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Tu es en train de tricoter. Tu me prépares une écharpe qui ne me quittera pas de l’hiver. Je t’observe, et c’est avec émerveillement que je me découvre séduit par tes gestes simples, à mille lieues de tout érotisme. Tu me convies à un moment de paix et de tendresse. Tu dessines des boucles de laine avec habileté et rapidité. Cette image familière, tellement banale, me fait penser à nous et me donne profondément confiance. Un couple ne se bâtit pas sur de l’extraordinaire, mais bien au contraire sur des petits liens tissés au quotidien.

Belle image trouvée dans les chroniques de Jon Fergusson, où il compare les couleurs des maillots de deux équipes de sport et les couleurs des tableaux de Miró. Dans le sport, les couleurs sont dissociées et s'affrontent, tandis que chez Mirò elles s'allient et dansent ensemble.
A quoi se rattache l'être humain, une fois le cordon ombilical coupé?
C'est à travers des images fragiles que se tissent souvent les liens les plus forts.
Que celui qui pense pouvoir vivre en autarcie s'abstienne de respirer ne serait-ce qu'une petite minute. Ce simple exercice suffit à démontrer comme tout en nous aspire à l'échange.
Si nous ne sommes pas à même d'endurer les contrariétés inhérentes au fait même de créer des liens avec autrui, rien n'ira. Et je ne sais pas si c'est lié à notre époque, à la virtualisation de nos relations, mais j'ai l'impression que les ligatures humaines sont de plus en plus lâches.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?