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Ne jamais oublier que celui qui se plaint de devoir faire allégeance cherchera à se venger de celui à qui il se confie si ce dernier ne plie pas sous le même joug que lui.
Cette cheffe de guichet seule avec une stagiaire. Tandis que le téléphone sonne, la cheffe qui est déjà avec un client dit:

- Est-ce que quelqu'un peut répondre?

Ce «quelqu'un» à l'intention d'une personne qui est présente est d'une accablante vulgarité. Certainement que la stagiaire n'a pas encore acquis toute la dextérité nécessaire. Et alors? Est-ce une raison pour s'adresser à elle de biais?  On sent la mobbeuse qui s'est astiquée la langue pour rendre la vie de ses subordonnés insupportable.
Durant le fameux débat entre les deux candidats français, ce qui m'a marqué, c'est la dureté des échanges. Comme si une parole bienveillante à l'égard de l'adversaire revenait à perdre la face. Aucun des deux n'a eu le cran de reconnaître que peut-être telle ou telle action avait du sens, et qu'il n'aurait pas fait mieux dans les mêmes conditions. Certes, on sait que l'exercice est une joute oratoire, et que la finalité est de tenter de détruire l'autre. Mais enfin, il s'agit tout de même de mettre un homme à la tête d'un État. Un homme qui devrait rayonner de qualités et de vertus qui l'honoreraient et donneraient confiance aux électeurs qui lui confieront l'arme la plus dangereuse qui soit pour leur propre avenir: le pouvoir. Dans ces conditions, se montrer humain aurait-il été honteux? Révéler des qualités de cœur aurait-il été dramatique? J'ai assisté durant trois heures à l'affrontement de deux hommes qui n'ont pas laissé transparaître une once de générosité, si ce n'est rhétorique. L'un fantasmait sur ce qu'il ferait et l'autre justifiait ce qu'il avait fait, chacun n'attendant que de pouvoir prendre l'autre en défaut de sécheresse, c'est-à-dire vivant, avec ses faiblesses, ses manques, bref tout ce qui aurait laissé transparaître une part sensible de sa personne qu'il aurait pu allégrement piétiner pour montrer qu'il était le meilleur.
L'exercice de l'Etat - Ce film est une très belle illustration de la séduction et de la violence inouïe du pouvoir. Et des acteurs qui jouent tous avec une fantastique justesse. A voir, absolument.
Quand il apprit que l'homme qu'il croisait tous les jours était le membre d'un puissant conseil d'administration, il se mit à lui dire «Bonjour Monsieur», sans trop bien savoir pourquoi, vu qu'il ne lui devait rien, qu'ils n'étaient rien l'un pour l'autre et qu'ils ne seraient jamais appelés à se rencontrer.
«La plus juste, la plus forte, la plus inviolable des lois de la divinité, c'est que le plus faible soit toujours soumis au plus fort.» (Epictère, Entretiens, Livre I, LXXV)
«Le sentiment de performance est pathogène.» (Docteur Patrick Haemmerle, à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale)
Lorsque je croise une voiture de police de notre région sur laquelle est pourtant inscrit le cordial message publicitaire "Pour votre sécurité", je ne manque pas d'éprouver un léger malaise, comme face à toute forme de pouvoir, même les forces dites de l'ordre, qui font partie pour moi des dangers neutres, comme les cataclysmes ou les éruptions volcaniques, toujours susceptibles de dérapages imprévus, d'autant plus redoutables qu'ils se sentent dans leur bon droit.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?