Bon article de Frédéric Beigbeder au sujet de Bobin, dans lequel on comprend bien que celui qui ne sent plus rien ne peut faire qu'une lecture totalement extérieure.
"Depuis vingt ans, Christian Bobin cisèle au Creusot une mièvre poésie en prose aux accents catholiques qui est à vous dégoûter de la foi. Ses petits missels sont aussi précieux que ridicules. Céline a résumé l'avantage des ouvrages courts : ils ne font pas mal aux pieds lorsqu'ils nous tombent des mains. Soyons honnête : parfois l'on trouve chez Bobin une phrase décente. Dans le dernier, Un assassin blanc comme neige, ma préférée est celle-ci: «Les nuages sont de merveilleux infirmiers.» Le reste est creux, plat, insignifiant bien que pompeux, ce qui est une manière de quadrature du cercle. L'auteur de Souveraineté du vide et d'Eloge du rien laisse de longs espaces blancs pour mettre en valeur ses lapalissades : «Tous les vivants sont dans mon cœur», «vieillir est une illumination», «savoir qu'on est vivant est tout savoir», etc. Paulo Coelho, sors de ce corps ! L'absence totale d'humour serait pardonnable si elle ne s'alourdissait d'un autre péché, mortel celui-là : une longue litanie de leçons de morale. Dès l'avant-propos, «l'argent serre les mâchoires». Tout le monde est corrompu sauf les bébés et les ouvriers du Creusot : il est vrai que la majorité de ces derniers étant au chômage, ils ne risquent pas de succomber à la tentation du bling-bling."
Quelle affreuse personne je dois être alors, moi qui aime Christian Bobin et Michel Onfray. Serait-ce incompatible ?
RépondreSupprimer"La plus que vive" est le plus merveilleux des livres qui m'ait été donné de lire durant ces derniers mois.
"Il n'y a pas d'amour adulte, mûr et raisonnable.Il n'y a devant l'amour aucun adulte, que des enfants, que cet esprit d'enfance qui est abandon, insouciance, esprit de la perte d'esprit", Christian Bobin, Le Très-Bas