Il ne faut pas avoir honte de se souvenir qu'on a été un « crevard », un squelette, qu'on a couru dans tous les sens et qu'on a fouillé dans les fosses à ordures [...]. Les prisonniers étaient des ennemis imaginaires et inventés avec lesquels le gouvernement réglait ses comptes comme avec de véritables ennemis qu'il fusillait, tuait et faisait mourir de faim. La faux mortelle de Staline fauchait tout le monde sans distinction, en nivelant selon des répartitions, des listes et un plan à réaliser. Il y avait le même pourcentage de vauriens et de lâches parmi les hommes qui ont péri au camp qu'au sein des gens en liberté. Tous étaient des gens pris au hasard parmi les indifférents, les lâches, les bourgeois et même les bourreaux. Et ils sont devenus des victimes par hasard.
-- Varlam Chalamov, Récits de la Kolyma, 1978
L'enfer ressemble à cela, certainement...
28 - mon chiffre préféré, il dit le couple, l'enlacement, et pour moi c'est la date d'un premier baiser qui a fait virevolter tous les papillons de mon univers, et celle de la naissance d'une petite fille qui colore chaque jour de sa présence. Qui plus est, ces deux 28 ont eu lieu le même mois, en janvier. J'aime la rencontre de ce 2 à tête de cygne distingué et ce 8 en perpétuel mouvement, se tenant dos à dos, s'additionnant en une ronde de 10.
Lettre de Georges Brassens à Roger Toussenot : « Je suis né pour aimer, pour passer dans la vie comme un étranger. »
Une merveille! Tout, tout, tout est dit! Chantons, arrêtons de nous prendre le chou!
Une merveille! Tout, tout, tout est dit! Chantons, arrêtons de nous prendre le chou!
Je me demande si ce n'est tout de même pas très récent dans l'histoire du livre cette mise en scène pathétique et narcissique de l'écrivain contraint de se donner à voir pour espérer être lu. Etre vu pour vendre, et non plus être découvert suite à la lecture, ah! c'était donc vous, je suis ravi de rencontrer l'auteur, comme on pousse la balade un plus loin vers une intimité, un univers, en se rapprochant du noyau ré(d)acteur. Mais avant que l'auteur ne prenne la parole, ce sont ses écrits qui l'ont précédé et non la brise médiatique qui fait souffler les mille et une feuilles de l'édition.
Ceci dit, j'espère qu'on me lira. Nous ne sommes pas à une contradiction près après tout.
Ceci dit, j'espère qu'on me lira. Nous ne sommes pas à une contradiction près après tout.
Un blogueur qui me touche: Jean Prod'Hom, lesmarges.net, qui veille à «trouver ce qu'il reste de chaque jour».
Un article à son sujet dans l'Illustré de janvier 2013.
Un article à son sujet dans l'Illustré de janvier 2013.
Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. [...] Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité.
-- Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906
-- Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906
Que reste-t-il d’étincelle humaine, c’est-à-dire de créativité possible, chez un être tiré du sommeil à six heures chaque matin, cahoté dans les trains de banlieue, assourdi par les fracas des machines, lessivé, bué par les cadences, les gestes privés de sens, le contrôle statique, et rejeté vers la fin du jour dans les halls de gare, cathédrales de départ pour l’enfer des semaines et l’infime paradis des week-ends, où la foule communie dans la fatigue et l’abrutissement ? (…) De la force vive déchiquetée brutalement à la déchirure béante de la vieillesse, la vie craque de partout sous les coups du travail forcé.
-- Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (1967)
-- Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (1967)
Pourtant, si on m'enlève cette routine, je meurs.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...



