'être entendu de tous, et même des clients, dont moi. Qui en prend aussitôt bonne note.
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a un certain flou dans leurs relations professionnelles qui, quand elles viennent à coller à l'épiderme du collègue, promettent de devenir vite très compliquées.
«La discipline, c'est d'aimer ce qu'on aime.»
- Georges Perros -
Il faudrait vivre avec cette phrase chevillée à l'âme, tatouée sur le cœur. Elle dit l'essentiel qui est de se donner entièrement pour ce qu'on aime, pour ceux qu'on aime et de ne pas perdre de temps avec l'accessoire qui nous détourne si souvent d'eux.
- Georges Perros -
Il faudrait vivre avec cette phrase chevillée à l'âme, tatouée sur le cœur. Elle dit l'essentiel qui est de se donner entièrement pour ce qu'on aime, pour ceux qu'on aime et de ne pas perdre de temps avec l'accessoire qui nous détourne si souvent d'eux.
Pollueur payeur: expression bête et avilissante désignant une taxe visant à transférer le coût des entreprises qui ne font rien pour emballer leurs produits proprement sur le consommateur qui a la charge de les déballer. Désigne également les pays où le citoyen est obligé de peigner ses poubelles, de faire de la cosmétique des déchets quand il n'est pas invité à dénoncer ceux qui ont autre chose à faire.
Une personne qui m'était chère est partie, ou plutôt elle s'est éteinte comme si elle n'en pouvait plus des déchirements intimes qui l'assaillaient, ne lui laissant que de trop rares moments de sérénité. Alors sa vie s'est endormie, pour la laisser enfin en paix. Et je l'imagine maintenant heureuse, rayonnante de liberté et d'allégresse, déchargée du fardeau qui la meurtrissait. Elle, qui avait un don d'Enfance que j'ai rarement rencontré.
J'ai fait ma liste de résolutions 2013 plus tôt cette année, afin de pouvoir allégrement la piétiner en me jurant de n'en tenir aucune. En fait, je n’ai pas fait une liste: j’en ai fait une dizaine, histoire de m’amuser à projeter des portraits de ma petite personne auréolés de vertus diverses et variées par-dessus le mur de la nouvelle année, conscient qu’ils se désagrégeront en moins de temps qu’il ne faut pour les écrire sitôt qu’auront retenti les douze coups de minuit.
Des buts, se fixer des buts comme des mousquetons sur le calendrier, comme un filet jeté sur les 365 jours à venir pour ne pas patiner sur le grand planning vitrifié de la nouvelle année. Parce que nous ne pouvons pas rester là, en attendant le 1er janvier prochain, même s’ils se ressemblent tous. Et finalement, c’est une bonne chose de se sentir contraint à une certaine productivité dont nous tirons avant tout une satisfaction personnelle, et le plaisir d’être dans le coup, d’avoir aussi quelque chose à raconter, de montrer que nous avançons. Vers quoi? La grande affaire! Mais nous avançons. Chacun aura sa propre unité de mesure pour faire sa pesée de l’année prochaine et évaluer sa valeur. Le séducteur comptera en nombre de conquêtes à faire, l’anxieux en nombre d’angoisses surmontées, le cupide en argent gagné, le lecteur en livres lus, l’ambitieux en projets menés, l’écrivain en pages écrites, le paresseux en vaisselles pas faites, l'inspiré en siestes accomplies, et ainsi de suite. Chacun aspirera à ses victoires annuelles, ses rencontres, ses surprises, ses échecs.
Il y a le gagnant qui vous dira qu'il recommence l’année sur les chapeaux de roue, histoire d’impressionner le piéton. Lui, il en redemande, il remonte sur le ring, il sautille déjà et se fait rebondir dans les cordes. C’est un conquérant. Il y a le forçat pour qui c’est reparti pour un tour. Lui vous dira que ça va comme un lundi, quand bien même nous serons mardi. Il y a le dépressif qui se ronge à l’idée qu'il ne sera pas absous de ses humeurs noires au jours de l’an. Il y a le contemplatif qui examinera la composition de la jointure entre l’année écoulée et celle à venir, et qui n’y verra qu'une mise en scène des heures et des jours. Pourtant, la nouvelle année nous donne toujours un peu le sentiment de repartir à zéro, quand bien même nous ne faisons que continuer:
- Cette année, vraiment, je vais... Faire du jogging, perdre du poids, rencontrer le prince charmant, écrire un livre, déménager...
- Cette année, vraiment, je vais... Faire du jogging, perdre du poids, rencontrer le prince charmant, écrire un livre, déménager...
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...


