Ma grand-maman, que j'aime tant, arrivée à 86 ans, ne pouvait plus s'occuper de son mari devenu impotent. Un vrai petit tyran domestique, il passait son temps à lui donner des ordres, «Fais-ci, fais ça» et elle, comme elle l'avait fait toute sa vie, s'exécutait sans rien dire. Jusqu'au jour où, évidemment - et heureusement pour elle, elle a craqué. On a donc enfin mis le vieil homme dans une maison de retraite. Mais elle, on ne lui a rien demandé, personne ne s'est soucié de savoir si elle avait besoin d'aide. Certains membres de sa famille lui ont même reproché d'avoir poussé son mari hors du foyer. C'est ignoble! Elle a résumé lumineusement son ressenti à ce moment en me disant: «Quand j'ai craqué, j'avais besoin d'aide, pas d'un abandon.»
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