Ces personnes qui déboulent dans votre vie comme une magnifique décoration de sapins de Noël et qui, rapidement, disparaissent: la fête est fini, les guirlandes lumineuses sont éteintes. Dans ces cas là, il est bon d'être un sapin en pot. On garde son autonomie, ses racines. L'absence de l'être qui nous avait conquis ne nous scie pas le moral.
Peut-on m'expliquer pourquoi si peu de magasins de mode féminine ont eu l'idée tout de même assez simple de mettre des fauteuils pour le pauvre mâle qui doit attendre debout, raide au milieu de la ruche des donzelles qui filent de rayonnage en rayonnage. D'autant qu'un homme assis comme un monarque se plaît à donner son avis à sa douce qui vient lui montrer ses fripes et l'encourage même à se faire plaisir, dans son infini bonté - même quand ce n'est pas lui qui trinque.
Il y a de quoi prendre en grippe certaines personnes. A l'image de cette aide-soignante qui se rend chez les personnes âgées qu'elle est censée aider et leur distribue des tracts leur indiquant que la grippe porcine est une action des gouvernements pour é-li-mi-ner - rien que ça, un surplus de population. C'est formidable!
"En me brossant les dents je me demandais si le temps viendrait où la méditation serait considérée comme une activité ordinaire.
- Où est papa?
- Il médite.
- Ah, bon.
Papa médite. Ca lui arrive souvent. Les enfants méditent de temps en temps. Et maman. Et les voisins aussi. Tous sont disciples du maître du quartier. Imaginons quelle révolution ce serait: les membres du gouvernement seraient des gens qui auraient résolu un certain nombre de koans. Ils auraient la compréhension suffisante pour travailler au bien commun. Le premier ministre serait un vieux sage au crâne rasé. Il ne chercherait pas à tirer un quelconque profit de sa situation: il ne posséderait rien que l'indispensable à la vie quotidienne. Plus on serait haut placé, plus on serait simple. Les gens qui désireraient amasser des bien matériels ne pourraient jouer aucun rôle de premier plan dans la société."
(Janwillem Van de Wetering, Un éclair d'éternité)
Certains mots sont tellement plus profonds que d'autres. Par exemple, dire d'une être qu'il est bienfaisant, qu'il a une présence bienfaisante, plutôt que de dire qu'il est positif. L'adjectif "bienfaisant" est chargé d'humanité, de générosité, de partage. Tandis que "positif" est beaucoup moins nuancé, plus réaliste, terre à terre, presque sportif.
Quelques astuces pour rebuter le marketing téléphonique:
- ne rien dire, mais absolument rien
- dire que la personne est décédée
- dire qu'ils se sont trompés de numéro
- faire une proposition salace
- si vous avez du temps, leur poser des dizaines de questions, avec beaucoup d'intérêt, et signifier ensuite que c'était pour jouer.
Et surtout, n'avoir aucune pitié pour quelqu'un qui vous tient la jambe à travers le téléphone sans motif raisonnable.
L'expression "con comme ses pieds" est abusive, car nos pieds sont un merveilleux véhicule, remplis de capteurs.
De manière générale, il est inapproprié d'insulter quelqu'un en le comparant à l'une ou l'autre des parties de son corps. Car, souvent, ce corps est bien plus intelligent et subtil que son locataire.
Etonnant ces gens, voire même ces connaissances proches, qui ne vous posent jamais aucune question, qui ne montrent absolument aucun intérêt à qui vous êtes, ce que vous faites, rien! Au début, je pensais qu'il s'agissait de personnes discrètes.
Puis, avec le temps et de nombreuses discussions à ce sujet avec des amis, j'ai compris: ces gens n'en ont rien à fiche. Pas la peine de chercher plus loin. Votre vie ne les concerne pas le moins du monde.
A chacun de voir, ensuite, de prendre position sur le sujet et de se demander si de telles relations ne sont pas une perte de temps.
“Le moteur de recherche Google est une réussite universelle et il rend bien des services. Mais lui confier, et à lui seul, qui vit du profit de la publicité et est enraciné, en dépit de l’universalité de son propos, dans la culture américaine, la responsabilité du choix des livres, la maîtrise planétaire de leur forme numérisée, et la quasi-exclusivité de leur indexation sur la Toile, le tout étant au service, direct ou indirect, de ses seuls gains d’entreprise, voilà bien qui n’était pas supportable.”
(Jean-Noël Jeanneney, historien du contemporain, ancien président de la Bibliothèque nationale de France (2002-2007), initiateur de Gallica et de la bibliothèque numérique Europeana, devant la résignation de la BnF face à la volonté du numéro un mondial des moteurs de recherche de numériser son fonds afin de devenir également le numéro un mondial des libraires/bibliothèques en ligne)
(Jean-Noël Jeanneney, historien du contemporain, ancien président de la Bibliothèque nationale de France (2002-2007), initiateur de Gallica et de la bibliothèque numérique Europeana, devant la résignation de la BnF face à la volonté du numéro un mondial des moteurs de recherche de numériser son fonds afin de devenir également le numéro un mondial des libraires/bibliothèques en ligne)
[Vu sur le blog La république des livres.]
Au fond d'une chambre, dans une maison de retraite, le râle pénible d'une vieille dame entre la vie et la mort, le corps s'accroche comme il l'a fait durant toute sa vie, mais je suis sûr que déjà le coeur de son âme sourit, détaché de ces dernières contingences, poursuivant sa route riche de toutes les merveilles accumulées durant sa vie.
Ces trois jeunes femmes dans un magasin de fringues: toutes habillées pareilles, fonctionnant sur un code "à l'identique", du copy-paste humain, jusqu'à leur bronzage qui ne soit lui aussi photoshopé sur la même teinte. Elles ne cessent de s'entrobserver, on voit leur regard-scanner s'agiter chaque centième de seconde afin de confirmer leur supériorité sur l'autre dans le même temps qu'elles veulent se rassurer d'en être le sosie, de ne pas devenir autre. Etre différente, oui, mais en étant la meilleure des siamoises.
Lorsqu'un être se dit qu'il doit tenir, dans son travail, dans son couple, dans l'éducation d'un enfant, c'est qu'il est déjà susceptible de craquer. Cela signifie qu'il est temps de se protéger, que les alertes sont au rouge. Mais combien continueront à tirer sur la corde, parce qu'il le faut, disent-ils, parce qu'on ne peut pas faire autrement. Et il est évident, qu'à ce stade, il devient très difficile d'avoir la juste distance pour créer des solutions nouvelles.
Georges Haldas préfère le terme « sensible » au terme « sensuel ». Oui. Mais la sensualité est rouge brésil, liane captivante, Amazonie puissante, odeur animale. Je ne dirais pas qu’une brésilienne qui se déhanche sur des volutes de musique latino est sensible. Elle est sensuelle. Le sensible est de l’ordre de la présence. Mais le terme même de sensible me dérange car il suggère trop de fragilité. La sensualité n’est pas fragile, elle est une puissante affirmation de vie.
Tous les despotes ont su mener des campagnes de marketing pour construire leur mythe. Comme Napoléon faisant immortaliser sa traversée du col du Grand-Saint-Bernard par David, en hiver, dans des conditions climatiques épouvantables alors qu'en réalité, il y est peut-être passé par une belle journée d'été.
La mystique de Jacqueline Kelen, dans son dernier livre La puissance du coeur, m'agace comme un moustique en pleine nuit. C'est péremptoire, méprisant à l'égard des rampants qui auraient pu, par exemple, faire un travail thérapeutique versus les élus de la flamme soufi qui vivent dans des sphères réservées au plus petit nombre, un nombre si petit d'ailleurs qu'on en vient à se demander pourquoi elle n'a pas tiré son ouvrage à un exemplaire - pour se le dédicacer.
Rien que le titre en dit long: la puissance du coeur? Mais quelle puissance? Est-elle une nouvelle Lois Lane en mal de son Superman? Le mot même de "puissance" me semble absolument contraire aux lois du coeur et de l'amour.
Destinées anonymes

Destinées anonymes et si profondément humaines que celle des personnages de Volski et Mila, dans le roman de Andreï Makine, La vie d'un homme inconnu. L'histoire se déroule durant le siège de Léningrad et les purges staliniennes. Sainte Mila, aurait-on envie de dire, qui se prostitue pour trouver à manger pour ses orphelins. Saint Volski, le chanteur, qui après avoir connu la faim, la guerre, l'internement injuste aussi bien dans les camps que les asiles psychiatriques, consacrera la fin de sa vie aux orphelins les plus démunis, leur apprenant à chanter et à monter en scène pour se libérer de leur noire existence. Pédagogue de fortune, il découvrira ce que le chant et la création de petites opérettes pourront apporter à ses enfants:
«Au bout d'une dizaine de répétitions, il comprit le vrai sens de ce qui semblait d'abord un simple amusement. Sur scène, ses élèves oubliaient leur mal. Mais surtout, ils menaient une vie que personne ne pouvait leur interdire. En quelques minutes de jeu, chacun d'eux échappaient à ce monde qui les avait condamnés à ne pas exister.» (p. 268)
Le vrai héros de ce roman est Volski, un homme moulu par des épreuves monstrueuses qui éclaireront tout le ciel qu'il porte en lui. Choutov, personnage décalé lui aussi, ne retrouvant pas ses repères dans la nouvelle Russie, occupe - un peu longuement - la première partie du roman. Il est revenu à Saint-Pétersbourg pour revoir un amour d'enfance, Iana, femme "overbookée" qui vit à cent à l'heure entre la gestion de luxueux hôtels et ses relations avec la haute société. Et c'est précisément dans son nouvel appartement qu'il rencontrera ce locataire anonyme qui est en passe d'être délogé. On pourrait s'imaginer qu'il en veut à ce système qui n'en finit pas de l'expulser et pourtant, il confie à Choutov, son confident d'une nuit de veille:
«-Vous savez, je n'en veux pas à votre amie Iana, dit le vieillard et il repose sa tasse sur la table de nuit. Ni aux autres, non plus. Ce qu'ils vivent n'est pas du tout enviable. Vous imaginez, il leur faut posséder tout cela!
Sa main fait un large geste et Choutov voit clairement que ce "tout cela" c'est le nouvel appartement de Iana, mais aussi ce long écran du téléviseur et ce reportage sur l'élite russe installée à Londres, leurs hôtels particuliers et leurs résidences de villégiature, et ce cocktail où il se retrouvent entre eux, et toute cette nouvelle façon d'exister que Choutov ne parvient pas à comprendre.
- Nous avons eu finalement une vie si légère! dit le vieil homme. Nous ne possédions rien et pourtant nous savions être heureux. Entre deux sifflements de balles, en quelque sorte...
Il sourit et ajoute sur un ton de boutade:
- Non, mais regardez ces pauvres gens, ils souffrent!
On voit [sur le grand écran de télévision] une réception dans un palace londonien, le rictus crispé des femmes, les faces luisantes des hommes.» (p. 276)
Oui, Saint Volski anonyme qui ne cherche aucune reconnaissance et qui a su surmonter toutes ses épreuves parce qu'il avait compris «... que dans tout ce qu'il avait vécu il n'y avait de vrai que ce ciel regardé, le même jour, peut-être au même moment, par deux être qui s'aimaient. » (p.244)
La vie d'une homme inconnu, Andreï Makine, Seuil 2009.
Image - Merlus
Mot-clé
Mot-clé: nécessite une serrure.Mot-serrure: nécessite une clé.
Mot-coffre: rempli de jouets.
Mot-valise: O.P.A. d'un mot sur un autre.
Petit-mot: les plus beaux.
Mot d'amour: devraient être les seuls employés.
Mot-outil: ne permettent pas de planter un clou.
C'est mon dernier mot: mot condamné par un jeu télévisé.
Ne pas souffler mot: dans ce cas, lire le regard.
En un mot: ça en fait déjà trois
Ce n'est pas un vain mot: sauf en état d'ivresse
Avoir son mot à dire: le dire, ne pas attendre qu'on vous le demande.
Glisser un mot à l'oreille: pour éviter les interférences.
Avoir toujours le même mot à la bouche: ça finit par casser les oreilles.
En toucher un mot: se laver les mains après.
En un mot comme en cent: c'est un peu court, jeune homme.
Qui ne dit mot consent: suppose une relation extraconjugale.
Ce n'est pas un vain mot: sauf en état d'ivresse
Avoir son mot à dire: le dire, ne pas attendre qu'on vous le demande.
Glisser un mot à l'oreille: pour éviter les interférences.
Avoir toujours le même mot à la bouche: ça finit par casser les oreilles.
En toucher un mot: se laver les mains après.
En un mot comme en cent: c'est un peu court, jeune homme.
Qui ne dit mot consent: suppose une relation extraconjugale.
Le mot de l'énigme: expression hercule-poirotéene utilisée en général pour des babioles.
Se donner le mot: il y en a toujours un qui ne le voit pas passer.
Se donner le mot: il y en a toujours un qui ne le voit pas passer.
Avoir toujours le mot pour rire: à mourir.
Prendre un mot pour un autre: allumer pour y voir plus clair.
Prendre un mot pour un autre: allumer pour y voir plus clair.
Avoir un mot sur le bout de la langue: ça fait loucher.
Avoir un mot sur le bord des lèvres: si on passe sa langue dessus, il se retrouve au bout.
Passez-moi le mot: désolé, je n'ai que du sel.
N'avoir pas peur des mots: une (très) grave erreur.
Se payer de mots: se paie cher par la suite.
Un jeu de mots: passe-temps favori de ceux qui n'ont rien à dire.
Manger ses mots: ça peut être nourrissant.
Ne pas mâcher ses mots: c'est précisément ceux-là qui sont souvent indigestes.
Ne pas trouver ses mots: le faut-il?
Avoir des mots avec quelqu'un: que des maux.
Dire quelque chose à mots couverts: afin d'éviter les risques de contagion.
Chercher ses mots: la meilleure façon de ne pas les trouver.
Mot illisible: il fait le flou, c'est un mot à psychanalyser.
Mot à double sens: mot britannique, il roule du mauvais côté de la route.
Il n'a pas décroché un mot de la soirée: il a dû le laisser au vestiaire.
Il n'a pas dit un traître mot: Judas aurait pu en prendre de la graine.
Ne pas pouvoir placer un mot: embouteillage verbal.
Sur ces mots: point de départ d'une action non verbale.
Mot à mot: bouche à bouche.
Mot tabou: dit en situation de "T'as bu".
Jeu de mot: jeu de vilain.
Jouer sur les mots: vil marchandage verbal.
Ce ne sont que des mots: qui sont la cause de tant de maux.
Peser ses mots: selon quelle mesure?
Mot obscène: mot nu du cru.
Le mot n'est pas trop fort: comme les épices, dépend des goûts.
Ce n'est pas le mot qui convient: il importe de trouver celui qui sied.
Comprendre à demi-mot: possible avec sa moitié uniquement.
Employer les grands mots: le dimanche, avec les habits qui vont avec.
Gros mot: l'envoyer en cure d'amaigrissement.
Mot d'ordre: me dérange.
Mot de passe: comme les maisons de passe, pas donné.
Au bas mot: à ne pas prendre au pied de la lettre.
Mots croisés: pour les cruciverbistes empêtrés dans leur spleen.
Mot oral: agit sur le moral.
Mot écrit: mouaikri, le cauchemar des dysorthographiques.
Groupe de mots: débarquent en bande.
Homonymes: ne peuvent être fécondés.
Mot vieux: comme le fromage, souvent très bon.
Des mots doux: mots au tendre pelage.
Avoir le dernier mot: propre à l'adolescence.
Prendre quelqu'un au mot: lui donner beaucoup trop d'importance.
Ecrire un mot: manie de collectionneur.
Mots célèbres: pompeux.
Mots d'enfants: magiques.
Mot d'auteur: mot-eur.
Le mot de la fin: éclaire souvent le début.
Mot d'esprit: vain.
Avoir toujours le mot pour rire: pathétique.
Ravaler ses mots: dégoûtant.
Motus: ça sonne latin mais ce n'est pas lui.
Morphologie: ossature du mot
Mot complexe: nécessite une analyse, comme le mot flou.
Mot de liaison: agent double.
Mot hybride: roule au gaz naturel.
Mot invariable: des simplets.
Mortographe: mot mort sur le champ de bataille des textos.
Mot composé: mot bipolaire.
Mot métalinguistique: s'abstenir.
Bloc moteur: aucun rapport.
Motif: mot permanenté.
Mot portemanteau: n'oubliez pas de reprendre vos affaires au vestiaire.
Le mot de la fin: END
Je n'entends rien à la philosophie. Je n'ai jamais réussi à comprendre ce qu'était un concept - ça en dit long sur mes compétences. C'est un discours qui peut me séduire mais que je ne peux pas digérer. Comme un corps étranger que je n'arriverais pas à mélanger à mon être. Une forme de langue étrangère que je ne parviens pas à acquérir. Un met trop consistant, trop lourd. J'écoute, j'approuve parfois, mais je n'intègre pas.
Tandis que la poésie... Elle m'infuse sans détour.
Toutes nos critiques sur ce qui ne va pas dans notre société, c'est quand même très facile. Parce que la vie hors de la société serait l'extermination assurée de la plupart d'entre nous, notre désintégration.
"C'est la société qui...", "C'est la faute à...": très bien. Mais nous, que proposons-nous? En actes? Se plaint-on vraiment de la société où de la maman dont nous avons été sevrés un jour? Et est-ce que moi, je prends concrètement mes responsabilités pour jouer mon rôle de citoyen? Est-ce que je vis de sorte à motiver d'autres, peut-être, à leur tour, d'être fidèles à eux-mêmes?
En fait le malheur de quelqu'un qui vous a fait du mal n'est pas du tout réconfortant. En continuant à se casser la figure, le bougre continue à faire échouer quelque chose qui aurait pu, peut-être, être réparé, être amélioré. Oui, c'est la faillite d'une réconciliation possible. Car on n'apprend pas toujours de nos échecs, malheureusement.
Les nuisants n'ont souvent que peu de cordes à leur arc. Comme celui-ci qui pousse à bout son interlocuteur en étant cassant et agressif et qui, lorsqu'on lui répond par une fin de non recevoir, se met en position de victime et demande des explications, "avoue ne pas comprendre".
Les nuisants sont à exterminer du champ relationnel séance tenante. Car il n'y a que très peu de chances qu'ils se bonifient avec le temps.
Cette affichette qui propose des conférences sur "l'écologie spirituelle". Y a-t-il un sens à parler d'écologie "spirituelle", du vert esprit voire même du vert-de-gris. Et si démarche "spirituelle" il y a, je veux dire une démarche authentique, inspirée, n'est-elle pas vraisemblament "écologique", comme l'est toute prise de conscience véritable?
Des policiers agressent un homme handicapé. Manque de bol, il est beaucoup plus fort qu'eux! Résultat, toute la hiérarchie déboule en rampant chez lui afin de s'excuser (et surtout de ne pas se retrouver en première page d'un canard trop lu). Mais ils ne manquent pas, au passage, de lui faire remarquer qu'aux Etats-Unis d'Amérique, la situations serait encore plus difficile pour lui.
Je suis sûr que cette dernière précision sociologique n'a pas manqué de faire sentir à notre homme, qui vit en Suisse et n'a nullement l'intention d'aller s'installer aux Etats-Unis, la chance qu'il a de se faire insulter par les forces de l'ordre locales.
Se méfier des gens qui disent à tout bout de champ "je n'ai pas pensé" ou "ce n'est pas ce que je voulais dire". Car le jour où il arrive une tuile, ces girouettes ne manqueront pas de vous faire porter le chapeau, pensant soudainement que c'est en effet entièrement de votre faute et parvenant à le dire avec forte véhémence.
Le verre de rosé

Ce jeune couple à la table du restaurant, qui papote autour d'un verre d'une belle couleur rosée. Leurs rires et leurs regards pétillent grâce à l'élixir qui leur donne plus d'audace et de coeur. Le breuvage les enrobe comme un cocon de pétales de roses. Ils sont un peu ivres. Ils l'étaient déjà l'un de l'autre, mais maintenant ils sont plus hardis et ils osent se le confier. Le serveur a fait sauter le bouchon d'un beau bruit sec qui a claqué dans l'air comme un coup de pistolet. Le départ est donné, plus rien de semble pouvoir les arrêter. Chacun verse dans la coupe de l'autre son bonheur d'être ensemble. Un verre de rosé n'est pas un sortilège qui prend fin. Ce n'est pas le phyltre d'amour de Tristan et Iseut, mais une petite aube qui se lève entre deux amoureux, le matin de leur rencontre, un jour rien qu'à eux. C'est le vin des premiers temps. Plus tard, la cape plus profonde du bordeaux les enrobera de son soyeux et les amènera à faire d'autres découvertes qui n'appartiennent qu'à eux. Mais, pour l'instant, ils se contemplent à travers cette lunette rosée. Il voit vaciller comme un mirage son sein qui point dans l'échancrure de son décolleté.
La légèreté de la robe d'un verre de rosé offre aux amoureux d'inscrire ces instants frétillants dans l'ambre d'une couleur joyeuse. C'est une mémoire guillerette et fraîche, en aucun cas grise.
La nymphe et le philosophe: un magazine culturel propose une relecture par Marcel Conche des questions qui avaient été posées à Brigitte Bardot lors d'une interview. Mais je doute que l'apport du docte professeur ne soit très éclairant, surtout lorsque je lis qu'il ne connaît aucune des chansons de Madame Bardot (soit, ça peut se comprendre) mais qu'il ajoute qu'il a "en général, toujours mieux à faire que d'écouter des chansons".
Ah? Mais s'il n'aime pas le chant, comment peut-il prétendre comprendre quoi que ce soit à une femme?
"De la sexualité comme des autres activités humaines: artificielle, tyrannique, catastrophique quand elle n'est pas voulue. Et recherchée pour elle-même. Féconde et enrichissante au contraire quand elle naît de l'inspiration. Et qu'elle se trouve ainsi reliée à la totalité de l'être." (Georges Haldas)
Tout est dans l'intensité du partage.
Divine mère
Le livre de Erri de Luca, Au nom de la mère, de Erri de Luca, à travers le récit de la maternité de Miriàm, mère de l'enfant Jésus, est une ode à la mère, à la femme. L'auteur s'est fait discret, si discret pour laisser toute la place à Miriàm divinement métamorphosée en motte de terre féconde, fleur pollinisée. Il devient un second Iosef, tout entier dévoué à ce si simple miracle: une vie au creux d'un corps, une petite vie qui danse dans l'anse d'un ventre, le comble et l'emplit d'une paix profonde et d'une confiance inébranlable dans ce qui advient, acceptant son destin de femme bénie entre toutes les femmes et toutes les conséquences d'être élue: prendre le risque de perdre Iosef, subir la loi des hommes à laquelle elle n'appartient déjà plus, nouvelle Antigone se soumettant aux lois non écrites de la vie, à celui du Souffle.
Impossible de dévoiler ici la finesse de ce petit texte de nonante pages. Évoquons peut-être simplement la prière à l'envers de Miriàm à la naissance de son fils: "Fais qu'il ne soit pas beau, qu'il ne suscite aucune envie. Écoute la prière à l'envers de ta servante". Prière contradictoire qui pourrait être celle de toute mère voulant le meilleur pour son enfant tout en souhaitant ne pas le voir partir alors que la séparation a déjà commencé, dès la naissance. Toute mère n'est-elle pas la servante de celui qui vient?
L'écriture rude et noueuse de Erri de Luca, belle comme une branche d'olivier - et très bien rendue dans la traduction de Danièle Valin, sa tendresse virile et clairvoyante est une invitation à faire confiance, à accepter avec humilité le pollen du quotidien, à l'exemple de Miriàm, Marie pleine de grâce.
Photographie: Edouard Boubat, Les cerisiers en fleurs.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...