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Biographie de Joseph Wresinski par Jean-Claude Caillaux - Vertige de penser à ceux qui ont perdu jusqu'au sentiment d'être des hommes, d'appartenir à l'humanité, qui n'ont plus les moyens de se faire entendre. Ces enfants, ces femmes et ces hommes que le mépris tue. Ces êtres à qui on ne demande plus rien parce qu'on croit qu'ils n'ont plus rien à donner - c'est évidemment faux. Le peuple des pauvres comme disait le Père Joseph Wresinski, dont il voulait à tout prix faire des acteurs, des partenaires, afin qu'on n'applique pas des solutions qui n'en feraient que des assistés. Le Père Joseph Wresinski qui menait son action contre la misère en cherchant à comprendre aussi bien les pauvres que les riches, pour dépasser ce clivage, et afin que son combat pour l'homme ne soit pas un combat contre d'autres hommes. Le but étant que chacun en entrant dans la vie de l'autre fasse s'évanouir les frontières de la ségrégation. Que le visage, la voix, l’expérience et la souffrance de chacun permettent d'estomper des catégories intellectuelles pour laisser rayonner l'expérience d'une vraie rencontre qui ne serait peut-être pas encore fraternelle, mais tout déjà humaine. Le combat du fondateur d'ATD Quart Monde (Aide à Toute Détresse) est écrit sur le Parvis des Libertés et des Droits de l'homme à Paris, lorsque 100'000 défenseurs des Droits de l'homme se réunirent le 17 octobre 1987 pour inaugurer une dalle en l'honneur des victimes de la misère sur laquelle il était écrit:

«Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré. Père Joseph Wresinski.»

Cette misère est crucifiante. Cette misère n'est pas un problème, mais des visages.
Pendant qu'on nous explique que la reine est très exigeante sur les choix de son lapsang souchong, des millions d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau courante.
«La Une du Matin d’un jour de la semaine dernière était consacrée à la comparaison de la longueur des verges des hommes de France et d’Allemagne, d’Europe et d’Amérique. Je me demande tous les jours jusqu’où ce journal infâme va s’abaisser et abaisser ses lecteurs, et tous les jours je constate un progrès inattendu. Conserver précieusement le document en question, pour mémoire de l’abjection.» (Jean-Louis Kuffer)

Tout à fait d'accord. D'ailleurs, chaque fois que je rencontre une personne qui a travaillé dans ce journal, je l'observe avec une étrange insistance, comme on regarderait quelqu'un qui revient de loin, des confins de l'humanité...
«Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.» (Joseph Wresinski)

- Vous comprenez, les abus du système social, m'expliquait-on.

Mais que sont les abus du social face aux abus de la finance? Quelques millions de francs? Face à des MILLIARDS! Quelle importance face à cette nécessité vitale d'une société qui prend soin de ses membres? Quelle mesquinerie de s'atteler à faire justice à l'endroit du plus faible et de laisser le plus fort pavaner qui a été dédommagé pour ses actions criminelles.
La grille de lecture économique du monde est d'une pauvreté... Mais d'une pauvreté...
Je n’arrive même pas à imaginer ce que peut bien signifier que le fait de se nourrir soit un privilège et que des millions de gens manquent de tout. C’est tellement affreux que c’est hors de ma portée. Je n’ai jamais eu faim un seul jour de ma vie et je le ressens parfois comme quelque chose d’inadmissible. Alors le moins que je puisse faire, c’est de respecter cette chance qui est la mienne. Je le dis sans fausse culpabilité. Même si je trouve que c’est hallucinant que nous ayons le choix entre des dizaines de fromages différents alors que d’autre n’ont rien, absolument rien.
Si on se met à juger les grands écrivains à l'aune de l'hypocrisie bourgeoise, on est mal barré. Il faudrait aller dans les librairies enlever une bonne moitié de ce qui s'est écrit, mais pas Marc Lévy, bien entendu.
«Incommensurable gaspillage des riches. Bien meilleur que la charité.» (Jean Sulivan) La poubelle des riches, mieux que la charité et que tous les bons gestes qu'ils pensent faire aux miséreux.
Comment l'Inquisition a-t-elle pu exister, comment l'homme a-t-il pu se leurrer au point de réussir à croire qu'un consentement acquis par le fer était valable. On voit bien qu'il ne s'agit plus de religion, mais de destruction - bien que les deux mots me semblent parfois frères.
J'ai en moi les germes de la jalousie, de l'envie, de la petitesse et autres acariens minables et il convient que je me traite avant qu'ils ne m'envahissent!
Toute forme de déification - je ne parle pas d'une certaine admiration - d'une personnalité publique m'est non seulement totalement étrangère, mais me paraît même suspecte.
La misère, c'est lorsqu'on ne peut même plus dire merci à un bien qui nous est fait.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?