Certains parleront aussitôt de culture pouvoir. Mais je fais tout de suite la différence entre une personne qui a cultivé son terreau intérieur par la lecture, la réflexion, une certaine ouverture aux autres et au monde. Et ceux qui vivent à la surface d'eux-même.
Et ce n'est de loin pas qu'une question de culture. Ou d'université, ou d'école.
Je suis persuadé que ce qu'on appelle des "smartphones", ces téléphones qui sont quasiment des ordinateurs, sont profondément débilitants et dangereux pour la santé mentale. On vante les multiples "applications"- les petits programmes qui permettent de jouer- qu'on peut télécharger... Combien sont utiles? Combien vont au-delà d'une distraction qui ne remplace même pas, à mon avis, le livre qu'on peut laisser traîner à la salle de bain.
Je ne comprends pas comment on peut perdre du temps avec ces gadgets au lieu de s'appliquer à regarder le monde qui nous entoure...
Voyez-les béats vous montrez que si vous soufflez à la surface de l'écran, vous pouvez "faire de la musique"... C'est pathétique. Mais réveillez-vous que diable! C'est inimaginable qu'un être humain se laisse absorber par un outil un milliard de fois moins performant que lui!
Et puis, honnêtement, dites-moi combien de temps vous font perdre ces appareils au regard du temps utile qu'il vous procure? Et je ne parle pas de consulter vos mails en direct, google en direct, facebook en direct. Parce que le direct, pour moi, c'est la relation qu'on entretient à soi-même, aux autres. Pas à un "smartphone".
Smartphones... encore une technologie creuse livrée avec un mode d'emploi technique en 15 langues.
Ma soeur rigolait l'autre jour en voyant que je ne m'étais pas souvenu tout de suite de mon âge...
Je dois bien avouer que j'ai tendance à l'oublier. Je distingue des tranches, des portions de vie, et j'ai des objectifs par rapport à certaines d'entre elles. Et des rêves à réaliser pour toutes. Des voeux également, comme pour celle que je suis en train de vivre et pour la toute dernière.
Le reste m'importe peu.
Ce matin au réveil, j'ai allumé la radio de notre première radio publique. J'ai d'abord cru que l'animateur parlait en langue étrangère. La vitesse de son débit laissait mon cerveau au bord du sens. C'est stupéfiant de parler si vite! Les phonèmes défilaient comme un rapide passant dans une gare à toute berzingue: on ne parvient pas à distinguer les visages de passagers à la fenêtre.
A ce train-là, mes oreilles restent à la traîne.
Le samedi de Mélusine

Tu ne m’es pas semblable.
Je suis déboussolé.
Quoi qu’il se passe, je sais que ma mère est ma mère, que mon père est mon père, que ma sœur est ma sœur et ma fille ma fille et mon fils mon fils, et se déroule comme une pelote la généalogie de mes liens congénitaux. Les liens d’avant; les liens d’après. En haut; en bas. C’est mon aérobique familial. Comme Tarzan, je passe de liane en liane, de lien en lien, connaissant chacun comme ma poche, sachant ce qui blessera ou attendrira, les points de hautes voltiges et de tension perpétuelles. Ce sont mes semblables. Nous sommes globulairement unis. Je connais parfaitement ma position sur la carte des mêmes.
Mais toi… Tu t’es campée très exactement en face de moi. Tu ne m’offres aucune certitude. Tu n’es pas un précédent ou un descendant dans mon histoire. Nous ne sommes reliés par aucun lien de sang. Pourtant, notre chemin est là, par-dessus le vide qui nous sépare. C’est à cet endroit précisément – et aucun autre - que nous devrons passer. Tendre un pont entre toi et moi. Dès notre première rencontre nous avons lancé les filins qui seraient la fondation de l’édifice à venir. Aussi ténus fussent-ils, ils constituent peut-être les liens les plus sûrs et les plus fidèles.
Toi… un monde. Tu m’étourdis. Pourquoi toi ? Les liens du sang sont immobiles, c’est un héritage définitif. Les liens du cœur, par contre, sont perpétuellement en mouvement. Tu m’échapperas toujours. D’ailleurs, vouloir t’assimiler, absorber ton altérité, serait un meurtre. Privation de l’essentielle liberté qui te distingue de moi. Je me dois de respecter ton samedi de Mélusine. Garder la juste distance pour que le lien, aussi fort soit-il, ne devienne pas un nœud coulant. Pour que le symbole du rosier ou des racines entremêlés ne se transforme pas en un platane de trottoir qui enserre un lampadaire froid en son tronc…
Pas un bout de gène entre nous ! Je fouille dans la gaine technique de notre relation. A part un sacré fouillis, je ne trouve rien de tangible. Nous ne sommes pas dans l’ordre du biologique, mais dans celui des lois non écrites du cœur. A tout moment nous pouvons rompre. Entre nous, tout peut éclater, et c’est la grandeur de notre lien. Parce que tout peut finir, tout peut se construire. Nous ne sommes pas un état de fait. Tu ne m’es d’aucune évidence. Le grand péril serait de l’oublier.
Pour tout l’inexplicable qui nous lie, pour toute la richesse que ton sang apporte à mon sang, et pour notre sang mêlé en une nouvelle vie, pour le métissage de nos mémoires, je fais serment de respecter ton samedi de Mélusine, dussé-je te perdre. C’est à ce prix que tu ne seras jamais mon hypocrite semblable, mais ma plus belle différence.
- Un pas de plus –
Le roman de Mélusine, Coudrette, Gallimard- Flammarion.
L’esprit de solitude, Jacqueline Kelen, Albin Michel.
J'abhorre les démarcheurs, qu'ils tentent de passer par ma porte, mon téléphone ou mon courriel.
Pour me dédommager du temps qu'ils me font perdre, je tente des pirouettes linguistiques afin de voir comment ils réagissent.
Comme ce matin, avec ces deux cravatés, à qui j'ai lancé un "y a personne" alors qu'ils sonnaient à ma porte. Et eux de sonner à nouveau et moi de leur confirmer que:
- Y a personne!
Oui, mais si tu n'es pas atteignable et que malheur arrive, tu t'en voudras de ne pas avoir profité des nouvelles technologies.
A ce que je sache, si malheur arrive, le premier numéro à composer, c'est celui de la police, des pompiers ou des ambulances.
Ensuite, j'ai été témoins de deux accidents graves en 34 ans. La première fois, il s'agissait d'un désespéré qui avait sauté du cinquième étage, laissant sa vie sur le carreau. La seconde fois, d'un motard qui avait été percuté par une voiture: nous devions être une dizaine à avoir alerté la police à l'aide de notre téléphone portable.
Pour moi

Voici ce qu’un amoureux soufflait l’autre jour à sa Valentine…
Pour moi, tu n’as pas à réunir le plus grand nombre de qualités possibles
Pour moi, tu n’as pas besoin d’être une pin up de magazine
Pour moi tu n’incarnes pas un phantasme
Pour moi, la durée n’est pas un présent
Pour moi, tu n’as pas besoin d’être forcément une promesse de bonheur
Pour moi, tu n’es pas une évasion
Pour moi, nous est une création quotidienne
Pour moi, tu n’es pas une fée de légende
Pour moi, toutes tes faiblesses ont leur raison d’être
Pour moi, tu es un amour assumé
Pour moi, amour et désir ne sont pas séparés
Pour moi, ton visage est ma plus belle différence
Pour moi, tu es la femme que je désire
Pour moi, je veux tout de toi
Pour moi, tu n’es pas une femme fatale
Pour moi, tu es une femme du destin
Pour moi, t’aimer est un acte
Pour moi, tu es une décision
Pour moi, tu es un foyer et un brasier
Pour moi, tu es une source de joie
Pour moi, tu n’es pas une distraction
Pour moi, tu es une ré-création
Pour moi, tu es le réel
Pour moi, tu n’es pas phyltrée
Pour moi, tu n’es jamais acquise
Pour moi, tu es une conquête
Pour moi, tu es mon plus beau pari
Pour moi, tu es belle comme tu es
Pour moi, tu as allié ta vie à la mienne
Pour moi, tu as ouvert toutes grandes les portes
Pour moi, tu as envie
Pour moi, tu es une promesse de vie
Pour moi, nous n’est pas ailleurs
Pour moi, nous sommes ici et maintenant
Pour moi, …
Et alors qu’il inspirait pour reprendre son souffle on entendit ailleurs une Valentine répondre à son bien aimé…
Pour moi…
- Un pas de plus –
Denis de Rougemont, L’amour et l’Occident, chapitres VI et VI, éditions 10/18.
La paix de ces petits villages d'ici...
L'autre jour, cette femme devant chez moi, qui se mit à hurler comme un bête contre une pauvre automobiliste qui s'était parquée par erreur sur sa place. Et comment pouvait-elle savoir que ces places étaient réservées? Il faisait nuit et il n'y avait aucun panneau signalant qu'elle se trouvait sur une propriété privée.
Comme si cela ne suffisait pas, le mari de la vociférante se mit à la fenêtre pour hurler à son tour qu'ils allaient appeler la police. La fautive, répondit que la police avait certainement mieux à faire... (Ce en quoi elle se trompait. Dans ce petit village, ce n'est pas le cas, mais elle ne pouvait pas le savoir).
Elle s'en alla, et un voisin qui avait assisté à toute la scène prit sa défense en signalant à l'hurlante qu'il ne fallait pas se fâcher comme ça, car ce n'était pas une ... arabe.
Merveilleuse paix des petits villages d'ici.
Deviner un être sans le regarder. Sentir sa présence. Percevoir son caractère à travers sa gestuelle. Le timbre de sa voix. La portance de son dos. Se ménager la surprise du visage pour plus tard. D'ailleurs, un visage, c'est souvent déjà bien trop grand. Préférer passer par des portes plus petites. Les mains, par exemple.
Une fois que l'on s'est bien imprégné de l'autre, lever le rideau sur son regard. L'effet est souvent déconcertant. Comme un tableau qu'on aurait contemplé sans en lire le titre.
Les porteurs de joie
Malheureusement, ils ne font que passer, et les belles couleurs avec eux. On se désaccorde à nouveau. Comme des asthmatiques de la joie, on peine à raviver la braise. Le sourire se crispe, les rhumatismes psychiques recommencent à nous faire mal. Ca grippe. On relit la notice d’un des innombrables magazines ou livres de psychologie. Mais on patine sur les conseils des autres, par manque d’adhérence sur son propre terrain. La différence entre nous et les porteurs de joie tient au souffle.
J’aimerais saluer trois porteurs de joie que j’ai rencontrés au mois de janvier : un généticien, une animatrice dans un foyer de personnes âgées, un écrivain.
Commençons par une causerie radiophonique avec le généticien Denis Duboule sur les ondes de la RSR. L’homme est calé. Papable pour le Nobel. Et tout doué pour la vie. Pas besoin de chercher longtemps : lui, il cultive le gène de la joie. Avec ses élèves, il ne se fait aucune illusion. Ils ne retiendront rien – ou presque – si ce n’est l’élan qu’il aura su leur transmettre, son enthousiasme, sa passion pour la recherche. Pour quelques-uns, il aura illuminé le début du sentier. Nous sommes nombreux à pouvoir évoquer un professeur, à l’école ou à l’université, qui avait le don du don de joie. Avec eux, l’heure de cours ne s’écoulait plus le regard vaquant par la fenêtre. Ils avaient quelque chose à nous dire, quelque chose qui allait bien plus loin que la matière : l’esprit. Ils créaient une fête dans un coin de notre cerveau. Les neurones papillaient. Ces maîtres – nous en avons aussi en occident– ne se contentaient pas uniquement de faire honnêtement leur travail. Avec eux, ça sentait le délit, l’aventure, le casse. Rien de pépère. Pas de Verlaine pour les cinquante prochaines années. Parce que des gènes au Roman de Renart en passant par Freud, il y a de quoi inquiéter et éveiller.
Passons de la salle de classe au salon d’un EMS. Une petite bonne femme toute ronde, cheveux noirs, voix de ténor déboule et va s’asseoir à une table autour de laquelle viennent se réunir, minute après minute, une ribambelle de vieilles dames. L’une amenant son tricot, l’autre un journal ou encore sa tremblote. Cahin-caha, la majorité des pensionnaires se sont retrouvées là. Comme des papillons attirés par la lumière. Une vraie cheffe d’orchestre cette animatrice ! Accordant de l’attention à tous. Tenant compte des moyens de chacun. Les faisant toutes participer. Même Dame Iguane – je l’appelle ainsi à cause de sa langue qu’elle sort à tout moment, comme si elle voulait attraper un moustique. La présence tonifiante de Dame Animatrice, sa bienveillance et sa patience enjouée ramenait à la vie toutes ces lazarettes en puissance.
Pour finir, j’aimerais brièvement évoquer Jean-Louis Kuffer qui éclaire ses lecteurs depuis la rampe de lancement de son blog, avec des fusées de toutes les cultures, de tous les styles, de toutes les écritures. Cet homme, c’est du torrent de montagne, du pur. Du verbe matière, du verbe violent comme la chair en émoi, au doux murmure d’une mère berçant son enfant, son chant couvre plusieurs octaves. Sourcier sur les hauteurs de la Désirade, où il vit, il partage avec qui veut bien l’entendre l’arrivée de l’œuvre nouvelle. Que de fois son ardeur filante m’a requinqué, m’a redonné courage sans même qu’il ne le sache.
Ses vœux pour l’année nouvelle n’avaient pas la pauvreté d’un sms perdu sur le réseau:
- Pour l’année à venir, ceci seulement : on continue. C’est écrit sur les jointures des mains des pêcheurs aux lourds filets en deux fois cinq lettres : tenir ferme.
Jean-Louis Kuffer, Madame Lève-Lazarette ou Denis Duboule sont des pêcheurs d’homme. Nonchalant de savoir s’ils prêchent dans le désert, ils nous convient à une vie à plus haut sens.
- Un pas de plus-
Un entretien à la RSR avec Denis Duboule et un reportage de la TSR.
La blogosphère de Jean-Louis Kuffer.
Pour Dame Animatrice, rendez visite à une personne âgée.

Monsieur Obama vient d'arriver qu'on fait déjà des débats sur sa "cool attitude". Rendez-vous compte, il tombe la veste et il déjeune avec ses filles.
Mais qu'est-ce que ça peut bien nous faire?
Monsieur Obama sera-t-il assez hardi pour mettre un short dans le bureau ovale? Des 3/4? Oui, mais quand même... En jeans ou en toile?
A quand une réflexion pertinente sur l'anti "cool attitude" de François Mitterrand. Parce que quand même, il avait des ânes à Jarnac. Et deux chiens. Sans oublier sa chêneraie qui lui a permis de sauver tant d'arbres. Ceci pourrait-il en faire quelqu'un de décontracté?
Méditons.
Accélérateur d'imaginaire
L’idée m’est venue d’aller visiter le CERN, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire. Je craignais de ne rien comprendre et je dois bien avouer que je n’ai rien compris ou si peu. Mais j’ai pu rêver et me représenter une image de la matière, son intimité, sa vivacité. Une matière qui m’a paru soudain si joueuse, si vivante, si mobile. Oui, mobile. Ce qui me paraissait si stable, cette chaise, cette table, s’est soudain éveillé pour me dire que le propre de la vie, c’est le mouvement. Tout le temps, partout, en toutes choses, aussi loin que nous puissions remonter dans le temps. La vie fait « bang » en tout sens !
Même si le nouvel accélérateur, le LHC, est en panne, chacun pourra trouver largement matière à réflexion lors d’une visite du CERN. Et ce n’est l’imagination qui manque aux chercheurs de cette organisation dont la seule et unique vocation est : la recherche. Leur objectif n’est pas des moindres puisque leur travail consiste à décrypter les mystères les plus profonds qui régissent les lois de l’univers !
En pénétrant sur le site, on ne voit (presque) rien de spectaculaire… en surface. Le plus grand laboratoire de recherche de physique des particules du monde a enterré ses cathédrales technologiques à une centaine de mètres sous terre. Trente quatre kilomètres de tunnel où les quarks, les bosons et les leptons s’en donnent à cœur joie et s’éclatent comme des fous ! Des chercheurs du monde entier courent après leurs traces. Une grille planétaire a été créée afin de pouvoir analyser les résultats obtenus.
Les recherches menées au CERN défient l’imagination des scénaristes hollywoodiens les plus hardis. Imaginez que sous vos pieds se trouve un des endroits les plus froids de la galaxie et les plus chauds de l’univers. Vous ne ressentez aucune attraction et pourtant c’est là que l’on trouve le plus grand nombre d’aimants de haute technologie jamais réunis. En fait, vous êtes debout sur l’instrument électronique le plus grand et le plus complexe jamais construit : le LHC, le grand collisionneur de hadrons, qui va recréer les conditions qui existaient juste après le Big Bang.
Que ceux qui craindraient de ne pas être à même de comprendre ce qui se joue dans ces lieux ne s’inquiètent pas. Le CERN reçoit 25'000 visiteurs par an et tous ne sont pas des prix Nobel de physique (l’histoire de l’organisation en compte 5). Comme le notait Einstein : "L’imagination est plus importante que le savoir".
Voici deux petites vidéos qui vous mettront en imagination :
Le CERN en trois minutes
L’accélérateur du LCH
En pratique :
Les visites sont gratuites. Vous trouverez toutes les informations sur : http://outreach.web.cern.ch/outreach/Welcome-fr.html. La visite dure environ une demi-journée, du lundi au samedi, de 9h à 14h. Au vu de l’affluence, il est important de s’y prendre à l’avance pour réserver.
La visite commence par une introduction sur le CERN présentée par un guide, suivie de la projection d’un film et de la visite d’une des expériences et/ou d’un accélérateur en surface.
Le choix de l’itinéraire est fixé par le service des visites en fonction de la disponibilité des zones, le jour de votre visite. Il faut également savoir qu’il n’est plus possible de descendre voir les accélérateurs. Pour finir, vous pouvez également visiter le Microcosm, le musée interactif du CERN.
Voici quelques exemples d’itinéraires thématiques actuellement accessibles :
Même si le nouvel accélérateur, le LHC, est en panne, chacun pourra trouver largement matière à réflexion lors d’une visite du CERN. Et ce n’est l’imagination qui manque aux chercheurs de cette organisation dont la seule et unique vocation est : la recherche. Leur objectif n’est pas des moindres puisque leur travail consiste à décrypter les mystères les plus profonds qui régissent les lois de l’univers !
En pénétrant sur le site, on ne voit (presque) rien de spectaculaire… en surface. Le plus grand laboratoire de recherche de physique des particules du monde a enterré ses cathédrales technologiques à une centaine de mètres sous terre. Trente quatre kilomètres de tunnel où les quarks, les bosons et les leptons s’en donnent à cœur joie et s’éclatent comme des fous ! Des chercheurs du monde entier courent après leurs traces. Une grille planétaire a été créée afin de pouvoir analyser les résultats obtenus.
Les recherches menées au CERN défient l’imagination des scénaristes hollywoodiens les plus hardis. Imaginez que sous vos pieds se trouve un des endroits les plus froids de la galaxie et les plus chauds de l’univers. Vous ne ressentez aucune attraction et pourtant c’est là que l’on trouve le plus grand nombre d’aimants de haute technologie jamais réunis. En fait, vous êtes debout sur l’instrument électronique le plus grand et le plus complexe jamais construit : le LHC, le grand collisionneur de hadrons, qui va recréer les conditions qui existaient juste après le Big Bang.
Que ceux qui craindraient de ne pas être à même de comprendre ce qui se joue dans ces lieux ne s’inquiètent pas. Le CERN reçoit 25'000 visiteurs par an et tous ne sont pas des prix Nobel de physique (l’histoire de l’organisation en compte 5). Comme le notait Einstein : "L’imagination est plus importante que le savoir".
Voici deux petites vidéos qui vous mettront en imagination :
Le CERN en trois minutes
L’accélérateur du LCH
En pratique :
Les visites sont gratuites. Vous trouverez toutes les informations sur : http://outreach.web.cern.ch/outreach/Welcome-fr.html. La visite dure environ une demi-journée, du lundi au samedi, de 9h à 14h. Au vu de l’affluence, il est important de s’y prendre à l’avance pour réserver.
La visite commence par une introduction sur le CERN présentée par un guide, suivie de la projection d’un film et de la visite d’une des expériences et/ou d’un accélérateur en surface.
Le choix de l’itinéraire est fixé par le service des visites en fonction de la disponibilité des zones, le jour de votre visite. Il faut également savoir qu’il n’est plus possible de descendre voir les accélérateurs. Pour finir, vous pouvez également visiter le Microcosm, le musée interactif du CERN.
Voici quelques exemples d’itinéraires thématiques actuellement accessibles :
- Accélérer les particules, d’où proviennent les particules pour le LHC ? (LINAC, LEIR)
- Détecter les particules (COMPASS)
- A la découverte de l’antimatière (AD)
- Vous visiterez l'anneau de décélération (lorsque la machine est à l'arrêt), la salle de contrôle et les expériences.
- Les particules du Cosmos (CAST et AMS)
- Autour du LHC: aimants, cryogénie et vide (SM18)
- Informatique, calcul et communication … du World Wide Web à la Grille (Centre de Calcul, Centre de contrôle Atlas)
- Les accélérateurs du futur (CLIC)
Le vallon des merveilles
Vous aimez vous prélasser et découvrir des endroits bucoliques? Vous ne connaissez pas encore l'Arboretum d'Aubonne? Alors plongeons au cœur de ce vallon boisé, en compagnie du botaniste Pierre Hainard.
Il y a le parc. Il y a le jardin botanique. Et il y a l'arboretum, créé lui aussi par l'homme, et qui est constitué de collections d'arbres et d'arbustes groupés en îlots. L'Arboretum du vallon de l'Aubonne vous invite à faire un tour du monde de tous les végétaux ligneux pouvant s'acclimater à notre région. Cet immense musée de l'arbre vous permettra de découvrir, réparties sur quelque 200 hectares, plus de 3'000 espèces et variétés. Certaines familières, comme le chêne, le hêtre ou le sapin. D'autres plus exotiques, comme le désespoir du singe, le bouleau chinois ou l'arbre aux raisins secs. De la presqu'île aux castors, en passant par la lisière aux mélèzes ou la meule des charbonniers, les paysages traversés sont variés: aux forêts succèdent des prairies, des étangs, des roseraies et des vergers constitués d'anciennes variétés de fruits. Par moment, on se croirait sur les terres d'un châtelain.
Comme le fait remarquer Pierre Hainard, la beauté des lieux et l'agencement des collections ne doivent rien au hasard. L'Arboretum est le fruit d'une aventure qui a commencé en 1967. C'est grâce au travail attentionné, minutieux et discret de bénévoles, durant 40 ans, qu'il est possible, aujourd'hui, de découvrir différentes espèces d'arbres ayant atteint un stade où ils ont pu affirmer leur personnalité. Ce vaste parc est d'ailleurs devenu un arboretum national. Et si notre guide a toujours eu à cœur d'observer les arbres dans les sites naturels du monde entier, on le sent impressionné par les efforts et le résultat obtenu ici, à Aubonne.
Un Musée du bois se trouve également sur le site. On peut y voir une collection de plus de 1500 objets et outils qui ont servi à travailler et à façonner le bois. «L'artisan représente l'aristocratie de l'espèce humaine, souligne Pierre Hainard. Il a su conjuguer l'intelligence et le geste de la manière la plus ingénieuse qui soit.» Le musée retrace l'histoire de la civilisation ancestrale du bois. La découverte de ces objets du passé, bien souvent oubliés, est captivante et émouvante. Bien loin du high-tech, on pénètre dans les couches profondes de notre patrimoine humain.
Ce petit paradis est ouvert toute l'année et l'entrée est libre. Un dépliant didactique vous permet de faire le tour du vallon en identifiant les espèces rencontrées. Chaque arbre est étiqueté. Des circuits sont balisés pour la visite des collections. Des visites guidées sont organisées pour les groupes. Une idée de sortie pour un laboratoire ou un service. Sous la conduite d'un naturaliste, le vallon murmure des histoires fascinantes.
Pratique
Toutes les informations sur l'Arboretum du vallon de l'Aubonne:
Je ne compte plus les fois où, dans l'après-midi, je me suis répété cette phrase de Gaston Bachelard, "La bonne conscience, c'est la conscience d'un homme qui travaille jusqu'à son dernier souffle", en me fondant avec un petit sentiment de culpabilité pour le devoir non accompli dans une sieste pantagruélique.
Actualité du poète
Vendredi matin Jacques Chessex était à la table d'une émission radiophonique, "Le Grand 8", dans laquelle des invités commentent l'actualité.
Sa présence a instantanément donné du champ en profondeur à la discussion, de la hauteur, une perspective. Et quelle maîtrise de la langue! Un écrivain - véritable - modifie immédiatement la qualité des échanges, les affine, les sublime. On ne bavarde plus. On pense, on sent: on re-vit.
Le principe de l'émission aurait peut-être voulu qu'il soit plus question du succès marketing de son dernier livre. Mais Monsieur Chessex a aussitôt désamorcé ce point en indiquant qu'il n'était pas très au fait des chiffres et que ce qui comptait pour lui, ce sont ses lecteurs. Ce n'était pas une coquetterie d'écrivain, non, pas chez un homme qui a su assumer pleinement sa solitude tout en restant si fécond durant plusieurs décennies. C'est par son inactualité que le poète touche à nos préoccupations les plus immédiates.
Même si je trouve par moment qu'il parle de lui comme s'il lisait une critique littéraire de son oeuvre, l'intervention de Monsieur Chessex était bénéfique, enrichissante. Sa parole nous rappelait à l'intime, au coeur de l'être, ouvrait une perspective humaine dans la crise des compteurs. Nous n'étions plus des rats coincés dans l'angle de la seule économie!
Je remercie Monsieur Derder de l'avoir invité. Durant une demi-heure nous n'étions plus seulement informés, mais nourris.
Et je me suis demandé par quelle chimie mystérieuse la parole de certains rayonne au milieu des ratiocinations de tant d'autres.
Vendredi matin Jacques Chessex était à la table d'une émission radiophonique, "Le Grand 8", dans laquelle des invités commentent l'actualité.
Sa présence a instantanément donné du champ en profondeur à la discussion, de la hauteur, une perspective. Et quelle maîtrise de la langue! Un écrivain - véritable - modifie immédiatement la qualité des échanges, les affine, les sublime. On ne bavarde plus. On pense, on sent: on re-vit.
Le principe de l'émission aurait peut-être voulu qu'il soit plus question du succès marketing de son dernier livre. Mais Monsieur Chessex a aussitôt désamorcé ce point en indiquant qu'il n'était pas très au fait des chiffres et que ce qui comptait pour lui, ce sont ses lecteurs. Ce n'était pas une coquetterie d'écrivain, non, pas chez un homme qui a su assumer pleinement sa solitude tout en restant si fécond durant plusieurs décennies. C'est par son inactualité que le poète touche à nos préoccupations les plus immédiates.
Même si je trouve par moment qu'il parle de lui comme s'il lisait une critique littéraire de son oeuvre, l'intervention de Monsieur Chessex était bénéfique, enrichissante. Sa parole nous rappelait à l'intime, au coeur de l'être, ouvrait une perspective humaine dans la crise des compteurs. Nous n'étions plus des rats coincés dans l'angle de la seule économie!
Je remercie Monsieur Derder de l'avoir invité. Durant une demi-heure nous n'étions plus seulement informés, mais nourris.
Et je me suis demandé par quelle chimie mystérieuse la parole de certains rayonne au milieu des ratiocinations de tant d'autres.
Lu ce mot sur Facebook:
"ma cherie tu pe pa savoir come je recrete de ne pa avoir pu venir mais samdi javai des truc a fair et le dernier train pour geneve été a 17h et mm si je fesai tt vitesse gran v je ne lorai jamai u mais jsper ke je viendrai biento o mad ou a lausanne et pui jai ton pti cadeau a te doné et plein de truc a te dir a propo de tu sai ki mai je texplikrai sa tt bien ok car mm si je te voi pa tro je me renseigne pour toi sa c du sur je tembrasse tré tré fort je pense souven a toi ma cherie".
Naissance d'une nouvelle langue ou crépuscule de la civilisation?
Nous avons chez nous un parti politique qui n'aime pas vraiment ceux qui viennent de l'étranger. A chaque votation, ils dépensent beaucoup d'argent pour le montrer, à l'image des affiches que nous pouvons voir actuellement dans nos rues: de gros corbeaux à la Hitchcock qui déchiquettent une carte de la Suisse avec leur bec.
Pourtant, ces oiseaux de mauvaise augure ne m'ont jamais fait songer à des étrangers, mais bel et bien aux animateurs de ce parti qui représentent une menace pour les valeurs de notre pays. Les valeurs humaines et de bienveillance pour commencer.
Monsieur Lombardini, avocat genevois, indique à la radio que plafonner les salaires des dirigeants d'entreprise soutenue par des fonds publics serait encourager la médiocrité.
Précisons qu'il s'agissait de les plafonner à 500'000 $ par an. C'est vrai que tout un chacun pourrait se taper la tête contre un tel montant.
J'habite une commune bizarre.
Quel que soit le message qu'ils nous adressent, ils ne peuvent s'empêcher de mettre de l'impératif, du gras, de l'obligation, de l'interdiction, du "il faut", du "vous devez". C'est épouvantable.
Je me demande à quoi cela répond.
Par exemple: nous sommes heureux d'apprendre qu'un abonnement pour prendre le bateau est à disposition de tous les habitants. Sympathique nouvelle. Si ce n'est ce message coercitif: "Restitution des abonnements le même jour (pénalité de Fr. 50.-- par jour en cas de restitution tardive, de Fr. 200.-- en cas de perte)."
Décidément, les messages de cette commune vous mettent le moral dans les chaussettes.
Ce n'est pas vrai que les Sept Merveilles du monde se trouvent suspendues à Babylone, colosse à Rhodes ou phare à Alexandrie...
Elles sont ici, dans le sourire de cet enfant, dans l'aube qui se lève, le chant du merle, les amis réunis, septembre, la joie d'être ensemble...
La merveille, c'est le quotidien.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...
