Elle s'est arrêtée en la voyant, elle a ouvert son sac et lui a dit:
- Tiens, tu peux choisir, je tricote toujours des couvertures que je donne aux petites filles. Comment t'appelles-tu?
- Louise, lui répond l'enfant.
- Comme moi s'exclame-t-elle!
Puis, sur le ton de la confidence, à la maman, en riant:
- Vous savez comment on me surnommait, moi? Loulou ou Louloute...
Elle a bientôt cent ans: elle vient tout juste d'en avoir deux, et deux petits miracles de femmes se sont face, dans un même esprit d'enfance et de joie, l'une et l'autre ont les yeux qui brillent de donner et de recevoir, comme un contrat tacite entre elles. Pour la petite, c'est un trésor, cette petite couverture, et c'est à cette occasion qu'elle a appris un nouveau beau et grand verbe: offrir.
- Offert à moi, Louise, offert..., me dit-elle le matin au réveil.
Elle me le dit avec beaucoup d'importance et de sérieux, parce qu'elle sait, elle, qu'elle a reçu ce que je ne peux appeler autrement qu'un petit bout de paradis, d'une mère grande de générosité, qui sait, un ange peut-être?
En tout cas à n'en pas douter, on ne m'a rien raconté de plus beau depuis le début de cette année.
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Le paradis doit certainement ressembler un peu à cela, ce paradis dont Hölderlin dit qu'il est réparti en petits morceaux épars autour de nous et que c'est à chacun de le reconstituer.
Gabriel Fauré Elégie in C Minor op. 24
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...