Un couple de personnes âgées devant moi à la station essence. Le mari donne le numéro de la pompe à essence qu'il a utilisée.
- La 3!
Et je me revois me dire qu'il est en train de se tromper, que la 3, c'est la mienne. Et je me revois regarder par la fenêtre si la 3 c'est bien la mienne et, d'un air satisfait, constater que c'est bien la mienne - style le gars dans son bon droit. Et je me revois anticiper ce que la caissière va me dire au moment où je lui donnerai mon numéro, et je m'imagine lui faire remarquer que si la 3 est bien la pompe où elle voit une voiture aubergine, c'est que c'est ma pompe. Et si je lui donnais plutôt mon numéro de plaque pour encore mieux lui montrer comme j'ai raison. Bref, je rêvasse toute la scène sans pour autant réagir et corriger la bourde avant qu'elle ne soit tippée. Je suis comme un légume, avec mon paquet de biscuits et deux glaces dans les mains. Et, au moment où mon tour arrive, la caissière, etc. Et la voilà qui part en courant rattraper les personnes âgées qui reviennent, s'excusent, louent l'honnêteté de la demoiselle, rigolent en disant qu'ils s'étaient rendu compte que l'essence était quand même très chère, la remercient. Et moi, honteux, je souris comme le grand dadais que je suis, qui aurait pu leur éviter tout ce ramdam. Mais personne ne sait que je suis coupable de léguminoserie. Et puis attention, ce n'est pas de ma faute, je n'y peux rien, moi, je suis dans mon bon droit. Cependant, pour ma décharge, je noterai qu'on ne peut pas m'en vouloir. Je n'étais pas là. Je ne sais pas où j'étais. Mais je n'étais pas là... Et je m'en suis d'autant mieux aperçu lorsque la jeune fille a fini par lâcher le ticket qu'elle me tendait et que je tardais à prendre en la regardant béatement. Elle s'appelle Dilma, c'est écrit sur son badge. Je n'avais rien bu, ni fumé. Je vais aller voir au garage si je suis bien reparti de la station avec ma voiture.
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