-- Apollinaire
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«As a writer, I tolerate error, poor performance, failure. So what if I fail some of the time, if a story or an essay is no good? Sometimes things do go well, the work is good. And that’s enough.
It’s just this attitude I don’t have about sex. I don’t tolerate error, failure—therefore I’m anxious from the start, and therefore I’m more likely to fail. Because I don’t have the confidence that some of the time (without my forcing anything) it will be good.
If only I could feel about sex as I do about writing! That I’m the vehicle, the medium, the instrument of some force beyond myself.
I experience the writing as given to me — sometimes, almost, as dictated. I let it come, try not to interfere with it. I respect it, because it’s me and yet more than me. It’s personal and transpersonal, both.
I would like to feel that way about sex, too. As if “nature” or “life” used me. And I trust that, and let myself be used.
An attitude of surrender to oneself, to life. Prayer. Let it be, whatever it will be. I give myself to it.
Prayer: peace and voluptuousness.
In this, no room for shame and anxiety as to how the little old self rates in the light of some objective standard of performance.
One must be devout about sex. Then, one won’t dare to be anxious. Anxiety will never be revealed for what it is — spiritual meanness, pettiness, small-mindedness.»
Susan Sontag, Journal & Notebooks
It’s just this attitude I don’t have about sex. I don’t tolerate error, failure—therefore I’m anxious from the start, and therefore I’m more likely to fail. Because I don’t have the confidence that some of the time (without my forcing anything) it will be good.
If only I could feel about sex as I do about writing! That I’m the vehicle, the medium, the instrument of some force beyond myself.
I experience the writing as given to me — sometimes, almost, as dictated. I let it come, try not to interfere with it. I respect it, because it’s me and yet more than me. It’s personal and transpersonal, both.
I would like to feel that way about sex, too. As if “nature” or “life” used me. And I trust that, and let myself be used.
An attitude of surrender to oneself, to life. Prayer. Let it be, whatever it will be. I give myself to it.
Prayer: peace and voluptuousness.
In this, no room for shame and anxiety as to how the little old self rates in the light of some objective standard of performance.
One must be devout about sex. Then, one won’t dare to be anxious. Anxiety will never be revealed for what it is — spiritual meanness, pettiness, small-mindedness.»
Susan Sontag, Journal & Notebooks
«Est mystique celui ou celle qui ne peut s’arrêter de marcher et qui, avec la certitude de ce qui lui manque, sait de chaque lieu et de chaque objet que ce n’est pas ça, qu’on ne peut résider ici ni se contenter de cela. Le désir crée un excès. Il excède, passe et perd les lieux. Il fait aller plus loin, ailleurs.»
-- Michel de Certeau
Vieillir ne corrompt en rien l'adolescence émerveillée d'un homme ravi par les jeunes filles en fleurs, bien que l'ombre du temps qui approche à pas lents se fasse sentir. Tout commentaire fait sur ses éblouissements devient petit à petit déplacé. Et pourtant, pourtant, la fraîcheur de ce ravissement, lui, n'a pas pris une ride, n'a pas d'âge. Comme les jeunes filles en fleurs.
Le corps aimé quand il se dévoile est aussi intense que la lumière qui inonde la fissure fendillant la coquille du poussin, la neige lézardée par le piolet du sauveteur qui vient chercher le malheureux randonneur tombé dans une crevasse, l'explosion de petites fleurs sur un mur qui fait la nique au béton. Le corps aimé qui se dévoile est invisible pour l'œil de l'amant éblouit, c'est trop, beaucoup trop. Il n'en devine les contours que grâce à une fine lamelle de pupille, son regard mettra du temps, beaucoup de temps à prendre la mesure du bonheur qui lui arrive.
« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose... Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer. » (Antoine de Saint-Exupéry)
Il est à envier celui qui se surprend à redécouvrir le corps de l'aimé avec une joie pleine d'adolescence et même d'enfance, comme quelque chose d'extraordinairement bon, et qui n'en revient pas que cette joie lui soit accordée, à lui, qui pensait qu'elle était toujours pour d'autres, et qui savoure ce bonheur rare d'étreindre celle qu'il avait tant désirée comme si c'était une toute première fois, une première fois riche de toute la profondeur d'une relation.
En lisant Monsieur Palomar toujours, je me demande s'il y a une manière d'observer les seins d'une femme sur une plage sans faire preuve de voyeurisme, mais simplement parce qu'ils sont là, ancrés dans le paysage et qu'ils en sont même devenus le centre, à partir duquel tout s'ordonne et prend sens. Ce tétin qui pointe sensuellement sous la caresse du soleil ordonne à la mer d'être là, à la plage ici et à aux montagnes plus loin. Le sein d'une femme est une intensité, il est radioactif et signale soudain une présence et une sensualité qui irradie tout ce qui l'entoure. Mais comme bien entendu ce sein n'est pas venu là tout seul, mais accompagné d'une personne qui se sentira épiée, il est difficile de poursuivre cette observation trop longuement, car c'est une partie du corps qui signifie l'intimité - alors qu'en fait le regard qu'on porte sur lui est presque naturel. Et on ne pourra pas expliquer à cette personne toutes ses pensées sans avoir à entrer en relation, ce qu'on ne souhaite pas forcément. On serait tout aussi bien à poursuivre nos rêveries, nonchalant de celle qui fait trôner cet astre dans l'espace. Une planète peut être belle sans qu'on sache forcément si elle est peuplée. Mais attention, je ne dis à aucun moment que je nie l'humanité de celle qui est ainsi étendue, bien au contraire, elle se suffit à elle-même hors de toute convention ou autres explications. J'admire et j'apprécie: c'est ma meilleure justification.
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...
