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Détecteur de tendresse. Ce pourrait aussi être un job à temps plein.
Au début était le verbe? Non, au début était l'émotion, le tressaillement, l'émoi, le ravissement. Puis on a coulé tout ceci sous un flot de paroles.
Ce sont souvent les personnes âgées qui donnent à manger aux oiseaux en hiver. On voit bien qu'ils savent ce qui est important.
Le journal en miettes de Ionesco, une pure merveille. Mon préféré avec le journal de Jules Renard et les Cahiers de Cioran, sans oublier les notes de Ludwig Hohl, le journal de Ramuz, et les Carnets de l'état de poésie de Georges Haldas - et j'en oublie certainement d'autres. En les lisant, j'ai l'impression de vivre le privilège d'une conversation intime avec des auteurs dont la voix me semble proche, si proche que j'ai bien souvent l'impression de lire des pensées qui auraient pu être les miennes - je sais, c'est prétentieux, mais peut-être parfois qu'en me mettant sur la pointe des pieds à la faveur d'un alignement astral très favorable et d'un bordeaux à nul autre pareil... Et puis cet humour tendre, ce don d'autodérision qui est la signature d'être rare, qui vivent au plus près de leur essentiel.
Court-métrage «Mon père, ce héros» - Formidable d'authenticité, on entre dans la pâte d'une routine et la fin est très touchante.
Formidable ces trois dames qui se bidonnent en parlant le langage des signes.
Sincérité et authenticité si émouvante de Ionesco dans son Journal en miettes. J'éprouve une grande tendresse pour cet auteur à la lecture de ces pages d'une justesse poignante et qui n'exclut pas une bienveillante dérision à l'égard de lui-même - ce qui est toujours un signe de vérité.
Sœur Emmanuelle a raison, une grande tendresse est parmi nous, autour de nous, dans notre quotidien, qui, si on l'accueille, peut être un soutien des plus précieux.
Puisse le personnel féminin de la maison de retraite dans laquelle je finirai mes jours avoir la même compassion pour moi que cette charitable jeune femme.



Peinture - La charité de Rubens
Ludwig Hohl se trompe lourdement en associant «tendresse» et «mollesse». Au contraire, la tendresse contient tant de puissance en latence qu'elle peut en devenir déchirante!
“Choses que j’ai aimées. Que j’aime encore. A n’en plus finir, je vous dirai. Jusqu’à ce que tombe la plume de mes mains. Et qu’un jour de pluie ou pas de pluie, un homme, jeune encore, la reprenne. Pour dire, contre le mensonge, et l’imposture; contre les faux ordres du monde; contre le cynisme et la dégradation; et comme du fond des catacombes où se cachent tout amour, toute graine, les choses que lui aussi a aimées: l’amour, si douloureux soit-il. Et l’amitié. La confiance. Le merle. Une averse.
Et ainsi de suite.”
(Georges Haldas, A la recherche du rameau d'or)
Si je devais tenter d'expliquer la tendresse à un enfant, je lui parlerais du goûter qu'il mange à la récréation, de la personne qui le lui a préparé, qui l'a peut-être fait maison, qui a pris le soin de l'emballer et de le mettre dans son sac.
J'ai surpris il y a quelques minutes un regard qui vaut tous les trésors, un regard tout ce qu'il y a de plus banal et pourtant... Cette femme qui est en train de plier son linge sur la terrasse - c'est une belle journée de printemps où il fait chaud, tandis que son homme tond la pelouse de l'immeuble. Il a arrêté l'engin quelques minutes pour discuter avec un voisin. Au moment où il redémarre la tondeuse, elle lève les yeux pour voir où il en est, certainement qu'elle se demande avec qui il a discuté. Et puis voilà. C'est tout. Rien de plus. L'homme qui tond, lui, n'ai rien vu. C'est cela qui est inestimable: savoir qu'on compte pour quelqu'un, que sa présence, sa tendresse nous enveloppe tout au long du jour à notre insu.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?