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Je lis Cioran et je le trouve d'une justesse éblouissante, avec un fond de rare authenticité. Et d'humour également. Je découvre chez lui un ton qui parfois pourrait être le mien. Mais vlan! Voilà que j'apprends qu'il a eu une dérive antisémite! Mince. Du coup, je ne peux plus le lire, car je deviendrais complice. Dès ce soir, j'irai honteusement donner les ouvrages que j'ai en ma possession dans une bibliothèque.
Voilà le type de raisonnement crétin qu'on peut avoir lorsqu'on a une vision binaire du monde.
Je ne vais donc pas arrêter de lire Cioran, car j'ai suffisamment confiance dans mes intuitions. Ce qui ne m'a pas empêché d'avoir besoin de me rassurer et de trouver quelques arguments pour répondre aux champions du prêt-à-penser qui ne savent qu'une chose des auteurs auxquels ils ne se sont jamais intéressés et dont ils n'ont jamais pris le temps de lire une ligne (Cioran, Heidegger ou Céline, etc.): qu'ils ont eu des pensées coupables que eux, si justes et si droits, en bon citoyens exemplaires, n'auraient jamais pu avoir. Je me méfie d'ailleurs bien plus de ces irréprochables que des auteurs qu'ils estampillent. Et d'ailleurs, qui dans sa vie n'a pas connu de dérapages, bien plus graves peut-être que les idées qu'agitaient des marginaux qui somme toute n'ont eu aucune influence sur les événements et qui ont bien souvent sévèrement réprimé leurs propres errements. J'allais même écrire qu'à moins d'être des saints, nous ne pouvions que regarder la poutre qui est dans notre œil. Mais précisément, les saints eux, sont de grands ardents, qui ont conquis leur sainteté au feu de toutes leurs passions. Tandis que les hypocrites lecteurs condamnent au nom d'une bonne conscience tiède dont ils s'enorgueillissent, sûrs, si sûrs d'être du bon côté, qui n'est bien souvent que le côté de leur bon confort pour lequel ils n'hésiteraient pas à aussitôt retourner leur veste s'il venait à être menacés.
Voilà le type de raisonnement crétin qu'on peut avoir lorsqu'on a une vision binaire du monde.
Je ne vais donc pas arrêter de lire Cioran, car j'ai suffisamment confiance dans mes intuitions. Ce qui ne m'a pas empêché d'avoir besoin de me rassurer et de trouver quelques arguments pour répondre aux champions du prêt-à-penser qui ne savent qu'une chose des auteurs auxquels ils ne se sont jamais intéressés et dont ils n'ont jamais pris le temps de lire une ligne (Cioran, Heidegger ou Céline, etc.): qu'ils ont eu des pensées coupables que eux, si justes et si droits, en bon citoyens exemplaires, n'auraient jamais pu avoir. Je me méfie d'ailleurs bien plus de ces irréprochables que des auteurs qu'ils estampillent. Et d'ailleurs, qui dans sa vie n'a pas connu de dérapages, bien plus graves peut-être que les idées qu'agitaient des marginaux qui somme toute n'ont eu aucune influence sur les événements et qui ont bien souvent sévèrement réprimé leurs propres errements. J'allais même écrire qu'à moins d'être des saints, nous ne pouvions que regarder la poutre qui est dans notre œil. Mais précisément, les saints eux, sont de grands ardents, qui ont conquis leur sainteté au feu de toutes leurs passions. Tandis que les hypocrites lecteurs condamnent au nom d'une bonne conscience tiède dont ils s'enorgueillissent, sûrs, si sûrs d'être du bon côté, qui n'est bien souvent que le côté de leur bon confort pour lequel ils n'hésiteraient pas à aussitôt retourner leur veste s'il venait à être menacés.
Excellent exercice de vie: passer outre les petites mesquineries et vexations quotidiennes. Pour apprendre à garder son énergie, pour ne pas se laisser trop facilement déstabiliser et répandre ses forces pour surmonter ce qui n'est, somme toute, encore et toujours, qu'une vaguelette un peu aigre de plus. Non, garder ses forces pour les êtres et les tâches qui nous sont chers, ceux qui nous tiennent à cœur et requièrent toute notre attention.
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