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Et peut-être avons-nous tous également quelque chose de Monsieur Hulot. En tout cas, nous sommes nombreux à pouvoir revendiquer cette filiation.


Maintenir une présence de la poésie dans les journées.

-- Philippe Jaccottet
Certains se font de la poésie une idée si vague qu’ils prennent ce vague pour l’idée même de poésie

-- Paul Valery, Cahiers, 1929
«Moine est celui qui est séparé de tout et uni à tous.»
-- Evagre le Pontique

Et,

«La vie du poète est celle de tous.»
-- Gérard de Nerval


Dans le désert, n’y eût-il
qu’une seule goutte d’eau qui rêve tout bas,
n’y eût-il dans le désert
qu’une graine volante qui rêve tout haut,
c’est assez.

-- Aimé Césaire
Voici quelques mots d'une fine et subtile granularité, conçus pour peaufiner les recoins les plus sensibles d'une âme:

«La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit,
N'a pour elle-même aucun soin, – ne demande pas : suis-je regardée ?»
- Angelus Silesius
«Tout ce qui n'est pas de l'éternité retrouvée est du temps perdu.» (Gustave Thibon)
Cette nuit il pleuvait, et le bitume de la ville était comme une belle peau noire toute mouillée.
«Die Ros' ist ohn' Warum, sie blühet weil si blühet,
Sie acht't nicht ihrer selbst, fragt nicht, ob man si siehet.»

(Angelus Silesius)

(«La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit,
Elle n'a souci d'elle-même, ne cherche pas si on la voit.»)

Parvenir à ce degré d'évidence, de clarté, d'adhésion.
«Même si les lampes s'éteignent, même si l'on me dit: il n'y a plus rien (...), je resterai pourtant. Il y a toujours à regarder.» (Rilke, quatrième Elégies de Duino)

Silence. Extase. Le jour peut s'achever paisiblement, je suis comblé.
Verlaine, mon maître... La vie est là, simple et tranquille...

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

--Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

Paul Verlaine, Sagesse.

Tristement magnifique Verlaine, la quintessence de la mélancolie.

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
«Il y a
attendre un peu, pendant qu'on fait le café
il y a
se battre un peu avec un ordinateur en sursis et inconnu
il y a
sentir odeur café et entendre bruits
il y a saluer qui passera par ici
il y a trouver une belle photo qui restait dans cette machine et qui me fait penser à une nièce chère
il y a voilà, voilà»

(http://brigetoun.blogspot.com/)

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?