Noël ne m'est plus rien. Je regarde ce jour comme un étranger qui découvrirait une fête qu'il ne connaît pas et qui ne le concerne pas, qui n'est pas de sa culture. J'ai mis longtemps à me dégager du sentiment de tristesse qui me pesait de voir que dans les familles morcelées, l'envie d'être tous ensemble était devenue tout à fait secondaire, que nous ne comptions pas assez les uns pour les autres pour mettre de côté nos petites querelles intestines au profit d'un moment de lumière et de joie. Je suis heureux pour ceux qui ont fait de ce jour un moment fort et incontournable au fil des ans. Mais j'ai également compris que c'est une perte de temps, et d'énergie, de vouloir réunir ceux qui ne se réunissent pas. Alors c'est à l'abri d'autres dates que j'ai donné rendez-vous à l'amitié. L'année offre d'autres étables, d'autres havres de paix pour se retrouver.


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