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"Le fabuleux outil qu'est le téléphone portable." Aucun doute, c'est extraordinaire de parler à quelqu'un qui ne vous écoute plus parce qu'il regarde sur son téléphone ce qu'on vient de lui poster sur son mur facebook. D'autant qu'il ne viendrait à personne l'idée de consulter sa pelle pendant un repas, par exemple.
Un jour, j’ai craqué, j’ai décidé de me suicider socialement, de me déconnecter: j’ai jeté mon téléphone portable et j’ai vu toute ma vie prendre un grand virage pour le suivre tandis que je restais seul sur le rivage. Je n’aurais pas cru qu’on puisse être si seul sur terre. Je me retrouvais soudainement isolé au milieu d’une foule de gens qui bien qu’étant à côté de moi, étaient en train de parler à des gens qui étaient ailleurs, demandant à tout bout de champ:$
- Tu es où?
Alors qu’eux-mêmes étaient là et que leurs interlocuteurs devaient leur demander à leur tour où est-ce qu’ils étaient. A se chercher ainsi, ils n’étaient plus nulle part. Si je tentais de parler à l’un d’entre eux, il me regardait de travers en me lançant furieusement un:
- Vous voyez bien que je suis en ligne!
Ils vénéraient ce petit bout de plastique comme un dieu nouveau qu’ils priaient à longueur de journée. Il y en avait bien un ou deux qui n’étaient pas en train de téléphoner, mais ceux-ci étaient tout pâlots et je compris vite que leurs batteries étaient déchargée. Le dieu ne voulait plus parler avec eux, ils n’avaient plus prises sur la vie. Comme un alpiniste qui décrocherait en montagne, il tombait dans un abîme effroyable: celui d’être là, seul, avec la voix de leur conscience, assourdissante.
- Tu es où?
Alors qu’eux-mêmes étaient là et que leurs interlocuteurs devaient leur demander à leur tour où est-ce qu’ils étaient. A se chercher ainsi, ils n’étaient plus nulle part. Si je tentais de parler à l’un d’entre eux, il me regardait de travers en me lançant furieusement un:
- Vous voyez bien que je suis en ligne!
Ils vénéraient ce petit bout de plastique comme un dieu nouveau qu’ils priaient à longueur de journée. Il y en avait bien un ou deux qui n’étaient pas en train de téléphoner, mais ceux-ci étaient tout pâlots et je compris vite que leurs batteries étaient déchargée. Le dieu ne voulait plus parler avec eux, ils n’avaient plus prises sur la vie. Comme un alpiniste qui décrocherait en montagne, il tombait dans un abîme effroyable: celui d’être là, seul, avec la voix de leur conscience, assourdissante.
L'esprit ou la lettre? Le texte ou le gadget? L’avènement du livre électronique me laisse perplexe. Je regarde une vidéo sur laquelle une commerciale américaine explique de manière rétro-fulguro éclairée, avec un accent de cowgirl, comment je pourrai dorénavant lire Hugo, Baudelaire, Proust, Bobin sur un écran de calculatrice. Quel bonheur ! ... [+]
Un homme écrit pendant quatre ans un livre sur Facebook et au moment où il le sort, il dit que c'est une révolution, il compare son fondateur, Montagne de Sucre, à Bill Gates, il dit que c'est une révolution. Evidemment. Il n'a pas autant travailler pour dire que somme toute, Facebook, ce sont trois malheureux isolés dans la facebook.
J'observe depuis ce matin mes nouveaux écouteurs sans fil qui non seulement n'ont pas de fil pour acheminer le son, mais n'en n'ont pas non plus pour se recharger - et ils se rechargent. Quel miracle! Je me demande si, en mettant ma tête à côté, le support chargeur pourrait en faire de même pour mes batteries.
Une page qui tourne, c'est un pas. Au fil de la lecture, aussi gros puisse être l'ouvrage, j'ai un savoir des doigts qui me fait aisément remonter le sentier, je reconnais les endroits où je suis passé, je me souviens même bien souvent de quel côté de la route se trouvait un paysage, à droite ou à gauche. Face à ma tablette électronique, j'en suis tout à fait incapable. C'est comme un faux livre qui serait vide derrière. Je le retourne, je cherche où sont les étapes parcourues et je vois le logo du fabricant. Magie! On m'aurait trompé? Je suis comme les congolais grossièrement caricaturés dans Tintin au Congo et qui lancent leurs sagaies contre l'écran sur lequel est projeté le film lorsqu'ils voient le méchant arrivé. La page d'un livre électronique n'a pas d'histoire.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...