Lu dans un journal: «Les jeunes ne rêvent plus de voiture: désormais, le symbole de la réussite sociale serait plutôt le dernier iPhone.»
Raconte-moi le mystère d'être vivant sur Terre, sous la voûte étoilée...
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Stupéfaction de découvrir que le tchacaïon (terme désignant un charcutier allant de ferme en ferme) nous a quittés. Il venait de fêter ses 80 ans au mois de juillet. Déjà très malade - diabète, je le voyais régulièrement assis sur son banc, devant sa ferme, lorsque je rentrais du travail. Dès qu'il y avait un rayon de soleil, il était là. Nous discutions toujours quelques instants du climat qui a perdu la boule et des dictons météorologiques qui ont perdu le nord.
Pour Bonnie
La chatteAux yeux d'ors et de mystère
S'en est allée
Jamais plus
Je ne verrai
Cette compagne de l'aube
Boire l'eau des roses
Ni le jour naissant
Découper sa silhouette
Sur le rebord de la fenêtre
Mes siestes seront tristes
Sans les grelots
De son ronronnement roux
Jamais plus la nuit
Ne sera moins profonde
Que son pelage
Mais un clou étoilé
S'ajoute au ciel
De mes souvenirs félins
Rejoignant le panthéon
Des divinités souples
Qui ont toujours veillé
Sur mon foyer
Elle nous quitte
La minette un peu folle
Et sauvage,
Discrète surtout,
Qui fut toujours
La familière étrangère
Du logis
Celle que nul
N'apercevait
Celle qui jamais
Ne quêtait rien
Si ce n'est un peu
D'eau de rose
A l'aube.
Les situations graves - comme les grands moments rituels d'ailleurs - ont le mérite de révéler la qualité des liens que nous entretenons avec notre entourage, la capacité de sympathie, de soutien, d'intérêt, que des gens proches vous portent. Leur talent de prendre sur eux de possibles tensions, de les mettre de côté, parce qu'il y a une urgence et que nous sommes vivants sur terre aussi pour nous soutenir, nous entourer, et pas seulement pour nous juger. Et il est toujours blessant de se voir rappeler par les évènements qu'à l'endroit de certaines personnes (j'ai les noms comme dirait l'autre) il n'y a qu'une béance de compassion, rien, le désintéressement le plus total. Même pas fichus de prendre son téléphone pour appeler ou écrire. Et les demeurés de l'empathie peuvent même être très jeunes. Mais pourquoi s'étonner? Nous devrions être avertis que là où rien ne poussait, il est rare que quelque chose pousse. Mais nous attendons des miracles, sous la forme d'une pensée ou d'une attention, infime, mais vivante. C'est humain d'espérer des miracles, parfois. Un geste, un sourire, un mot, plutôt que l'insignifiance.
Espace adoption fait part du décès de Christine. J'ai eu la chance de la rencontrer et je dois dire que c'est une terrible nouvelle d'apprendre la disparition de cette femme de cœur et de courage. Ce genre de personne, on ne leur reconnaît pas le droit de partir - mais c'est leur droit, pas comme ça, pas si jeune. C'est inimaginable que quelqu'un qui a passé sa vie à entourer les autres n'y ait pas trouvé - ou pu accepter?, le soutien nécessaire. C'est tellement mystérieux, ces failles intimes qui soudain peuvent s'ouvrir sous nos pas. En tout cas Christine fait partie des êtres qui auront participer à donner du sens au verbe «adopter».
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