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Anita, l’amie qui me coiffe, m'a suggéré de me «relooker». Ce qui est plutôt flatteur, car je pourrais m’imaginer que je n’ai pas encore atteint le stade à partir duquel plus personne ne se permet de vous faire de remarques, le désastre vestimentaire étant avéré. Mais il y a malheureusement un paramètre essentiel qui me manque pour réussir cette conversion stylistique: l'envie. D’ailleurs, ce n’est pas faute d’avoir essayé d’investir un peu de temps et d’argent pour m’habiller de sorte à être dans le coup - même si je n’ai jamais bien su lequel. J'ai même constaté que mes tentatives produisaient un certain effet auprès de la gent féminine. Mais cette récompense narcissique n’a jamais été suffisante pour que je poursuive mes efforts. Et ce n’est pas tout. J’ai un autre problème, dont Anita ne pouvait pas se douter...
Premier appel sur mon téléphone "L'aphone". Instant d'émotion quand le dring dring de la première moitié du siècle passé a retenti dans le silence de l'appartement. On m'aurait appelé de la lune que ce n'aurait pas été différent. Ce fut un moment surréaliste, cet arrivée d'un appel extérieur sur ce vieil appareil qui résiste à l'anéantissement des nouvelles technologies.
Je me suis procuré un vieux téléphone en bakélite des années 50. Nonobstant le fait que l'engin fonctionne à merveille et qu'il trône dans mon salon comme dans un commissariat où on s'attendrait à voir un Jouvet venir répondre, il m'a permis de faire la rencontre d'un bricoleur cordial et jovial à mille lieues du vendeur gominé d'un opérateur carnivore. Il n'a qu'une seule et unique fonction à laquelle il est, depuis tant et tant d'années appliqué. Et je le regarde non sans éprouver la même paix qu'à la vue d'un ciel sans avion. Je l'ai surnommé L'aphone.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...