Les pieds ne servent à rien dans le ciel. Mais sur terre, ils sont très utiles.
On apprend parfois des choses si belles, si importantes, qu'on se dit que ça ne peut pas être seulement pour cette vie-ci.
La relation entre les êtres nécessite une juste distance, comme la terre avec le soleil: trop loin, ça gèle; trop près, ça brûle.
Victor Hugo ne regarde pas les choses dont il parle, non pas parce qu'il est visionnaire, mais parce qu'elles ne l'intéressent pas. C'est pour cela qu'il les a faites non pas beaucoup trop grandes, mais beaucoup trop grosses.
L'adolescence, c'est ce temps où un jeune doit devenir étranger à sa famille pour que la rencontre avec ce qu'il va devenir puisse se faire et que cet entourage qui lui colle à la peau puisse prendre sa nouvelle mesure d'homme.

Jolie expression: "Des minuscules puits quantiques".
Face à la prodigieuse puissance du déni et sa cohorte de résistances hors normes drapées d'arguments rationnels - véritable bouclier d'Achille de la scotomisation, il reste deux atouts: le temps et la cryogénisation argumentative (et narrative).
Même les arbres ont leur pudeur. Je me demande si les feuillus ne sont pas un peu gênés d'être forcés de se mettre à nu face aux conifères.
Sa petite robe rouge d'automne est tombée au pied de son tronc, découvrant la nudité gracieuse de ses fines branches.
Ces lieux où quelqu'un vous dit quelque chose qui y reste accroché. Et, ensuite, chaque fois vous que vous y passez, vous vous en souvenez. Comme cette porte sur laquelle se trouve une étiquette qui me rappelle que ma petite soeur avait été étonnée que je ne sache pas si je devais la pousser ou la tirer vu que je passais par là tous les jours.
Un arbre, par sa forme et celle de ses feuilles, décline son identité: je suis chêne, bouleau, charme. Comme nous, par notre forme, nous disons que nous sommes humains. C'est tout de même un engagement d'assumer la forme qui nous a été donnée. Cela délimite les contours de notre action.
Il n'avait pas compris de quoi il parlait lorsqu'il lui avait expliqué qu'il ne pouvait pas poursuivre une relation avec cette femme, parce que la lecture ne signifiait rien pour elle, pas plus que la parole. Mais il ne mit pas long à comprendre lorsqu'il lui demanda s'il s'imaginait pouvoir partager sa vie avec quelqu'un qui pour qui les relations intimes n'avaient aucune importance.
C'est mesquin de chercher dans la vie d'un poète des failles pour invalider son génie. D'autant que ce sont souvent les points lumineux à partir desquels il a pris son envol.
Ne surtout pas laisser les Evangiles aux seuls théologiens. Ce n'est pas uniquement à leur usage que ces poèmes ont été écrits.
- Comment allez-vous?"

Voilà une question que j'aime liquider séance tenante, comme Malraux ou Haldas (rien que ça!). Ne serait-ce que parce que, la plupart du temps, celui qui vous la pose ne le fait que par pure convention. Qu'ensuite, vous ne le connaissez de toute manière pas suffisamment pour venir à lui parler si ça n'allait pas. Et que nous ne vivons pas dans une société où on aime tant écouter autrui.

Ou alors j'aimerais mettre cette question en suspens, le temps de la rencontre et demander:

- Comment irons-nous après nous être rencontrés, qu'aurons-nous échangé, partagé. Qu'est-ce que vous m'aurez apporté qui me fera aller bien, qui nourrira ma joie?
Ces petites feuilles jaunes-or, réparties sur le branchage ajouré du bouleau: on dirait une traîne klimtienne.
Ce matin, les troncs des trois cerisiers avaient revêtu un petit peignoir de brume.
Regarder sans juger: la grande affaire.
Je ne saurais dire pourquoi j'écris. Je suis viscéralement saisi.
A l'aube, le décideur se lève pour décider comme le rêveur pour rêver. Qui peut prouver que l'action de l'un influera plus que celle de l'autre sur la marche du monde.
Il avait l'oeil aiguisé, mais il lui manquait une pointe de tendresse.
Un ami me disait alors que je gémissais de vouloir donner plus de moi: "Qu'est-ce que tu es prêt à lâcher?"
C'est fou comme un poil humain isolé et non identifié peut être ragoûtant.
"Tu es pour moi ce que tu n'as pas." (Pedro Meca à propos des SDF)
Cette feuille d'automne sur le poirier, d'un beau rouge rouille, qui cède tendrement quand je veux la prendre, comme si elle avait parfaitement accepté qu'il était temps de quitter la branche, avec une totale abnégation. La mort est légère parfois.
Suivant ses invités, il décrochait le crucifix qui était au mur.
Chaussons nos lunettes d'aube.
Parce que je n'attends rien de toi, je suis en droit de tout espérer.
Quand je sors une fleur de son vase, j'ai l'impression de tenir un poisson hors de l'eau.
Nos forces se constituent à l'horizon de nos infirmités.
"L'écriture est le doigt qui montre le miracle." (Christian Bobin).

Mais bien sûr, c'est pour cela qu'on écrit, qu'on peint, qu'on chante et qu'on s'aime, pour pointer le miracle, dire à d'autres où on l'a vu afin qu'ils puissent s'y rendre.

Et Bobin d'ajouter: "Il y aura toujours, pour sauver le monde, quelques âmes éprises de ce qu'elles ont entrevu ou cru entendre."

Il n'y a pas besoin de plus de preuves que d'avoir été effleuré pour que notre coeur s'embrase comme une tête d'allumette.
"Quelque chose se tient constamment à nos côtés, prêt à nous aider." (Christian Bobin)
Lu sur un (grand) panneau publicitaire: "Les handicapés ne sont pas comme nous".

Ce seul message me laisse songeur. Il y aurait donc d'un côté les handicapés, et de l'autre, nous? Qu'est-ce à dire? Avant d'être handicapés, ce sont des êtres humains, des hommes, des femmes, qui souffrent d'un handicap.

Mais le message ne s'arrête pas là. Il est ensuite indiqué: "Ils relèvent des défis qui nous dépassent".

J'imagine qu'une personne handicapée qui lit ça doit aussi être dépassée. Mais qui sont ces gens qui mettent une telle pression sur les personnes handicapées? De quel droit s'amusent-elles, entre deux message sur Facebook, à écrire des messages pareils. Quel est leur but? Faire sensation? Etre lu? Oui, bien. Et après?

Ces gens ne connaissent pas la chance qu'ils ont de jouir de toutes leurs facultés. Sans quoi ils bosseraient un peu plus leurs campagnes publicitaires!
Ce grand gaillard, la quarantaine, dans sa voiture, devant la maison de ses parents. Il recule sur le petit chemin qui rejoint la route alors que sa mère s'efforce de le guider. Il ne peut s'empêcher de lui dire, sur le ton de celui qui tient tout de même à souligner qu'il n'est plus un enfant:

- C'est bon maman, tout va très bien.

Mais pour elle, ce n'est pas un adulte qui est au volant; c'est encore et toujours son petit, sur lequel elle doit viscéralement veiller, et qu'elle emportera dans toute la fraîcheur de sa jeunesse, avec elle, au paradis.
Il avait avalé un dictionnaire de citations niaises et doucereuses, s'imaginant que ça lui ferait office de pensées.
La truffe noir d'un bouledogue qui sent un quartier de mandarine orangé, comme s'il humait un lever de lune.
Il y a des familles ou rien n'ira jamais parce que chacun préfère aiguiser les petites querelles stériles, se draper d'orgueil, plutôt que de participer à la création de liens plus forts. Mais comment veut-on que les choses aillent mieux ici-bas si déjà, au sein d'une famille, tout n'est que discorde?
Si on regarde l'amour-propre au microscope, on voit quelqu'un, tout seul, qui nettoie frénétiquement le miroir de son ego pour s'assurer que personne n'y fasse de taches.

Amour-propre: quelle expression étrange.
Il y a des êtres qui remplissent la tirelire de leur coeur avec des pièces de cinq centimes alors qu'on leur donne un chèque en blanc.
Certains se retrouvent devant leur mère comme face à un employeur dont ils sont méccontents, qui ne respecte pas sa part du contrat, mais auquel ils n'osent rien dire de peur d'être virés.
La sirène vous chante des contes à vous boucher les oreilles avec du persil en guise de boules quiès - comme ce cher Ulysse - pour ne pas être enivré et perdre tous nos sens, puis, sans qu'on s'explique comment, elle finit par couper le persil pour le mettre dans la potée du soir.

Favoriser le silence des sens pour saisir l'essence.
Il lui avait dit:
- Je ne te tromperai pas.

Et il avait tenu parole. Il était venu lui dire qu'il la quittait pour une autre.
Ces couples qui sont obligés de trouver un tiers à exécuter pour se maintenir soudé, sous peine de se jeter l'un sur l'autre pour se déchirer.
Le contact répété, jour après jour, avec des personnes joyeuses, ouvertes, bienveillantes et humaines est excessivement favorable pour l'épanouissement personnel.
Joli d'apprendre que le verbe "câliner" trouve son origine dans un mot latin, "calinus", qui signifiant "chaleur de l'été". Un verbe à mi-chemin entre le prélassement et l'embrasement.
Ceci peut paraître pas très chrétien, mais il importe séance tenant d'aller secouer vigoureusement - mais alors vraiment très vigoureusement - l'être aimé qui vous fait des misères avant que ce dernier soit trop miséreux et malade pour n'être plus qu'une victime. Et encore, je dirai que dans certains cas, on peut encore aller le secouer. Quand c'est fait avec amour et égard, c'est souvent salutaire.
Le mot "Dieu", sous la plume de Bobin, est joyeux. Il danse. Comme le mot "Vie", sous celle de Frère Roger, rayonne.
Elle avait la perfidie d'une aiguille à tricoter.

(Je ne saurais expliquer pourquoi j'écris "elle". Surtout que "il" ne l'est pas moins.)
Je me méfie des écrivains qui ont des pieds d'apesanteur, à qui il manque de la terre sous la plante. Je ne les juge pas, au contraire, bien souvent je les aime.
"Pas d'infini sans clôture." (Christian Bobin)
J'aime le citron. C'est du soleil à savourer. Le soleil a le même goût que le citron d'ailleurs. Il pépille sur la peau comme le citron sur nos papilles.
Et toi, si tu mourais, qu'aimerais-tu que la mort oublie de prendre de toi sur terre?
"Les parfums des fleurs sont les paroles d'un autre monde."

Mais non, Monsieur Bobin, je ne suis pas d'accord! Et puis pourquoi dites-vous aussi que vous n'êtes pas fait pour ce monde-ci, alors que vous l'évoquez si bien? Vous êtes un tisseur du visible et de l'invisible.
Une plume blanche venue de je ne sais où s'est déposée sur la tranche du livre de Bobin que je suis en train de lire.
Il suffit de lire deux lignes de Christian Bobin pour se souvenir que la grâce existe ici-bas.
Cette personne handicapée qui rencontre une autre personne handicapée qu'elle ne connaît pas et lui lance gaiement:

- Moi aussi, je suis IMC, côté gauche.

Il ne lui aurait pas dit autrement qu'il avait joué comme ailier gauche au FC Nantes en 1982.
Incroyable de penser que par notre seule volonté, nous ne pouvons pas changer la couleur d'un seul de nos cheveux.
Affiche de Terre des Hommes, par ailleurs choquante: "Investissez dans un enfant des rues". Comme, également, ces affiches qui titrent en gros "Arrêtons de payer pour les handicapés". Mais dans quel monde vit-on pour qu'on en vienne à devoir écrire des choses pareilles afin d'espérer attirer l'attention du citoyen, de le faire réagir? On voit bien qu'il ne réagit plus, les publicitaires ayant mis à genou la langue, l'ayant fait rendre gorge pour qu'elle paye - et elle ne paye plus. De l'avoir traitée comme une fille de joie corvéable à merci, on a dépouillé la Belle de toutes ses vertus. Et que vont-ils écrire après ça?
La qualité du silence que je peux partager avec un ami m'en dit aussi long que les paroles échangées.
Pour Bossuet, la femme n'était qu'un os surnuméraire de l'homme. Il fallait os-er!
Ces hommes qui alignent des conquêtes comme autant de bouts de cordes reliés pour tenter de puiser un peu de paix au fond du puits du manque.
A force de lire partout que de s'asseoir sur un coussin sans rien faire c'est formidable, on se dit que la chaise est peut-être une entrave à l'évolution de l'occident. Imaginons François Mitterrand assit en lotus dans son bureau à l'Elysée. Il aurait eu l'air moins crédible - et plus humain peut-être.
A la naissance d'un enfant biologique, on lui souhaite la bienvenue. Quand on adopte un enfant, on le remercie de nous accueillir.
Si on regarde l'adolescence au microscope, on voit des feux qu'on s'efforce d'éteindre à coups de sérénité.
Bobin est lumineux: évidemment que notre vie dite "spirituelle" n'est rien d'autre que notre vie amoureuse.
J'aime la solitude comme une personne, comme si c'était ma Dame Solitude.
Il était infidèle, avec une amante de toujours, Solitude.
La vie se vit, elle vit de se vivre, c'est son rôle à la vie, vivre et nous cherchons un sens alors qu'elle nous répond sans cesse: VIT!
"La terre qui reçoit la graine est triste. La graine qui va tout risquer est heureuse." (René Char)

Oui, mais la terre est-elle si triste?
Femme qui pleurniche finit souvent en mouchoir, rarement en robe blanche.
Nous avons des yeux et des oreilles dont nous nous servons comme si nous voulions surtout ne pas voir.
Ca me travaille cette question du divin.
Amkoullel, l'enfant peul, d'Amadou Hampâté Bâ: moi qui pensait que c'était dans les romans russes qu'il était le plus difficile de mémoriser le nom des personnages, je me suis bien trompé.

Dans ce roman, Amadou Hampâté Bâ décrit avec quelle évidence les individus tissent des liens entre eux, c'est époustouflant. Tandis qu'en Europe, on va être bouleverser par la mort d'un ami qui laisse un orphelin, en apportant une aide circonspecte, au Mali, il sera aussitôt intégré à la famille et trouvera un nouveau père qui en prendra la responsabilité. Il y a une plasticité du lien qui doit être extrêmement rare sous nos latitudes.
Une caresse est une empreinte soufflée.
"Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience." (René Char)
Les scènes de vie les plus pauvres dissimulent une constellation de détails d'une richesse inouïe. Laissez-moi assis dans n'importe quel hall de gare, banc public, bistrot, quai et mon bonheur est assuré.
Ne pas avoir d'amantes diminue considérablement les frais de téléphone portable.
La frontière entre la tolérance et le j'men-foutisme est ténue.
Les traces, les empreintes, font rêver, stimulent notre créativité. Les preuves sont souvent des culs-de-sac qui barrent l'espoir.
Aujourd'hui j'ai vu un grutier qui, du haut de son poste de contrôle, sciait un bout de sa grue.
M'amuse royalement de penser que le fils de Henri Dès, le chanteur étoile des enfants, est batteur dans un groupe qui s'appelle "Explosion de caca".
Il se sentait coupable envers cette religion qui ne manquait pas de lui rappeler qu'il était coupable.
Toutes les religions, les sectes, les clubs renfermés sur eux-mêmes sont entourés d'hommes libres, d'air et de ciel bleu.
Cette petite faux rotative pour éclaircir les taillis, qui fait craquer les branches des buissons en même temps que quelques os de souris.
J'ai toujours été étonné que le mot "porcelaine", porc et laine, désigne une matière aussi cassante.
S'abandonner: oui, mais s'abandonner chrétien, antique, bouddhisme, poétique? Qu'importe! Ce sont autant de voies d'accès à l'intime de l'être. Autant de couleurs, de saveurs, de musiques pour aller au plus proche de soi.
S'abandonner, s'abandonner... Oui, je veux bien. Mais je dirais plutôt: devenir responsable, devenir responsable. S'assumer, se prendre en charge pour gagner en liberté.
Me semble tout de même parfois qu'on colle une couche de religion de manière artificielle sur des questions humaines qui peuvent tout à fait s'en passer.
La philosophie antique serait-elle de la plus juste distance et le christianisme du plus profond amour?
"Faites bien et dans la paix, les pauvres petites choses qui sont proportionnées à vos pauvres forces. C'est dans ces choses que se cache l'Amour." (Charles Journet)
Si vous voyez les décortiqueurs d'enchantements, ceux qui se rassasient de merveilles en pièces détachées, fuyez!
"Cessez de chercher le chemin pour le trouver". A priori, on pourrait penser que ça ne veut rien dire. C'est une injonction banale, vide de sens, avec un fort relent de spiritualité de bas étage. C'est exactement le type de phrase qui ne satisfera jamais notre cerveau. Si on ne la métabolise pas, on ne peut pas la comprendre. Comme la plupart des choses importantes pour notre vie, d'ailleurs.
Entre Proust et Dostoievski, un monde! L'un analyse à n'en plus finir un confetti de rose métaphysique tandis que l'autre interroge notre humanité à l'aune du proscrit.
Il n'y a pas à tergiverser ou à se poser des milliers de questions pour savoir si c'est la femme ou l'homme de notre vie. Si le centre, le coeur, l'intime est occupé, c'est elle, c'est lui. Sinon, poursuivre ses recherches.
Je me promets toujours de lire un gros livre de philosophie ou un essai bien épais, et je me réjouis de tout ce savoir que je vais acquérir, de toute cette intelligence que je vais métaboliser.

Puis, j'y renonce avec un soulagement similaire à un gros sac de cailloux que j'aurais porté sur mon dos et je plonge dans un recueil de poèmes, léger, léger...
Jacques Vergès, seul, sur scène, dans sa pièce Serial plaideur, qui prend la défense de ce qu'il y a de plus humain en nous, de ce qu'il reste toujours, en définitive, d'humanité, en chacun. Quel qu'il soit: proscrit, assassin, renégat. Le rachat possible de tous par la parole sur la scène du procès. Superbe!
Cette incroyable maturité féminine: on dirait que c'est fait exprès.
Quand on fait une activité de support, on est régulièrement confronté à des gens qui ne font pas la différence entre le service, l'outil qui leur pose problème et la personne qui leur répond. Comme si cette personne était le service et l'outil et qu'ils pouvaient donc se permettre d'être désagréable! Ainsi, ce sale type à la Migros qui s'est mis à enguirlander la caissière parce qu'il ne trouvait pas les vis qu'il voulait. Pauvre abruti!
On sent bien qu'au-dedans de nous il y a quelque chose qui sait mieux que nous, qui ne demande qu'à nous guider et qu'on obscurcit à grands coups de raisonnements.
Rilke est un maître du doux - relire les Lettres à un jeune poète.
"Réserve une demi-heure chaque jour à la prière, sauf lorsque tu as beaucoup à faire. Dans ce cas, prends une heure." (Saint François de Sales)
Ces écrivains qui se mêlent de balafrer la vie de tant de gens à l'acide de leur plume alors qu'ils n'ont eux-mêmes aucune charge, ni familiale, ni professionnelle.
Ecrire des aphorismes, c'est se livrer à un "art inférieur d'esprits au souffle court, un art dont certaines gens, surtout en France, ont vécu et vivent encore, en quelque sorte des pseudo-philosophes pour tables de nuit de malades [...] dont les maximes finissent par s'étaler sur tous les murs des salles d'attente des cabinets médicaux." (Thomas Bernhard, Le naufragé).

Si au moins on voyait ces aphorismes sur les murs des salles d'attente.
Ce marron qui ne semblait qu'attendre la pitchenette que je lui imprime du pied pour se mettre à sautiller gaiement le long du chemin avant de sauter dans le talus pour se cacher dans l'herbe.
Parler du réchauffement climatique: important. Parler du refroidissement du coeur humain: encore plus important.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?