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La merlette qui s'affaire dans le jardin alors que tout est calme chez les humains, ce rayon de soleil de début d'année qui diffuse tant de paix, de sérénité, ma fille de trois ans qui bouquine du Julian Barnes tandis que le bouledogue ronfle et que sa maman dort après une belle soirée riche d'amitié, oui, la conjonction de toutes ces petites choses en ce premier jour de l'an me rend parfaitement heureux.
Cette année, je vous la souhaite pas comme en 14, ce serait bien trop explosif, mais riche de petits trésors infimes qui, lorsqu'ils sont réunis, nous apportent un bonheur sûr et savoureux.
Cette année, je vous la souhaite pas comme en 14, ce serait bien trop explosif, mais riche de petits trésors infimes qui, lorsqu'ils sont réunis, nous apportent un bonheur sûr et savoureux.
- L'homme de grande paix est homme de longue vie -
Pour vivre, laisse vivre. Non seulement les pacifiques vivent, mais ils règnent. Il faut ouïr et voir, mais avec cela se taire. Le jour passer sans débat fait passer la nuit en sommeil. Vivre beaucoup, et vivre avec plaisir, c'est vivre pour deux; et c'est le fruit de la paix intérieure. Celui-là a tout, qui ne se soucie point de tout ce qui ne lui importe point. il n'y a rien de plus impertinent que de prendre à cœur ce qui ne nous touche point, ou de n'y pas laisser entrer ce qui nous importe.
-- Baltasar Gracián, L'art de la prudence, maxime 192
Pour vivre, laisse vivre. Non seulement les pacifiques vivent, mais ils règnent. Il faut ouïr et voir, mais avec cela se taire. Le jour passer sans débat fait passer la nuit en sommeil. Vivre beaucoup, et vivre avec plaisir, c'est vivre pour deux; et c'est le fruit de la paix intérieure. Celui-là a tout, qui ne se soucie point de tout ce qui ne lui importe point. il n'y a rien de plus impertinent que de prendre à cœur ce qui ne nous touche point, ou de n'y pas laisser entrer ce qui nous importe.
-- Baltasar Gracián, L'art de la prudence, maxime 192
Voici quelques semaines que le beau titre d'un livre de Frère Roger me sert de boussole:
En tout la paix du cœur
Même si, la plupart du temps, je ne peux que constater que je fais le grand écart avec cette paix qui demande beaucoup de vigilance, d'abandon, de désir aussi de prendre sur moi, de surmonter mes mauvaises habitudes.
«Travaille, travaille! Ne perds pas un instant... Calme-toi, tranquillise-toi, maîtrise tes sens. Travaille, travaille! Contente-toi de vieilles hardes, mange une nourriture frugale... feins l'ignorance, fais semblant de ne pas savoir t'exprimer. C'est le meilleur moyen d'économiser de l'énergie et cependant c'est efficace.» (Hongren, maître chinois de bouddhisme chan du XVIIe siècle)
Lorsque je découvre ce genre de citation au détour d'une lecture, je bénis du fond du cœur l'institutrice qui m'a appris à lire et la traductrice qui m'a permis de pouvoir la comprendre.
Lorsque je découvre ce genre de citation au détour d'une lecture, je bénis du fond du cœur l'institutrice qui m'a appris à lire et la traductrice qui m'a permis de pouvoir la comprendre.
«Le chant précoce d'une cigale s'arrête
plusieurs points lumineux, les nouvelles lucioles
volettent
la flamme de la lampe à résine d'orchidée
est claire, sans fumée,
la natte en bambou est fraîche, une légère rosée
je ne monte pas encore dans ma chambre
pour me coucher
je vais dans la véranda du devant pour y flâner
le clair de lune déclinant pénètre dans la galerie
basse
le vent frais remplit les grands arbres
je laisse aller mon sentiment, parfaitement à l'aise
à contempler le paysage je trouve mon plaisir
comment en suis-je arrivé là?
en n'ayant dans le coeur plus aucune affaire futile»
(Soirée paisible, Po Chu-yi)
Moment de paix intense... «Je ne monte pas encore pour me coucher», moment de vacance féconde où l'être est entièrement disponible pour s'imprégner de ce qui l'entoure. La lecture de ces seules lignes m'emplit d'aise, parenthèse enchantée qui me régénère. Je rejoins Po Chu-yi sur sa véranda pour vivre avec lui ces minutes heureuses. Ce poème est un art de la mise en suspension de soi, un exemple de notre capacité à nous dégager de la course du devoir pour jouir pleinement d'être là, hic et nunc.
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