Pennac note avec raison que l'enfant qui est en échec scolaire ne se sent plus de légitimité, il perd sa place, il est pris en flagrant délit de ne plus faire son job social d'enfant. Alors il va s'inventer des à-côtés, pour compenser, qui lui prendront beaucoup d'énergie et permettront toutes les dérives. Il convient d'être vigilant, et dès la plus petite enfance, de le ramener à son centre, à sa place, dans sa réalité d'enfant qui va à l'école et qui se doit non pas d'être premier de classe, mais simplement présent, en assumant ses responsabilités. Bien entendu, encore faut-il que les parents eux-mêmes soient à leur place...
L'amoureux qui use d'un artifice pour séduire sa bien aimée, lui faire livrer un magnifique bouquet de fleurs au travail, par exemple, pour faire pâlir de jalousie ses collègues et lui permettre d'être reine, quelques instants, et la bien aimée de succomber, tout à fait consciente du subterfuge, mais peu lui importe, elle cède avec un plaisir non dissimulé.
«Etre fidèle à soi-même, aube permanente.» (Georges Haldas)
Cette impression que ce jour-ci, de manière bien plus significative que le jour de mon anniversaire, je tourne une page du calendrier plus importante que les autres. Je me sens en fête alors que toute fête est finie. J’ai la sensation qu’une nouvelle ramification pousse sur l’arbre de ma vie, qui donnera bourgeons, fleurs, fruits et feuilles et puis beaux écus d’automne. Je suis prêt pour me mettre en route, emprunter à nouveau le sentier des mois, dont les couleurs sont toutes différentes ici, c’est le bonheur des saisons. J’ouvre cette nouvelle porte du temps, à la charnière des souvenirs qui seront estampillés de l’année passée. Je franchis le seuil, je regarde tout ce temps à venir, dont je connais l’armature qui est celle de mon quotidien - les alvéoles de ma ruche que je vais remplir de miel après avoir butiné tout au long de rencontres, lectures et autres choses que j’aime. Je suis absous du poids de l’an passé, je me sens léger. Le rite de la nouvelle année me régénère. Je me réjouis de tous les textes à écrire, des lectures à faire et des moments à partager. Je déguste ma chance, celle de poursuivre mon incessant travail pour apprendre à devenir de plus en plus attentif au quotidien, à l’orée duquel je me tiens, ouvert, prêt à accueillir ce qui viendra s’y révéler. Le quotidien est le lieu de toutes les révélations et de toutes les Grâces, tout dans mon expérience d’homme le confirme. Si j’écris, c’est pour enluminer le manuscrit des heures et des jours, l’orner d’une belle initiale, à la manière des moines copistes médiévaux, pour marquer ma reconnaissance pour tout ce qui m’est donné. D’ailleurs, si je ne le faisais pas, j’aurais l’impression de perdre des pépites qui m’étaient offertes sur mon chemin de grand Poucet rêveur, de ne pas répondre à cet appel irrépressible de dire. Le quotidien et ses mille visages sont ma seule et grande passion.
A l’aube de l’année nouvelle, je souhaite à toutes les lectrices et tous les lecteurs de ce blog de faire un peu plus confiance à leurs sensations et de prêter un peu moins d’importance aux idées et autres sollicitations de ce pudding gris hyperconnecté qu’on appelle “cerveau” - qui est d’ailleurs à mon sens beaucoup trop élaboré pour nous. Un peu plus d’abandon et d’écoute de notre corps, qui pense souvent mieux que nous. Notre corps à un savoir de nous et de la vie qui dépasse notre entendement. Nos sensations, et elles seules, relient notre corps et notre esprit, la chair et la pensée que nous sommes tout à la fois. Je sais qu’en se mettant à l’écoute de ce qu’on sent, on entre dans une relation de confiance avec soi-même, on réfléchit avec plus de clarté. Il s’agit de savourer cette suspension de soi, de simplement se sentir présent, vivant, là, maintenant. C’est notre droit le plus fondamental: rester tranquille! Au moins quelques minutes par jour... D’ailleurs, rien ne nous oblige à être intelligents ici-bas, mais seulement humains, c’est-à-dire bienveillants, pour soi et nos proches, parfois un peu plus loin, et prendre bon soin de celles et ceux qui nous sont confiés - à commencer par soi-même, mais c’est souvent en prenant soin d’autrui qu’on commence par prendre soin de soi. C’est une voie sûre pour vivre au meilleur de soi et laisser croître nos possibles.
La sensibilité d'un être, c'est sa signature originale, son ruban d'humanité. On l'y retrouve tout entier, bien mieux que dans son ADN. C'est lui de la plante des pieds au bout de ses cheveux, de son passé à son avenir, de son souvenir à son savoir, de sa peau et de son âme, de la racine d'une étoile au froissement rouge du coquelicot. Toute la vie vient briller dans la sensibilité d'un être. «Ne méprisez la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie», écrivait Baudelaire dans Fusées.
Pour ne pas finir, mais suspendre mon propos, je donne encore la parole à ce Cher Baudelaire, que Georges Haldas, mon premier maître du quotidien, aimait tant:
«J'ai essayé plus d'une fois, comme tous mes amis, de m'enfermer dans un système pour y prêcher à mon aise. Mais un système est une espèce de damnation qui nous pousse à une abjuration perpétuelle; il en faut toujours inventer un autre, et cette fatigue est un cruel châtiment. Et toujours mon système était beau, vaste, spacieux, commode, propre et lisse surtout; du moins il me paraissait tel. Et toujours un produit spontané, inattendu, de la vitalité universelle venait me donner un démenti à ma science enfantine et vieillotte, fille déplorable de l'utopie. [...] Condamné sans cesse à l'humiliation d'une conversion nouvelle, j'ai pris un grand parti. Pour échapper à l'horreur de ces apostasies philosophiques, je me suis orgueilleusement résigné à la modestie: je me suis contenté de sentir; je suis revenu chercher un asile dans l'impeccable naïveté.»
Mille onces d’or à Toutes et à Tous!
Image - © http://www.juzaphoto.com
Mille onces d'or
«Etre fidèle à soi-même, aube permanente.» (Georges Haldas)
Cette impression que ce jour-ci, de manière bien plus significative que le jour de mon anniversaire, je tourne une page du calendrier plus importante que les autres. Je me sens en fête alors que toute fête est finie. J’ai la sensation qu’une nouvelle ramification pousse sur l’arbre de ma vie, qui donnera bourgeons, fleurs, fruits et feuilles et puis beaux écus d’automne. Je suis prêt pour me mettre en route, emprunter à nouveau le sentier des mois, dont les couleurs sont toutes différentes ici, c’est le bonheur des saisons. J’ouvre cette nouvelle porte du temps, à la charnière des souvenirs qui seront estampillés de l’année passée. Je franchis le seuil, je regarde tout ce temps à venir, dont je connais l’armature qui est celle de mon quotidien - les alvéoles de ma ruche que je vais remplir de miel après avoir butiné tout au long de rencontres, lectures et autres choses que j’aime. Je suis absous du poids de l’an passé, je me sens léger. Le rite de la nouvelle année me régénère. Je me réjouis de tous les textes à écrire, des lectures à faire et des moments à partager. Je déguste ma chance, celle de poursuivre mon incessant travail pour apprendre à devenir de plus en plus attentif au quotidien, à l’orée duquel je me tiens, ouvert, prêt à accueillir ce qui viendra s’y révéler. Le quotidien est le lieu de toutes les révélations et de toutes les Grâces, tout dans mon expérience d’homme le confirme. Si j’écris, c’est pour enluminer le manuscrit des heures et des jours, l’orner d’une belle initiale, à la manière des moines copistes médiévaux, pour marquer ma reconnaissance pour tout ce qui m’est donné. D’ailleurs, si je ne le faisais pas, j’aurais l’impression de perdre des pépites qui m’étaient offertes sur mon chemin de grand Poucet rêveur, de ne pas répondre à cet appel irrépressible de dire. Le quotidien et ses mille visages sont ma seule et grande passion.
A l’aube de l’année nouvelle, je souhaite à toutes les lectrices et tous les lecteurs de ce blog de faire un peu plus confiance à leurs sensations et de prêter un peu moins d’importance aux idées et autres sollicitations de ce pudding gris hyperconnecté qu’on appelle “cerveau” - qui est d’ailleurs à mon sens beaucoup trop élaboré pour nous. Un peu plus d’abandon et d’écoute de notre corps, qui pense souvent mieux que nous. Notre corps à un savoir de nous et de la vie qui dépasse notre entendement. Nos sensations, et elles seules, relient notre corps et notre esprit, la chair et la pensée que nous sommes tout à la fois. Je sais qu’en se mettant à l’écoute de ce qu’on sent, on entre dans une relation de confiance avec soi-même, on réfléchit avec plus de clarté. Il s’agit de savourer cette suspension de soi, de simplement se sentir présent, vivant, là, maintenant. C’est notre droit le plus fondamental: rester tranquille! Au moins quelques minutes par jour... D’ailleurs, rien ne nous oblige à être intelligents ici-bas, mais seulement humains, c’est-à-dire bienveillants, pour soi et nos proches, parfois un peu plus loin, et prendre bon soin de celles et ceux qui nous sont confiés - à commencer par soi-même, mais c’est souvent en prenant soin d’autrui qu’on commence par prendre soin de soi. C’est une voie sûre pour vivre au meilleur de soi et laisser croître nos possibles.
La sensibilité d'un être, c'est sa signature originale, son ruban d'humanité. On l'y retrouve tout entier, bien mieux que dans son ADN. C'est lui de la plante des pieds au bout de ses cheveux, de son passé à son avenir, de son souvenir à son savoir, de sa peau et de son âme, de la racine d'une étoile au froissement rouge du coquelicot. Toute la vie vient briller dans la sensibilité d'un être. «Ne méprisez la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie», écrivait Baudelaire dans Fusées.
Pour ne pas finir, mais suspendre mon propos, je donne encore la parole à ce Cher Baudelaire, que Georges Haldas, mon premier maître du quotidien, aimait tant:
«J'ai essayé plus d'une fois, comme tous mes amis, de m'enfermer dans un système pour y prêcher à mon aise. Mais un système est une espèce de damnation qui nous pousse à une abjuration perpétuelle; il en faut toujours inventer un autre, et cette fatigue est un cruel châtiment. Et toujours mon système était beau, vaste, spacieux, commode, propre et lisse surtout; du moins il me paraissait tel. Et toujours un produit spontané, inattendu, de la vitalité universelle venait me donner un démenti à ma science enfantine et vieillotte, fille déplorable de l'utopie. [...] Condamné sans cesse à l'humiliation d'une conversion nouvelle, j'ai pris un grand parti. Pour échapper à l'horreur de ces apostasies philosophiques, je me suis orgueilleusement résigné à la modestie: je me suis contenté de sentir; je suis revenu chercher un asile dans l'impeccable naïveté.»
Mille onces d’or à Toutes et à Tous!
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J'ai lu «Une si belle image» de Katherine Pancol, sans sourciller, jusqu'à la dernière page, comme on lirait un long article du maga...
