En lisant Monsieur Palomar toujours, je me demande s'il y a une manière d'observer les seins d'une femme sur une plage sans faire preuve de voyeurisme, mais simplement parce qu'ils sont là, ancrés dans le paysage et qu'ils en sont même devenus le centre, à partir duquel tout s'ordonne et prend sens. Ce tétin qui pointe sensuellement sous la caresse du soleil ordonne à la mer d'être là, à la plage ici et à aux montagnes plus loin. Le sein d'une femme est une intensité, il est radioactif et signale soudain une présence et une sensualité qui irradie tout ce qui l'entoure. Mais comme bien entendu ce sein n'est pas venu là tout seul, mais accompagné d'une personne qui se sentira épiée, il est difficile de poursuivre cette observation trop longuement, car c'est une partie du corps qui signifie l'intimité - alors qu'en fait le regard qu'on porte sur lui est presque naturel. Et on ne pourra pas expliquer à cette personne toutes ses pensées sans avoir à entrer en relation, ce qu'on ne souhaite pas forcément. On serait tout aussi bien à poursuivre nos rêveries, nonchalant de celle qui fait trôner cet astre dans l'espace. Une planète peut être belle sans qu'on sache forcément si elle est peuplée. Mais attention, je ne dis à aucun moment que je nie l'humanité de celle qui est ainsi étendue, bien au contraire, elle se suffit à elle-même hors de toute convention ou autres explications. J'admire et j'apprécie: c'est ma meilleure justification.

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Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?