La semaine commence, il faudra une fois encore prendre des mesures pour qu'elle ne m'avale pas d'un coup. Me retirer chaque fois que cela est possible, pendant la récréation que je surveille ce matin, à midi lorsque la cour déserte est remplie de lumière, plus tard avec les derniers rayons du soleil.
-- Jean Prod'hom, lesmarges.net
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«Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. Ils n'ont pas la forme longue, cette forme des choses qui vont vers des buts: la flèche, la route, la course de l'homme. Ils ont la forme ronde, cette forme des choses éternelles et statiques; le soleil, le monde, Dieu. La civilisation a voulu nous persuader que nous allons vers quelque chose, un but lointain. Nous avons oublié que notre seul but, c'est vivre et que vivre nous le faisons chaque jour et tous les jours et qu'à toutes les heures de la journée nous atteignons notre but véritable si nous vivons. Tous les gens civilisés se représentent le jour comme commençant à l'aube ou un peu après, ou longtemps après, enfin à une heure fixée par le début de leur travail; qu'il s'allonge à travers leur travail, pendant ce qu'ils appellent "toute la journée"; puis qu'il finit quand ils ferment les paupières. Ce sont ceux-là qui disent: les jours sont longs.
Non, les jours sont ronds.»
-- Jean Giono, Rondeur des jours.
Des buts, se fixer des buts comme des mousquetons sur le calendrier, comme un filet jeté sur les 365 jours à venir pour ne pas patiner sur le grand planning vitrifié de la nouvelle année. Parce que nous ne pouvons pas rester là, en attendant le 1er janvier prochain, même s’ils se ressemblent tous. Et finalement, c’est une bonne chose de se sentir contraint à une certaine productivité dont nous tirons avant tout une satisfaction personnelle, et le plaisir d’être dans le coup, d’avoir aussi quelque chose à raconter, de montrer que nous avançons. Vers quoi? La grande affaire! Mais nous avançons. Chacun aura sa propre unité de mesure pour faire sa pesée de l’année prochaine et évaluer sa valeur. Le séducteur comptera en nombre de conquêtes à faire, l’anxieux en nombre d’angoisses surmontées, le cupide en argent gagné, le lecteur en livres lus, l’ambitieux en projets menés, l’écrivain en pages écrites, le paresseux en vaisselles pas faites, l'inspiré en siestes accomplies, et ainsi de suite. Chacun aspirera à ses victoires annuelles, ses rencontres, ses surprises, ses échecs.
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