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«L'homme cultivé n'est pas celui qui 'résout' - ou croit résoudre - les problèmes, mais celui qui les creuse et qui, en les creusant, voit le mystère infini qu'ils recouvrent. Pour l'esprit primaire au contraire, il n'y a pas de mystère, mais seulement des 'problèmes', et la marge d'inconnu qui subsiste encore dans la nature s'effacera peu à peu, à mesure que la science progressera. Pour l'homme cultivé, il y a non seulement de l'inconnu, il y a de l' 'inconnaissable', et plus il avance dans la connaissance des choses, plus il prend conscience de l'irréductibilité de l'inconnaissable, car la réalité suprême n'est pas accessible à l'intelligence discursive.»
- Gustave Thibon (in "l'information contre la culture" - p.53 de "les hommes de l'éternel")
Nous comprenons beaucoup plus de choses que ce que nous pensons pouvoir rationnellement comprendre. Nous sommes beaucoup plus vaste que cette frêle cime que nous nommons «raison» et à laquelle nous avons délégué le droit tyrannique de nous dire ce qui peut ou non être compris. J'ai la conviction que quelque chose en nous pense beaucoup mieux que nous ne pensons penser. Comprends beaucoup mieux que nous ne pouvons comprendre. Il s'agit juste de ne pas faire obstacle.
Que je lise une vie de saint ou «Vent de sable» de Kessel, je suis admiratif et reconnaissant que des hommes et des femmes aient consacré leur vie à chanter ce qu'il y a de plus beau et de plus haut dans une vie humaine. De l'avoir dit et d'avoir mis cette tâche au-dessus de tout. D'avoir fait briller des étoiles au firmament de notre ciel intérieur, malgré nos mesquineries, nos relents fétides, nos bassesses et notre cruauté. Ces étoiles sont des repères qui nous guident sur notre chemin dont nous ne connaissons pas la destination, mais dont nous pressentons que c'est par là qu'il serait bon d'aller. Et nous y allons, nous nous perdons toujours, souvent, mais qu'importe, il ne peut en être autrement, nous devons nous tromper. Se perdre, ce n'est pas courir à notre perte. Et ces étoiles, ils ont su les placer suffisamment haut afin de raffermir nos espérances, et nous permettre de traverser nos tourmentes, jusqu'à des clairières plus sereines, jusqu'à l'oasis. Et puis nous poursuivrons notre voie, en levant la tête de temps à autres pour demander aux étoiles par où aller. Oui, il est bon d'avoir près de soi des êtres qui ont su dire notre grandeur pour défier la morosité et nos découragements.
J'ai l'impression que certains représentants de la jeune génération est de plus en plus lente pour effectuer des associations d'idées, jouer avec les mots et glisser sur les sens. Ils sont promptes à zapper, à surfer, à se disperser, mais je me demande parfois si leur tissu mental ne manque pas un peu de tenue, de densité et de fluidité, bref, de consistance.
Toute notre intelligence est dans le ventre. Quiconque à chercher à méditer ou simplement à se détendre a pu éprouver que le centre du corps n'est pas au sommet, mais là, au milieu des viscères, de la tuyauterie qui entoure Sieur Nombril. Nombril qu'il est bon de regarder, non pas par narcissisme, mais comme repère d'un lien secret à toute chose - ce fut tout de même notre premier sentier de vie.
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