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Qui nous sommes, ce que nous sommes, est le lieu d'un possible éveil. Pas ce que nous imaginons être, mais bien ce que nous sommes, sur le terreau de nos manquements, souffrances, joies, comme la boue pour le lotus.
«Les principes n'ont jamais sauvé personne, amico mio. Ils sont nécessaires comme les panneaux indicateurs sur les routes ou comme les barrages dans les vallées, mais les bornes ne sont pas la route, les barrages n'ont jamais produit une seule goutte d'eau»

-- Jean Sulivan, D'amour et de mort à Mogador.
Peu importe que nos travaux soient répétitifs si nous parvenons à les accomplir avec une fraîcheur d’âme et d’esprit. Si chaque fois que nous les accomplissons, nous faisons travailler quelque chose qui nous amène à être plus présents à la vie, à soi-même, à autrui. L’essentiel, ce sont les dispositions intérieures dans lesquelles nous accomplissons nos tâches quotidiennes. Tout participe à notre croissance.
Le temps nous sacrifie, nous dépouille afin que quelque chose fasse jour à travers tout ce que nous perdons.
Comme l'écrivait Maurice Zundel, pour être quelqu'un, il faut arrêter d'être une chose. D'où la nécessité de bien s'entourer de gens capables de percevoir qui nous sommes, et non pas seulement à quoi nous pouvons leur servir. De gens qui ont le sens d'une vie qui a du cœur.
La parabole des talents (le talent désignant ici une monnaie et non un don) promet au riche d’être encore plus riche, et au pauvre encore plus pauvre. Trois serviteurs se voient confier une certaine somme d’argent par leur employeur qui part en vacances. En son absence, à chacun de la faire fructifier en l’investissant de la manière la plus judicieuse, selon ses capacités dit le texte. Celui qui a reçu le plus gros montant parvient à réaliser un maximum de bénéfice; le second ne s’en tire pas trop mal, mais le dernier... Le malheureux! Il creuse un trou dans la terre pour enterrer l’argent. Lui, c’est l’employé médiocre, sans audace, couard, qui ne sait rien faire des opportunités qu’on lui offre, aussi minimes soient-elles. Encore une chance qu’il ait trouvé un job.

 C'est bien le grain de blé qu'on enterre dont on fait moisson.
L'enfant, pour grandir cherche à attraper tout ce qui est plus haut que lui, en se mettant sur la pointe des pieds, en s'étirant, pour aller vers le ciel. Une fois adulte, il comprend que pour continuer à croître, il faut apprendre à se baisser, à s'agenouiller, à se courber, non pour se soumettre, mais toujours pour rejoindre le ciel, celui du dehors, et celui du dedans, qui brille à travers de toutes petites choses qui se trouvent à portée de main dans notre quotidien, comme un petit enfant à qui on tend la main.
Je suis toujours étonné de voir des journaux mettre les divertissements dans leur rubrique culturel. A mon sens, la culture demande un effort favorisant la croissance intérieure. La détente n'en est pas exclus, mais une détente de qualité, humaine. Attention, je ne parle pas d'une culture pouvoir ou élitiste, mais d'un engagement fécond de  soi avec l'objet culturel (livre, spectacle, film, ...). Un face à face avec une matière palpitante qui nous convoque, qui ne nous veut pas inerte, dépossédé de soi, mais qui requiert toute notre attention, notre participation.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?