Les situations graves - comme les grands moments rituels d'ailleurs - ont le mérite de révéler la qualité des liens que nous entretenons avec notre entourage, la capacité de sympathie, de soutien, d'intérêt, que des gens proches vous portent. Leur talent de prendre sur eux de possibles tensions, de les mettre de côté, parce qu'il y a une urgence et que nous sommes vivants sur terre aussi pour nous soutenir, nous entourer, et pas seulement pour nous juger. Et il est toujours blessant de se voir rappeler par les évènements qu'à l'endroit de certaines personnes (j'ai les noms comme dirait l'autre) il n'y a qu'une béance de compassion, rien, le désintéressement le plus total. Même pas fichus de prendre son téléphone pour appeler ou écrire. Et les demeurés de l'empathie peuvent même être très jeunes. Mais pourquoi s'étonner? Nous devrions être avertis que là où rien ne poussait, il est rare que quelque chose pousse. Mais nous attendons des miracles, sous la forme d'une pensée ou d'une attention, infime, mais vivante. C'est humain d'espérer des miracles, parfois. Un geste, un sourire, un mot, plutôt que l'insignifiance.

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