Je suis toujours stupéfait de voir dans quel état certaines personnes laissent les toilettes après leur passage. Se doutent-ils que d'autres vont les utiliser. Qu'il y aura même quelqu'un qui sera appelé à les nettoyer, qui aurait pu être leur femme, leur fils, un membre de leur famille? Comment font-ils pour quitter l'endroit nonchalant d'avoir été des porcs? J'imagine même que l'un d'entre eux vient ensuite à faire l'intéressant et que malheureusement, la trace qu'il laisse dans mon esprit ne soit pas très ragoûtante, car je ne parviendrais plus à le voir autrement que comme celui qui laisse le soin aux autres de nettoyer sa...
Pendant qu'on nous explique que la reine est très exigeante sur les choix de son lapsang souchong, des millions d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau courante.
«Et j'appellerai maçon de brèche celui qui répare les chemins pour vivre.» (Isaïe 58, 2)

Quel beau métier que celui qui consiste à réparer les chemins pour vivre. Je pense aussitôt à une petite liste d'écrivains-maçon qui font de ma vie une voie royale que je n'ose parfois pas emprunter, tant je ne m'en sens pas digne.
Comme il est difficile de se contenter de peu, alors que ce peu est à notre portée, à foison même.
Je préfère le mot SINCÉRITÉ à celui d'AUTHENTICITÉ. Sait-on vraiment être authentique alors que nous sommes traversés par tant de courants contradictoires? Et puis je trouve l'authenticité toujours un peu intégriste. La sincérité, elle, est plus tendre, c'est une manière de dire: voilà, à l'instant où je vous parle, c'est ce que je ressens au plus près de ce que je suis maintenant.
Sincérité et authenticité si émouvante de Ionesco dans son Journal en miettes. J'éprouve une grande tendresse pour cet auteur à la lecture de ces pages d'une justesse poignante et qui n'exclut pas une bienveillante dérision à l'égard de lui-même - ce qui est toujours un signe de vérité.
«C'est en forgeant qu'on devient forgeron, c'est en écrivant qu'on devient écriveron.» (Raymond Queneau)
Une des techniques les plus sûrs et les plus éprouvées pour appréhender le quotidien, c'est celle de Maigret. Se tenir au milieu de sa journée avec la densité d'une éponge, à l'affût de toutes nos sensations.
Ne pas violenter les sensations; les laisser mûrir à leur rythme, qui ne dépend en aucun cas de mes petites tergiversations.
Se contenter de peu, se faire petit dehors pour s'agrandir dedans.
Cette fierté éclatante, intense que j'éprouve pour ma fille, que j'ai adoptée, paraît-il... Je ne m'en souviens plus, je fais une seule et même chair de tendresse avec elle, d'une tendresse qui pourrait me déchirer comme si on arrachait ma propre peau.

Les lapins crétins

Les lapins crétins, c'est un peu Benny Hill pour les enfants?