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Si un jour tu aimes, tu aimes follement, nourris chaque jour cette folie, dresse un autel en son honneur dans ton foyer pour honorer qui t'a mis le palpitant en berzingue, souviens-toi de ce qui vous a réunis envers et contres toutes les petites mesquineries et autres banalités qui n'attendent que leur heure pour venir ronger, séparer, détruire.
Un ami me racontait que le philosophe Vladimir Jankélévitch avait placé un feu de signalisation devant la porte de son bureau et que personne, y compris son épouse, n’avait le droit d’entrer si le feu était rouge. L’anecdote ne nous dit pas si l’épouse en question avait installé le même stratagème dans sa chambre à coucher. Mais l’histoire est instructive. Sans aller jusqu’à baliser son appartement avec des panneaux de signalisation routière, il y a un code de conduite du couple qui permet de mieux vivre ensemble et qui est tout à fait explicite, si nous y faisons attention. Qui n’a pas brûlé le feu rouge que son conjoint signalait clairement afin d’éviter une confrontation stérile? Qui ne s’en est pas voulu de ne pas avoir respecté un cédez-le-passage qui aurait facilité bien des choses? Qui n’a pas roulé à contresens du bon sens ou encore qui n’a pas aimé trop vite sur une petite route de campagne amoureuse et romantique qui aurait nécessité de la lenteur?
Oui, il y a quelques signes qu’il est bon de respecter pour qui veut prendre soin de son couple. Qui plus est lorsqu’il y a des enfants qui déboulent à toute berzingue, chauffards en herbes brûlants de vitesse et de funambulisme auxquels il faudra apprendre à tenir compte d’autrui, à descendre de son trône pour se mettre au niveau d’un échange. Et dans ce domaine, le meilleur apprentissage qui soit, c’est l’exemplarité.
Oui, il y a quelques signes qu’il est bon de respecter pour qui veut prendre soin de son couple. Qui plus est lorsqu’il y a des enfants qui déboulent à toute berzingue, chauffards en herbes brûlants de vitesse et de funambulisme auxquels il faudra apprendre à tenir compte d’autrui, à descendre de son trône pour se mettre au niveau d’un échange. Et dans ce domaine, le meilleur apprentissage qui soit, c’est l’exemplarité.
Parmi les impasses dans lequel le conjoint peut très vite se retrouver coincé bien malgré lui, la coupe de cheveux de sa Dulcinée constitue un goulet d’étranglement de choix. C’est un lieu commun du couple. Elle arrive dans la pièce tandis qu’il est occupé à on ne sait trop quoi (oui, c’est très masculin d’être toujours sérieusement occupé à on ne sait trop quoi). Et, une main tenant ses cheveux relevés, elle lui dit:
- Tu ne trouves pas que ça m’irait bien si je me coupais les cheveux comme ça?
- Tu ne trouves pas que ça m’irait bien si je me coupais les cheveux comme ça?
Tu es en train de tricoter. Tu me prépares une écharpe qui ne me quittera pas de l’hiver. Je t’observe, et c’est avec émerveillement que je me découvre séduit par tes gestes simples, à mille lieues de tout érotisme. Tu me convies à un moment de paix et de tendresse. Tu dessines des boucles de laine avec habileté et rapidité. Cette image familière, tellement banale, me fait penser à nous et me donne profondément confiance. Un couple ne se bâtit pas sur de l’extraordinaire, mais bien au contraire sur des petits liens tissés au quotidien.
Cruel de voir qu'une personne de grand âge qui perd son conjoint ne bénéficie quasiment d'aucun encadrement psychologique, parce que ça va de soi vous comprenez, c'est la fin, alors on meurt. Oui, mais celle qui reste se trouve souvent pendant encore de longues années, tous les jours, avec certains souvenirs de ce passé commun qui sont parfois très douloureux. Et il serait bon, apaisant, de pouvoir mettre un peu de clarté. Cela aiderait à mieux appréhender cette nouvelle ère qui s'ouvre, de veuvage, qui est une forme de célibat et donc aussi de relations à refaire. Mais comment faire si on n'a personne à qui en parler, sans être un tant soit soutenu pour comprendre ce qui est arrivé. L'effondrement d'un pan de vie qui a hauteur d'arbre équivaudrait à la chute d'un séquoia géant, ça laisse une sacré béance. Et celle qui reste n'a qu'à être ce qui reste, le solde d'une vie commune. Elle est assise à la table de la cuisine, ne comprenant pas bien ce qui lui arrive, aplatissant des deux mains pour la nième fois le bord de la nappe comme si elle voulait tirer un trait net sur tout ce qui lui fait mal. Il est mort, il avait 90 ans, c'est naturel... C'est tout de même énorme ce qu'on tente de lui faire avaler en le mettant sur le compte du «naturel»:
- Votre compagnon de vie s'est dissout dans le grand tout, il était biodégradable, vous devriez être contente. Ah! Oui, mais ça ne vous exempte pas des taxes d'incinération ni de toute la paperasserie. Et en ce qui vous concerne, vous comprendrez que si nous devions mettre en place une cellule psychologique chaque fois qu'un conjoint décède, nous ferions exploser les coûts de la santé. Alors vous allez gentiment prendre votre antidépresseur, ce qui vous permettra en plus de soutenir la chimie bâloise.
Alors ainsi va la vie qui veut qu'on laisse le survivant s'empoisonner du bilan d'une vie qu'il ne sait pas faire, qui est par ailleurs certainement irréalisable, mais tout de même, quelques heures d'écoutes attentives et quelques conseils bien avisés lui aurait permis de s'armer pour penser ce drame intime.
- Votre compagnon de vie s'est dissout dans le grand tout, il était biodégradable, vous devriez être contente. Ah! Oui, mais ça ne vous exempte pas des taxes d'incinération ni de toute la paperasserie. Et en ce qui vous concerne, vous comprendrez que si nous devions mettre en place une cellule psychologique chaque fois qu'un conjoint décède, nous ferions exploser les coûts de la santé. Alors vous allez gentiment prendre votre antidépresseur, ce qui vous permettra en plus de soutenir la chimie bâloise.
Alors ainsi va la vie qui veut qu'on laisse le survivant s'empoisonner du bilan d'une vie qu'il ne sait pas faire, qui est par ailleurs certainement irréalisable, mais tout de même, quelques heures d'écoutes attentives et quelques conseils bien avisés lui aurait permis de s'armer pour penser ce drame intime.
La 200e chronique du royaume familier
Quand je suis aux côtés de ma Bien-Aimée, je n'ai pas besoin de théologiens pour comprendre que c'est Ève qui a donné vie à Adam, et que c'est lui qui a croqué la pomme de la discorde ne sachant pas assumer cet extraordinaire bonheur qu'elle lui offrait: être les premiers à vivre l'aventure extraordinaire du couple. Il n'a pu s'empêcher d'aller aux fraises - d'ailleurs, cette histoire de pomme ne me convainc pas, car "an apple a day keeps the doctor away"!
Message couple standard: sujet - L'amidon
- Tu n'en as pas racheté?
(Evidemment, quand on est dans la période de séduction, c'est le genre de question qu'on ne pose pas, et puis d'ailleurs on s'en contrefiche, la vie ne fait pas un pli dans ces moments, si ce n'est ceux de deux corps enlacés. Mais après 5 ans, quand tu veux faire le repassage, et que Madame lit la liste des courses -"commissions" pour les français - selon son bon vouloir et que tezigue va se taper le repassage sans amidon, alors là!!!!!)
- Tu n'en as pas racheté?
(Evidemment, quand on est dans la période de séduction, c'est le genre de question qu'on ne pose pas, et puis d'ailleurs on s'en contrefiche, la vie ne fait pas un pli dans ces moments, si ce n'est ceux de deux corps enlacés. Mais après 5 ans, quand tu veux faire le repassage, et que Madame lit la liste des courses -"commissions" pour les français - selon son bon vouloir et que tezigue va se taper le repassage sans amidon, alors là!!!!!)
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...
