Je me promets toujours de lire un gros livre de philosophie ou un essai bien épais, et je me réjouis de tout ce savoir que je vais acquérir, de toute cette intelligence que je vais métaboliser.

Puis, j'y renonce avec un soulagement similaire à un gros sac de cailloux que j'aurais porté sur mon dos et je plonge dans un recueil de poèmes, léger, léger...
Jacques Vergès, seul, sur scène, dans sa pièce Serial plaideur, qui prend la défense de ce qu'il y a de plus humain en nous, de ce qu'il reste toujours, en définitive, d'humanité, en chacun. Quel qu'il soit: proscrit, assassin, renégat. Le rachat possible de tous par la parole sur la scène du procès. Superbe!
Cette incroyable maturité féminine: on dirait que c'est fait exprès.
Quand on fait une activité de support, on est régulièrement confronté à des gens qui ne font pas la différence entre le service, l'outil qui leur pose problème et la personne qui leur répond. Comme si cette personne était le service et l'outil et qu'ils pouvaient donc se permettre d'être désagréable! Ainsi, ce sale type à la Migros qui s'est mis à enguirlander la caissière parce qu'il ne trouvait pas les vis qu'il voulait. Pauvre abruti!
On sent bien qu'au-dedans de nous il y a quelque chose qui sait mieux que nous, qui ne demande qu'à nous guider et qu'on obscurcit à grands coups de raisonnements.
Rilke est un maître du doux - relire les Lettres à un jeune poète.
"Réserve une demi-heure chaque jour à la prière, sauf lorsque tu as beaucoup à faire. Dans ce cas, prends une heure." (Saint François de Sales)
Ces écrivains qui se mêlent de balafrer la vie de tant de gens à l'acide de leur plume alors qu'ils n'ont eux-mêmes aucune charge, ni familiale, ni professionnelle.
Ecrire des aphorismes, c'est se livrer à un "art inférieur d'esprits au souffle court, un art dont certaines gens, surtout en France, ont vécu et vivent encore, en quelque sorte des pseudo-philosophes pour tables de nuit de malades [...] dont les maximes finissent par s'étaler sur tous les murs des salles d'attente des cabinets médicaux." (Thomas Bernhard, Le naufragé).

Si au moins on voyait ces aphorismes sur les murs des salles d'attente.
Ce marron qui ne semblait qu'attendre la pitchenette que je lui imprime du pied pour se mettre à sautiller gaiement le long du chemin avant de sauter dans le talus pour se cacher dans l'herbe.
Parler du réchauffement climatique: important. Parler du refroidissement du coeur humain: encore plus important.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?