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Bonne remarque de Cioran dans ses Cahiers (qu'il emprunte à je ne sais plus qui): la flatterie est la politesse du mépris. Mille fois d'accord. Les gens qui vous sucrent l'oreille vous jettent des dragées comme à leur chien-chien et s'amusent que ce vil stratagème suffisent à faire tortiller l'interlocuteur qui ne sait plus comment se dépêtrer de compliments gluants qu'il sait par ailleurs être totalement inadéquats (chacun connaît son mérite). En vous flattant, ils stérilisent toute possibilité d'avoir un échange véritable, d'être concernés par ce que vous avez à dire, ou d'être amenés à parler de manière plus personnelle. Ce que vous êtes les indiffèrent, au pire pourrait constituer une menace. Alors tout sourire, ils vous flattent la croupe. Avec de tels individus, je n'ai qu'une recommandation à donner: RUEZ!
Chose méprisable: les membres d'une famille ou les amis qui ressoudent leurs liens en faisant la peau à un ou des tiers qui leur servent d'exutoire, de support à toute la morve affective qui les pétrit. Ils jubilent de l'illusion de s'être retrouvés sur fond de couleur rouge sang haine, en les tailladant à vif. Et ils ne tarderont pas à s'écharper à leur tour.
On vit dans un monde formidable... Comme cet homme était SDF, les services sociaux lui ont supprimé 25% de la rente destinée à son loyer. C'est évident, il n'en avait plus besoin vu qu'il vivait dans la rue...
http://www.24heures.ch/vaud-regions/actu/homme-bois-trouve-paradis-aigle-2011-11-03
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La dictature du lisse, raffinée à l’extrême, n’en finissait pas de gagner du terrain. L’écran plat, en devenant quasiment invisible, n’attirait plus l’attention comme un objet qui se signalerait par son volume et son format. Minimaliste et peu encombrant, il était devenu un élément naturel de notre paysage. Il était pratiquement impossible d’y échapper, on en avait mis partout afin de capter l’attention du badaud où qu’il soit. Que ce soit dans un bus, un train ou un métro, une caisse automatique d’un supermarché, vous vous retrouviez face à un écran qui diffusait de la pub afin que vous ne regardiez surtout pas par la fenêtre, car vous risquiez de vous évader, de faire l’école buissonnière, de contempler la beauté du monde et de vous demander finalement à quoi rime tout ce matraquage visuel et médiatique. Il ne fallait surtout pas que le consommateur se mette à rêver ou à imaginer.
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Ce rapide survol de la brillante carrière de Nick Lavie permet de mieux comprendre son influence sur ce que le sociologue Pierre Bouridole nomme «la société de la dispersion» dans son livre Nick Lavie et l’utilisation de l’écran plat comme outil d’atomisation des consciences, paru aux Presses des Catacombes. La société de la dispersion, la version 2.0 de la société de la consommation, reposait sur un principe diaboliquement simple et efficace: offrir aux gens de se distraire à l’extrême afin qu’ils ne cherchent plus un sens à leur vie.
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Nick Lavie avait développé un rapport pour le moins épidermique avec l’industrie du livre depuis son douloureux échec avec Angela, et il devait lui faire payer très cher la rebuffade de cette adolescente rebelle. Il ne connut pas un instant de répit pour nuire à tout ce qui, de près ou de loin, ressemblait à une œuvre littéraire et dont la seule vue du titre lui donnait de violentes crises d’urticaire. Il s’ingénia à virtualiser l’écrit pour mieux lui nuire. Il racheta le plus puissant groupe de librairies du continent et imposa qu’on ne dispose plus sur les rayons que les livres se vendant à 100’000 exemplaires et ne comportant pas plus de 500 mots de vocabulaires.
Cette personne qui me prenait de haut, façon «misérable ver de terre», jusqu'à qu'elle se rende compte que j'étais un ami d'Alexandre Jollien ce qui fut l'objet d'un soudain déclic dans son cerveau, comme si j'avais été béni par cette accointance et son regard sur moi se métamorphosa: j'étais un proche du grand homme, alors forcément, son aura devait avoir un tant soit peu rejailli sur moi. Elle devint sympathique, presque affectueuse, comme si elle avait eu peur que j'aille répéter à Monsieur Jollien que c'était une pimbêche acâriatre. Ce que, soit dit en passant, je ne manquerai pas de faire.
C'est bien pire que ce que je m'imaginais. Le séquoia majestueux du coin de la rue, celui qui jouait la nuit avec la lune et les étoiles, et qu'un avion mettait plusieurs secondes à traverser, ils l'ont abattu. Quand je suis arrivé, le large branchage qui habillait le tronc avait presque été complètement saccagé, il ne lui restait plus qu'un petit houppier. On aurait dit un chat angora qu'on aurait tondu et qui était honteux de se retrouver nu devant tout le monde. On était en train de mettre à mort ce géant que j'aimais tant. En passant à côté de lui, j'aurais voulu le recouvrir de ma veste ridicule, faire quelque chose. Ses membres, gisant au sol, fleurait bon le sang frais de sa sève. Il n'était pas malade. On l'a massacré pour gagner un peu de terrain et faire pousser quelques plants de tomates supplémentaires.
A quand à nouveau des comiques de la dimension d'un Raymond Devos - Devos, j'insiste, et non pas Bedos, qui ont le talent de nous faire rire sans avoir à être vulgaire ou méprisant pour autrui. On dirait aujourd'hui que le seul humour qui vaille soit celui qui détruit l'autre. Mais l'humour ne se devrait-il pas plutôt d'être fait de légèreté, de joie, d'une empathie clairvoyante et libératrice. Je trouve que les comiques actuels ne nous proposent rien si ce n'est une performance d'un professionnalisme parfois époustouflant, où tout est calculé au millième de seconde, mais qui n'a malheureusement pas d'autre projet que de glorifier l'orgueil demesuré de ces «aimez-moi» sur pattes qui s'élèvent à mesure qu'ils rabaissent autrui. On appelle cela des «one man show»: des spectacle de l'égocentrisme porté en triomphe. Evidemment, on va encore me traiter pour un rabat-joie. Peu m'importe. Ma joie n'a que peu à faire avec la vulgarité. Et je trouve très bien que, de temps à autre, le dragon que le bouffon de service titillait se réveille et s'offusque.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...