Un échange tout récent me rappelle à la vigilance de ne pas me laisser aller à une pente trop facile, non par moralisme, mais pour ne pas dégringoler inutilement trop au-dessous de tout ce que je chéris.
Il ne m'aura pas fallu moins de trois ans pour me préparer à me replonger dans la Recherche du temps perdu, et je ne suis même pas encore sûr d'avoir les sens et l'esprit assez affûtés pour me lancer dans le premier volume. Je crois que j'attends de cette auteur quelque chose qu'il ne devrait pas pouvoir me donner. Enfin, je verrai bien.
A fleur de peau? Mais que non! A fleur de coeur!
Qu'il y aurait au ciel un gars qui comme un policier nous attendrait pour nous juger et nous mettre des contraventions est inimaginable. Je n'imagine pas le paradis comme une application d'un code de conduite!
Quand je regarde tous les livres que j'ai envie de lire, j'ai l'impression d'être face à un arc-en-ciel de savoirs, d'émotions et de beautés qui va entrer en moi et je me demande si ma focale humaine sera assez résistante pour le recevoir et ne pas voler en éclats multicolores. Je compte sur ma gloutonnerie pour accueillir ces textes et fleurir en milles chroniques et merlinades fruitées.
La plupart du temps, dans les relations humaines, si on ne fait rien, il ne se passe rien.
Recette pour imaginer la puissance d'un dinosaure: prendre un bouledogue, multiplier son poids par 1'000, lui lancer une balle à travers un ensemble de chaises et autres objets - dans un restaurant, par exemple, l'endroit s'y prête bien, ou chez un brocanteur. Et regarder le résultat. C'est probant.
Louer, louer haut et fort, mais selon ses intuitions, son amour, ses aspirations, et non selon un diktat théologique. Qui aime fort nourrit une source qui est celle de tous, quelque soit le sentier par lequel il amène ses ressources.
"Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage", chantait du Bellay depuis son exil romain. Heureux, oui, parce qu'il avait fini par pouvoir enfin rejoindre le foyer auquel le poète aspire tant.
Vouloir gommer la part chaotique d'un être, c'est le supprimer, à moins que vous n'écriviez une vie de saint, fictive.
Bien parler, c'est prendre le monde en bouche.
La pudeur est mère de l'amour. Il n'y a que les vaches qui montrent leurs tétines.
J'ai de savoir à peu près ce dont j'ai besoin pour me débrouiller dans cette vie. Non, ce qui me manque, définitivement, c'est plus de bienveillance, d'amour et de générosité.
Il y a des êtres qui sont victimes de leur transparence.
Dans le mot "vIerge", il y a ce grand I qui veille et brille comme une chandelle, chant d'elle qu'aucune verge ne mutilera jamais, cet avant d'enfance lui appartiendra toujours.
Celui qui vous dit "s'excuser pour tout", ne s'excuse en fait de rien. Les excuses en gros, ça n'existe que dans les supermarchés.
Tout être humain est un peu marin en lui-même.
Le chaos qui prend des airs sérieux, c'est toujours assez déroutant.
Les gens connus - médiatiquement s'entend - fréquentent des gens connus et ont entre eux des codes inconnus des gens inconnus.
Celles et ceux avec qui il faut toujours prendre des pincettes alors qu'ils prennent des tenailles.
Ce groupes d'adolescentes filiformes dont les jambes sont de longs spaghettis dont on pourrait faire un scoubidou.
Il faut vraiment s'ennuyer dans sa vie pour avoir besoin de parler de surnaturel.
Une de mes expériences de l'intolérance? Dans un groupe de jeunes chrétiens dans lequel, avec beaucoup de bonnes foi et de candeur, on apprenait à distinguer ceux qui en sont de ceux qui n'en sont pas.
Finkelkraut a dit que l'internet est une poubelle, donc les blogs aussi, mais je répondrais en substance que la poubelle du web, bientôt beaucoup mieux que le marketing littéraire imprimé.
- Mais non, tu vois bien qu'il ne neige pas. C'est un ange pâtissier qui a laissé tomber sa meringue.
C'est terrible de passer pour un sage auprès d'une jeune femme atomique d'une vingtaine d'années. J'ai l'impression d'avoir instantanément perdu toutes mes dents, mes cheveux, je cherche même où j'ai bien pu laisser ma canne, je dois descendre au réfectoire pour le repas de midi. Suis-je donc vraiment devenu un vieux con?
Le mariage est une manière de signifier qu'on veut assumer la relation dans toutes ses conséquences, qu'on en prend pleinement la responsabilité. Ce qui n'exclue pas que chacun peut avoir son havre à soi - c'est même une condition essentielle à la survie du ménage. Cette formalisation de la relation peut être perçu comme un engagement écrasant, ce qui explique que certains aient chercher un peu d'ombre ailleurs.
Ecrire ou dire quelque chose de manière plus personnelle peut ne pas être apprécié - et de fait n'est souvent pas compris ou mal interprété. C'est un risque à prendre aussitôt qu'on se refuse à user de banalités et de formules toutes faites.
Aussi souvent que je le peux, je recule d'un pas pour mieux t'aimer, pour ne pas occuper ta place.
Deux coeurs s'accordent à fleur de corps.
La plus belle chose qu'on puisse offrir aux êtres et aux choses qu'on aime: les rendre à eux-mêmes. Sans condition.
En fauchant son champ de blé il a si finement écrasé le hérisson avec son tracteur qu'on aurait dit une plume de paon.
C'est la période de l'année où les paysans coupent courts les cheveux de leurs champs de blé. Avec les mèches, ils font des rouleaux d'or.
"Orient" me rime or et riant tandis que dans "Occident" j'entends occis et dent.
Tout ce à quoi j'aspire le plus ne se possède pas, ne se voit pas, ne se commande pas.
Ton absence m'offre d'éprouver le tout de ta présence.
Cocuage: état d'une personne cocue. Y a-t-il une déduction à faire de l'accointance entre les deux syllabes?
Le royaume familier dont je tente de rendre compte dans les chroniques merlines n'évoque rien d'autre que la vie ordinaire, le quotidien, ces petits gestes ou ces instants qui passent presque inaperçus au yeux de chacun.
Verbe du jour: "fredonner". Un joli verbe qui donne de la bonne humeur à tous les Fred qui font lalala.
Rendre chacun à sa liberté première d'être ce qu'il est.
Une liberté: parvenir à te contempler rendu à toi-même, à ta singularité, à ce qui fait ta beauté.
Je sais où est ma joie et je vais pourtant toujours chercher ailleurs. C'est quand même très étrange.
Mon bouledogue, au bout de sa laisse, ne voulait plus avancer. Il s'est calé sur ses pattes avant, il a bandé sa nuque puissante comme une arche, et il m'a regardé avec des yeux dépités et tendres. C'était une masse immobile. Il n'y avait plus rien à faire si ce n'était de le tracter. Quelque chose s'était coincé dans sa tête. J'avais presque l'impression qu'il s'en voulait de ne pas pouvoir me suivre. Mais c'était plus fort que lui. Il était braqué. Après avoir tenté la solution du faible, le rapport de force, j'eus l'idée de m'agenouiller et de lui demander ce qui n'allait pas. Aussitôt, la situation s'est débloquée et il est venu vers moi, les oreilles en arrière, un peu désolé mais content de pouvoir venir en discuter.

Je pense qu'il n'en va pas autrement avec nos blocages intérieures (psychiques, intimes, spirituelles, peu importe le nom). On sent bien que quelque chose se raidit. On enrage de buter contre soi-même. A ce moment, je crois que rien n'est plus utile que d'abandonner le combat - la volonté ne sert plus à rien - et de reprendre le dialogue intime, de se considérer avec bienveillance. Et alors on verra peut-être venir vers nous, tête baissée, cette part noueuse et têtue, qui a besoin qu'on prenne un peu de temps pour elle.
Le livre d'Henri Guillemin sur L'affaire Jésus m'est tombé des mains. Cet orateur brillant, qui sait comme nul autre mettre en lumière la personnalité d'hommes illustres (Hugo, Péguy, Tolstoï), devient subitement idiot, angoissé, alignant des preuves historiques insipides, soulignant des contradictions pour tenter de les résoudre, cherchant des preuves. Bref, au lieu de parler d'une expérience vivante qui pourrait être la sienne, comme il le fait intimement dans l'émission Le signe des temps qui lui fut consacrée, il ratiocine.
On n'a pas su assumer ce bouleversement: se redresser, pouvoir lever son visage vers le soleil, quel ébranlement. Nous ne sommes pas encore prêt à endosser notre évolution. On aime trop jouer aux singes. Alors on se rue dans un supermaché un beau samedi après-midi d'été, pour se dépenser.
J'ai découvert nombre de penseurs autour de la Bible qui ne défendent qu'une chose: la joie. (Je pense à Bobin, Haldas, Zundel, Sulivan, Frère Roger, Dolto, Grosjean, Ellul, Bernanos, Claudel, Henry, Merton, Thibon, Claudel et tant d'autres qui me nourrissent et m'enchantent - je ne mentionne pas Bach, Fra Angelico, ...). L'Evangile est une des bonnes nouvelles qui nous a été annoncée. Ce n'est pas la seule, bien entendu. Ce n'est de loin pas la plus évident. Mais ce n'est pas la moindre.
Comment peut-on être heureux quand on attrape des papillons avec un filet pour les punaiser sur un tableau?
Il s'était senti le besoin de préciser:

- Mais vous savez, entre ma femme et moi, c'est une histoire d'amour.
Comme ça peut être sensuel une voix, elle est à elle seule corps et présence, le susurré est un découvrement, l'osé un chavirement, on est précédé par le dire qui ouvre les possibles et embrase l'imaginaire. Il y a de quoi tomber amoureux d'une voix qui vous lit Proust de l'autre bout du monde.
La fuite de pétrole causée par BP - La terre saigne, percée au flanc, et les petits hommes tentent de stopper l'hémorragie tant bien que mal, de la cautériser. Si elle se mettait à hurler de douleur, les tympans de 7 milliards d'habitants voleraient en éclat.
Cette vieille dame avec qui je papote et, au moment de la quitter, je dis au bouledogue qui est au bout de la laisse:

- Allez poilu!

Et la dame de me répondre:
- Merci, pareillement!

Je ne connaissais pas le parler "poilu".
L'orang-outan goûtant les plaisirs de la raison.
Ma joie, en surface c'est toujours un peu la même chose. Mais comme tant d'autres choses en fait. C'est au-dedans que ça pulse.
Miséricorde, le coeur mis dans la misère, de la vie pour porter la douleur, la battre.
Enfants: ne pas tout à fait faire tout ce qu'on peut pour eux afin... de pouvoir être d'accord avec eux lorsqu'ils nous le reprocheront.
Ils zébraient le silence de leur plaisir, écrivant enlacés en baisers ardents une page d'un air entendu qui n'appartenaient qu'à eux.
La prose pas rassurante...

"En tant que société de courtage travaillant avec des partenaires de 1er choix, nous pouvons vous proposer des solutions parfaitement adaptées à vos besoins. Nous nous tenons à votre entière disposition pour un entretien conseil - il vous suffit de nous contacter aujourd'hui même."
Individualiste n'est en tout cas pas synonymes d'égoïste.
Il avait été interdit de librairie comme d'autres de casino.
A quand un outil de comparaison de la félicité de chacun? Un bonheuromètre?
Il est parfois salutaire de tomber, aussi douloureuse soit la chute. On se rapproche du sol à partir duquel on peut reprendre pied.
Quand il parlait du christianisme, on avait l'impression qu'il mâchait un chewing-gum, histoire d'avoir l'air de celui qui est cool et qui ne croit pas trop à toutes ces histoires.
- Cette idée m'est tombée du ciel!

C'est un peu haut, le ciel, tout de même. Une idée chue de si haut, c'est écrasant.
"Seule la vie répond aux exigences de la vie." (Anselm Grün, moine à l'abbaye bénédictine de Münsterschwarzach)
Il y a du Mozart chez Jésus, de la jeunesse géniale et fulgurante.
Les ressources du jour me sont offertes de l'aube à la nuit, que je les cueille ou les ignore.
Une étude démontre que le fait de ne consommer que 80% de ses besoins alimentaires prolonge l'espérance de vie et la santé. 1/5 de moins, c'est une petite privation qui porte ses fruits. Rester un peu sur sa faim a du bon, ça entretient la forme et l'appétit. Je suis persuadé qu'il en va de même avec le désir charnel.
Bienheureux: voilà un joli mot, un condensé de joie.
Il achetait des Bibles comme des indulgences.
De quelqu'un qui vous exaspère au plus haut point:
- Mais tu sais, il fait beaucoup de choses, c'est dur pour lui.

Vient un moment, où vous n'avez plus envie d'être compréhensif. La seule chose dont vous vous souvenez, c'est que cette personne est exaspérante.
Monsieur de Lapalisse dirait qu'on perd toujours quelque chose en gagnant. Un choix exclut ce qu'on n'a pas choisi. Ainsi va la vie.
Couper dans le texte, retrancher, assainir, pour que le verbe repousse avec encore plus de vigueur et de santé.
Lire trop de textes écrit sans art appauvrit.
Quelques poèmes ou quelques pages d'un écrivain véritable, et je comprends immédiatement pourquoi aucun ouvrage de spiritualité ne saurait me nourrir aussi bien que la vraie littérature. Il y a une manière de dire qui draine large dans nos coeurs.
"La plupart des gens entendent de travers." (Brassens)
Il faisait le ménage pour ne pas entacher son grand amour de trop d'affectueuse banalité.

Léautaud tricotant son journal. On dirait des longues pelures de vie.

Statufié en train de libérer un oiseau: bel hommage au poète.


Si les chercheurs faisaient leurs expérience avec des ours au lieu de souris, ce serait plus compliqué.
"Comblé de grâce et de tendresse, mes lèvres donnent issue à ce flot en moi de poésie qui monte !" (Ps 62,6).

Psaume traduit par Paul Claudel. Je ne boude pas mon plaisir.
Je lisais dans son regard que j'étais un centre de coût. C'était relativement inconfortable.
Il avait le bonheur chien. Il filait l'enterrer comme un os au fond du jardin.
"Le bonheur n'est pas la conséquence de notre comportement, mais l'expression de notre comportement." (Anselm Grün)

Le bonheur n'est pas une récompense que l'on nous donnerait parce que nous avons été sages. Le bonheur est une lumière intérieure qui rayonne à travers toutes nos actions, comme la flamme d'une bougie. C'est une énergie qui vient du fond de l'être. Une personne heureuse est un cadeau pour autrui, comme un rayon de soleil qui nous met en joie.
Lu sur un site: "Nous avons décédé d'agir." Autant dire que c'est mal parti.
Trois mille six centième merlinade. Je pépie.
Faire dans le "touchant", c'est manquer l'essentiel à coup sûr.
J'aime la beauté d'un visage paisiblement fatigué, apaisé, qui s'abandonne. J'ai l'impression qu'il se confie.
Pourquoi sachant qu'on a besoin de peu consomme-t-on tant?
Son regard ne pouvait plus se détacher de ces seins juvéniles et laiteux comme une neige que personne n'avait encore foulée. Bien au-delà de sa personne cette jeune femme disait le printemps comme un pétale de pommier craquant.
Interdire facebook au travail, c'est protéger les employés.
- Tu commences parfois à écrire comme un pasteur fait ses sermons le dimanche!

- Je sais...
La manière décomplexée avec laquelle Luc Ferry parle du christianisme donne lieu à des réflexions vivantes, intéressantes. Avec lui la philosophie devient cool. Même si le fond du propos, on le sent bien même s'il s'en défend, c'est de sortir de la religion pour en appeler aux seules valeurs d'humanité citoyenne. Ce qui est sain en définitive. Chacun peut ainsi s'interroger, débattre dans son forum intérieur sur les fondements de ce qu'il croit, de manière plus éclairée.
Respect + bienveillance + plus ou moins juste équilibre réalité/désir: ce sera déjà beaucoup.
André Leroi-Gourhan parle "d'organes de relation" au lieu "d'organes génitaux". Ça donne tout de suite du champ.
Nous sommes limités par des contraintes mécaniques, osseuses, orthopédiques, pratiques, financières, quotidiennes, humaines, dans le même temps que nous sommes traversés par un élan vital qui les contourne et cherche sans cesse la meilleure réponse à notre milieu, la meilleure solution pour que nous nous adaptions.
Les signes de la haine sont plus manifeste que ceux de l'amour. On les reconnaît immédiatement, sans doute, c'est bien eux.
Lire Leroi-Gourhan est un exercice magnifique, même si on n'y comprend pas tout. Quelques exemples tirés de son ouvrage Le geste et la parole - je me réfère à l'édition parue chez Albin Michel, 1964.

"L'esprit est passablement désarmé lorsqu'il se trouve en présence de faits pour lesquels il ne dispose pas de références antérieurs." (p.19)

"Les yeux ne voient que ce qu'ils sont préparés à voir et l'heure n'était pas venue de comprendre ce qui sépare radicalement la lignée humaine de celle des anthropoïdes." (p.23)

"Dans cet enchaînement, les formes pertinentes sont celles qui, à chaque moment du déroulement, offrent le meilleur équilibre, du triple point de vue de la nutrition, de la locomotion et des organes de relation, dans la mobilité et la vivacité, caractéristiques fondamentales des espèces choisies pour démontrer la progression ascensionnelle du monde vivant." (p. 41)

"Il est devenu désuet de louer l'ingéniosité de la nature, mais lorsqu'on analyse les solutions mécaniques auxquelles répondent le crâne du cheval, ceux du cerf, du chameau, du rhinocéros, on reste malgré tout surpris par les réponses du schéma fondamental, toujours le même, à des situations toujours dissemblables." (p. 80)

"Sous la superstructure des explications, l'infrastructure des faits se résout dans le même système." (p.86)

"Tout se passe en somme comme si le cerveau venait progressivement occuper les territoires antérieurs à mesure qu'ils sont libérés des contraintes mécaniques de la face." (p. 104)
Ceux qui vous écrasent tant qu'ils peuvent, conscient que leur heure va tourner, que de toute manière, ils sont inadaptés, qu'ils vont sauter, alors tant qu'à faire, ils vous pourrissent la vie jusqu'au bout.
La peur rend idiot, bête, elle nous coupe de l'autre, elle nous rive à notre petit moi tremblotant. C'est légitime d'avoir peur. Mais il est urgent de prendre bon soin de soi, de se rassurer, et de se redresser.
Plus le temps passe, plus mon anniversaire me devient totalement indifférent. De même que mon âge. C'est une formalité administrative. Pour des raisons pratiques, on a eu besoin de notifier mon heure de livraison. On fera de même pour mon heure de départ. Voilà tout. Entre les deux, mes fêtes sont quotidiennes.
Mon collègue découvre des moineaux dans son bureau en arrivant ce matin. Comme la nature reprend vite ses droits.
André Leroi-Gouhran est à la préhistoire ce que Gaston Bachelard est à la rêverie: un éclaireur.
Monsieur Chairego, spécialiste dans le lustrage narcissique.
Certaines personnes gagnent à ne pas être connues, il vaut mieux les garder à distance, pour qu'elles continuent à briller comme une étoile chère.
Le mot "aubaine" est caduc, avec ses sonorités trompeuses d'aube et de haine.
Il y a une petite violence à broyer dans sa main un texte qu'on a rédigé, même si sa place est dans la corbeille.
Tétanos: un mot qui joue avec thanatos.
Le plafond, c'est le ciel.
Comment regarder au fond d'un regard puisqu'on sait qu'il plonge aux confins de l'être?
Depuis que j'ai revu les ailes des anges de Fra Angelico, elles battent continuellement sous mes paupières.
A-t-on demandé à la pauvre Vénus de Milo si elle ne préférait pas avoir de nouveaux bras?
Celui qui prend son temps de vous dire qu'il n'a jamais le temps.
La série télévisée "Les experts" portent bien son nom: ce sont des spécialistes pour nous faire perdre du temps.
Jésus viendrait à s'adresser à l'un d'entre nous qu'on lui demanderait d'attendre une minute le temps qu'on réponde au téléphone.
Nous vivons une époque où nous sommes si fier de ne plus rêver.
Que l'homme médiévale aurait pu voir apparaître un dinosaure dans son champ visuel sans broncher peut porter à sourire, vu qu'il imaginait que les territoires qu'il ne connaissait pas étaient peuplés de monstres avec un bras au milieu du visage, des êtres à tête de cheval et autres montages fantasmatiques. Ceci dit, notre allégeance à la société de la dispersion, et tous les simulacres de valeurs qu'elle véhicule ne m'en paraît pas moins fantastique.
Le nord et le coeur à la dérive.
"Que de choses il faut ignorer pour agir." (Paul Valéry)
Les manuels spirituels, c'est comme les kamasutra: des idées formidables, mais irréalisables seuls.
"Travailles-tu?"

Il n'y a de joie qu'à travers le travail, et les vrais plaisir de la vie germent du labeur, du sillon bien tracé, de la tâche bien faite, des responsabilités prises. Voilà ce qui rend un homme parfaitement heureux. Il n'aura même pas besoin de répondre à la question: "Es-tu heureux?", car c'est une évidence, cela se lit sur son visage, dans sa manière de faire les choses. Le regarder nous stimule même à nous y mettre, à faire bien les choses et d'en être heureux. "Bien faire et se tenir en joie" notait Spinoza. Comme c'est paternaliste et moral de l'écrire dans ces termes. Et pourtant, comme ça me semble juste.
J'imagine un entretien d'embauche où la première question qu'on vous pose serait: êtes-vous heureux? Vous vous êtes préparé, et bien préparé, vous savez tout ce qu'il est bon de savoir et voilà qu'on vous pose une question qu'on vous met en déroute, que vous ne pouviez pas prévoir. Oui, avez-vous cette compétence: être heureux? Est-ce que vous saurez donner une note de ferveur au travail que vous ferez pour nous?
Ne rien faire est parfois la meilleure manière de se laisser travailler par la vie.
Cette dame qui me dit que ce n'est pas facile pour son mari, au travail, qu'il a des conditions difficiles. Alors, quand il est à la maison, elle prend soin de lui et s'efforce de compenser avec douceur les duretés du jour. Merveille.
Nous faisons partie intégrante de la fraternité douloureuse.
Ce n'est pas d'être irradié par la vie qu'il faut craindre, mais de ne plus savoir comment ôter notre lourde carapace de plomb.
On sent de plus en plus clairement qu'on n'est de moins en moins heureux avec l'autre, où alors il doit être virtualisé, twitteré, facebooké, meeticfié, bref, pas trop réel, un peu plat comme l'écran d'un télévisieur. Oui, comme on sent que c'est un peu obscène, le bonheur, on se planque de plus en plus dans sa petite sphère privée, on fait sa en cachette, comme quelque chose de sale. On évacue l'autre pour ne pas être dérangé. Quand je vais me promener, je suis étonné de voir que deux canins se reniflent le derrière mais que les propriétaires, eux, se saluent de moins en moins. Ce n'est plus naturel de se voir et de vivre ensemble. Je vous dis, encore heureux si tout ça ne finit par nous faire une guerre, histoire qu'on s'étripe franchement tellement on ne peut plus voir la tronche de nos voisins, jusqu'à qu'on réalise que ce n'est pas tant bon ce fonds de haine et qu'on se tombe à nouveau tous dans les bras, qu'on se refasse un petit mai 68, fusion des corps forcée, puis on recommencera à ne plus pouvoir se voir en peinture et rebelote.
Fond à mental, moule à gâteaux.
- Mais alors, nous pourrions dire d'une certaines manière que vous êtes un auteur chrétien?
- Qu'est-ce que ça peut bien vous faire?
- Mais, vous avez déjà publié?
- Non, j'ai oublié...
Jean-Louis Kuffer me rappelle avec justesse que l'écriture web pourrait prêter à certains effets trompeurs. Se méfier de l'effet, se méfier de l'effet, se méfier de l'effet, il n'y a rien de pire que le brushing verbal! Je crois que je vais recommencer à écrire la première version de mes chroniques à la main, pour mieux creuser le sillon de mes phrases.
Ce matin, vues de la colline, les voies ferrées, la décharge, l'autoroute et toute la zone industrielle baignaient dans une lumière d'un or époustouflante. Ce paysage banal, laborieux, quotidien, était touché par la grâce.
Les dessous des prophètes sont sûrement moins affriolants que leur message, en tous cas bien plus humains qu'on ne veut bien le croire.
Cette coccinelle devait prendre le pourtour de ma tasse à café pour un vélodrome, ou un coccidrome, elle n'arrêtait plus de faire des tours.
Lorsqu'il m'avait dit pour m'encourager...

- Allez vous faire voir!

... je n'avais pas tout de suite compris son conseil.
"On ne fait pas plus de Préhistoire en ramassant des haches polies qu'on ne fait de Botanique en cueillant des salades dans son jardin." (André Leroi-Gourhan - un summum d'intelligence à mon sens)

Voilà de quoi me culpabiliser. Je lis tout aussi bien dans cette citation:
"On ne se prétend pas chroniqueur parce qu'on aligne trois mots sur un blog qu'on ne fait de Botanique en cueillant des salades dans son jardin."

Mais bon, si je suis déjà reconnu comme saladier, je serai déjà très content.
L'esprit ou la lettre? Le texte ou le gadget? L’avènement du livre électronique me laisse perplexe. Je regarde une vidéo sur laquelle une commerciale américaine explique de manière rétro-fulguro éclairée, avec un accent de cowgirl, comment je pourrai dorénavant lire Hugo, Baudelaire, Proust, Bobin sur un écran de calculatrice. Quel bonheur ! ... [+]

Tournons la page

L'esprit ou la lettre? Le texte ou le gadget? L’avènement du livre électronique me laisse perplexe. Je regarde une vidéo sur laquelle une commerciale américaine explique de manière rétro-fulguro éclairée, avec un accent de cowgirl, comment je pourrai dorénavant lire Hugo, Baudelaire, Proust, Bobin sur un écran de calculatrice. Quel bonheur ! Seize niveaux de gris qui vont mettre de la couleur dans mes lectures. Capacité de stockage : 15'000 livres, mais on nous prédit qu’on pourra bientôt en mettre le double. L’objet nous permettra aussi de lire nos courriels et pourquoi pas de téléphoner, enfin d’organiser toute sa vie sur cette petite plateforme de 280 grammes nommée K1dlll 12. Oui, nous en sommes au douze, au cas où vous n’auriez pas vu passé le un. Ah, vous venez d'acheter le 11? Tant pis pour vous, le douze est beaucoup mieux. Et on ne vous parle pas du treize. Mais oui, nous allons beaucoup plus lire grâce à toute cette prodigieuse technologie. Nous allons développer une véritable intimité avec nos auteurs favoris - je note bien "favoris" et non pas "préférés". Et puis on se sentira moins seul face à la page du livre, car nous pourrons toujours rester connectés à nos 8000 amis facebook - ils auront augmenté le quota d'ici là. Oui, parce que reconnaissons que c’est quand même un peu angoissant cette solitude qu’impose la lecture, cet état de recueillement. Pas de quoi s’éclater ! Mais avec le K1dlll 12, tout le monde lira avec application, c'est-à-dire en faisant autre chose. Nous serons tous des DJ's culturels. Nous podcasterons, downloaderons, aspirobreakingerons, snifferons le savoir en onde, en vapeur, en cumulus stratus ! Nous allons en entendre parler de K1dlll 12, avec ses forums, ses blogs sur le sujet. Ceci pourra donner lieu à des phrases comme :

- Tu te rends compte, j’ai toute La recherche du temps perdu sur mon K1dlll 12. Quel gain de place ! Il ne m’a pas fallu plus de deux minutes pour la télécharger.

C’est Marcel qui va être content. Et dire que la vieille Europe résiste à ce progrès à travers ses éditeurs. Mais je vous assure que ça ne devrait plus durer très longtemps, car nous savons bien que tout ce qui vient des Etats-Unis ou du Japon ne se discute même pas: il faut faire comme eux - ne vous demandez jamais pourquoi, faites-le, c'est tout, c'est comme ça, ça rapporte plein de pognon, c'est donc une raison amplement suffisante. De toute manière, la contestation européenne ne devrait pas durer, un de Gaulle du papier ne se présentant pas à l'horizon, et en matière d'appel, mon opérateur de téléphonie mobile ne tardera pas à me proposer K1dlll 12, l’intégrale des lais de Marie de France et la sonnerie Roland sonne de l'olifant, si je m’abonne d’ici la fin de l’été. Les bibliothèques tohubuesques, les empilements de papier menaçants de s'écrouler sous le poids de la passion de lire, dénoteront un individu arriéré et poussiéreux, qui n'est pas à la page. La miniaturisation de la culture sera tendance: minimaliste, invisible, elle permettra à celui qui ne s'y consacre pas de ne pas être stigmatisé. Chacun d'entre nous sera susceptible de dissimuler un bout de la Bibliothèque National de France sous son veston. De même, un intérieur dépourvu de livre ne sera plus le signe d'une inculture notoire, mais d'un goût sûr. Un K1dlll 16 sera négligemment posé sur la table en verre du salon. Un ou deux livres d’art choisis avec soin contrebalanceront cet idéal de platitude. L’hôte, connaisseur, vous dira qu’il peut lire les poètes que vous aimez sur son K1dlll. Et il vous fera voir le poème Sensation de Rimbaud. Ce qui est beau, c'est de pouvoir l'afficher pour éventuellement le lire. « Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers, mon K1dlll dans la poche… ». Les nostalgiques du temps d'avant pourront filer chiner chez des bouquinistes des téléchargements ralentis par le temps. Eux aussi auront dû surfer sur la vague engooglisante. Ils y trouveront une vieille édition des œuvres de Marc Lévy. Le charme tiendra à l’affichage qui simulera une page jaunie. Le K1dlll13 quant à lui aura intégré un petit vaporisateur qui diffusera l’odeur d’un vieux livre. Puis viendra un jour où on tournera la page du K1dlll 12, 13 ou du Megapplebook 8, et on reprendra un livre dont on caressera sensuellement la couverture.

Quand je lis un vrai livre, je suis parfaitement relié. Je suis en contact avec la matière première appropriée, chaleureuse, souple. Ce petit accordéon de papier n'a pas de prix, si ce n'est celui du commerce que j'ai développé avec lui, durant les heures où je l'ai pris dans la paume de ma main pour partir en terres humaines, descendant ou remontant les sentiers d'encre en marge desquels je laisse parfois une note, pour plus tard ou jamais, pour marquer que je suis passé par là. Entouré de silence et de calme, il requiert toute mon attention. Si je m'échappe de la page, c'est pour regarder autour de moi et en moi, pour suivre le cours d'une rêverie. Et non pour consulter un statut facebook, une nouvelle ou mes courriels. Mon livre dans la main me suffit - souvent même il me comble. Je suis conquis par la redoutable simplicité de l'objet. Je me divertis sans me disperser, car je suis dans le champ du monde et non dans la rumeur fadasse de la toile. Bien sûr, je ne peux pas partir me balader en transportant 1'500 bouquins avec moi. Mais ça tombe bien, je n'ai besoin que d'un seul d'entre eux. Les tranches des livres qui s'alignent sur les rayonnages de ma bibliothèque sont autant de connaissances, voire d'amis, avec lesquels j'ai noué un commerce plus ou moins intense. Des tranches comme des périodes qui disent mon enfance, mes goûts de toujours, mes interrogations et mes métamorphoses. Et ces livres-amis, j'ai besoin de les voir, j'aime les toucher, revoir des annotations qui ont parfois plus de vingt ans. J'aime le chuchotement d'une page qui tourne, le vrai bruissement, pas la contrefaçon électronique - je déteste ce qui simule. La page d'un livre électronique n'a pas le froissé d'une histoire. Au fil du récit, aussi gros puisse être l'ouvrage, je me perds rarement. J'ai un savoir du bout des doigts qui me permet de feuilleter les pages pour retrouver un passage et je me souviens même souvent de quel côté du sentier je le retrouverai, à gauche ou à droite. Face à ma tablette électronique, j'en suis tout à fait incapable. C'est comme un faux livre qui serait vide derrière. Je le retourne, je cherche où sont les étapes parcourues et je ne vois que le logo du fabricant. Magie! M'aurait-on dupé?

Bien entendu, le livre électronique n'est pas tout à fait qu'une affaire de marketing. On ne lira pas moins bien sur une tablette - qui rendra service à nombre de personnes qui n'auraient pas accès à ce savoir pour diverses raisons - un handicap, un accès aux ouvrages rendu difficile pour des raisons géographiques. Ma surdité à cette technologie ne vient pas de son utilité, mais du discours autour de l'objet, qui me laisse songeur. Un livre n'est pas un produit comme les autres, même si, aujourd'hui, on les trouve dans les supermarchés - Balzac entre les pampers et les produits ménagers. Evoquer ce qu'un livre peut faire techniquement reste très différent de ce qu'il peut apporter humainement. Je me demande si le livre-outil ne participera pas à la montée de la désalphabétisation? Est-ce que ce ne sera pas un écran de plus qui viendra nous mécaniser et nous couper de nos ressources organiques. Il y a déjà tellement d'interférences et de fritures sur notre ligne psychique. Le fait que ce soit un appareil électronique fausse notre rapport à la lecture, l'automatise. La somme des fonctionnalités n'éclaire pas la compréhension d'un texte. Ne fait-on pas plus joujou que de vraiment lire? La perte du contact avec la matérialité du livre, le papier, son poids, son odeur, son toucher, ne risque-t-elle pas de rendre encore plus virtuelle la lecture qui fait elle-même intervenir l'imaginaire? A cause de la technologie, le rituel de la lecture ne risque-t-il pas de se fondre parmi les dizaines d'autres maniclettes électroniques qu'on réalise quotidiennement? En la technicisant, j'ai peur qu'elle ne devienne une saveur froide parmi d'autres. Lire n'est pas une activité comme les autres, elle porte en elle des enjeux pour notre espèce qui sont bien trop importants pour que ce soit les seules économistes qui s'en occupent - comme la santé d'ailleurs. Et je ne suis pas sûr que la lecture soit la priorité des gens qui sont chargés d'inventer ces outils technologiques. Nous verrons bien si la "révolution" numérique comporte de véritables enjeux d'humanité ou si elle est uniquement commerciale. Si elle ouvrira la porte à de vrais talents et sera le ferment d'une authentique créativité. Ou si elle ne fera que de participer au grand mouvement de décentrement en cours dans notre société de la dispersion.

Mais foin de bavardage. Lisons!

Image - Franz Eybl, Jeune fille lisant.
Les relations intenses ne peuvent jamais être équitables.
Il vous serrait la main si vous lui aviez montré suffisamment d'intérêt, que vous lui aviez fait un sourire témoignant que vous l'aviez reconnu. Sans quoi, il serrait la main de tous les diligents sauf la vôtre, montrant par là-même que vous aviez failli.
Lire avec application, c'est-à-dire lire en faisant autre chose.
Lire avec application signifie: rendre sa lecture moins ennuyeuse grâce à des logiciels.
Société de la dispersion: continuons à organiser la résistance, concentrons-nous sur ce que nous aimons.
Ne pas oublier de suivre un tout bon blog d'un lecteur qui a un oeil et une plume redoutablement fertiles: http://carnetsdejlk.hautetfort.com.
La cosse de papier qui a éclaté pour me délivrer son contenu n'a aucune importance en elle-même, de même que ma gousse physique.
Le livre lu est une brique de ma bâtisse, celui à lire est une promesse de devenir.
J'ai des amis, ils ont une de ces tronches d'accordéon en papier, mais alors qu'est-ce qu'ils sont sympas!
Manipulation: le mot est inapproprié. "Espripulation" conviendrait mieux.
La miniaturisation de la culture est tendance: minimaliste, invisible, elle permet à celui qui ne s'y consacre pas de ne pas être stigmatisé.

Huile sur toile de Sainte Thérèse d'Avila. Elle est d'une sensualité saisissante. Si un homme avait été aimé avec tant de ferveur, il aurait éclaté.


Je suis persuadé qu'on peut éradiquer de sa vie le fait d'être atteint par la mesquinerie.
Prodigieusement intelligent: j'admire. Prodigieusement sensible: je me réjouis.
Je ne t'avais pas vu car je n'avais pas ouvert ma porte.
Je sais qu'aucun des quelques grands choix que j'ai été appelé à faire dans ma vie n'ont été intellectuels.
La poésie rend audible le premier cri du nouveau-né.
Apprendre à écrire, c'est apprendre à être sincère. Tout le reste n'est qu'ornementation, courrier pour assureurs.
On lisait sur son visage, on entendait au ton de sa voix, qu'il considérait ce qui est fragile comme méprisable, bon pour être écrabouillé, brisé.
Je suis un sujet conquis du royaume familier.
Prêtre pédophile? Non, c'est trop facile de coller l'étiquette "ecclésiastique. Avant toute chose, un homme, pédophile, qui par ailleurs a une fonction - qu'il n'assume pas - de prêtre. Et quelle que soit son métier, boulanger, carreleur ou universitaires, son travers est tragique et intolérable.
Ne pas confondre instabilité et nécessité de s'adapter. On est souvent vu comme instable par des gens qui n'ont justement aucune capacité d'adaptation.
"Ce qui fait le prix de la vie est si fragile: une nuance, un sourire, un silence, qu'il faut sans cesse reconquérir sur la pesanteur qui en menace la grâce." (Maurice Zundel)
L'art de la mola sur le blog exotique d'un voyageur au panama. Un blog salsa picante.
On sentait qu'il faisait partie de ces gens pour qui ça fait partie d'un standing d'endurer, au point que ça en devient presque une raison de vivre.
Faire le vide intérieur, passer des heures et des heures assis sur un petit coussin, bien, mais pour se laisser remplir par quoi?
Il m'arrive de faire des gags qui ne font rire que moi. Mais qu'est-ce qu'ils me font rire.
Il est plus facile d'être une idole pour des milliers de personnes qu'un ami véritable sur lequel on peut compter tout au long d'une vie.
Il se bâfrait de spiritualité pour remplir la panse de son ego démesuré. Ca en devenait dégoûtant.
On sentait en lui l'homme intelligent, très intelligent, qui avait refusé de le devenir
Obnubilé qu'il fut par la poitrine généreusement offerte de l'épicière, il repartit en oubliant les fruits qu'il s'était promis d'acheter.
Le site Ina.fr est une mine d'or documentaire, avec des interviews des personnalités qui me sont chers. Et je crois bien que c'est grâce au trafic généré par les actrices de films pornographiques que l'Ina peut nous offrir d'entendre l'abbé Pierre, Jacques Ellul, le Dalaï-Lama, le Clézio, Henri Guillemin et tant d'autres. En effet, le site indique en permanence quelles sont les vidéos les plus vues, et je vois apparaître en tête de liste les photos de demoiselles plus connues pour leurs aptitudes mécaniques qu'intellectuelles ou créatives.
"Jeudi, on apprenait que huit employés du centre funéraire de X. à Y. avaient été mis à pied en raison de "graves irrégularités". Vendredi, la Tribune de Genève révèle que l'affaire a démarré avec une photo montrant un employé nu, un verre à la main, son sexe dans l'autre, dans une chambre funéraire."

C'est bien connu, Eros et Thanatos forment un couple. Ce qui est plus énigmatique, c'est la formulation de la dernière phrase. Doit-on entendre par "l'autre", l'au-delà?
Je ne croirai qu'on pense que le jour où je verrai une pensée, là, devant moi.
C'est bien normal de ne pas voir Dieu, de même qu'on ne voit pas la vie, on est dedans, comme l'air qu'on respire, le sang qui circule dans nos veines, les émotions et les pensées qui nous traversent. D'ailleurs, a-t-on jamais vu une pensée?
Le poète est celui qui vit une Passion de cette vie.
Un père à sa fille qui demande ce qui pousse sur le champ "tout jaune" (du blé):
- C'est la boulangerie.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?